Correspondances ferroviaires n°5 fév/mar 2003
Correspondances ferroviaires n°5 fév/mar 2003
  • Prix facial : 8,50 €

  • Parution : n°5 de fév/mar 2003

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : LR Presse

  • Format : (212 x 278) mm

  • Nombre de pages : 76

  • Taille du fichier PDF : 74,3 Mo

  • Dans ce numéro : le tramways de Nantes.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Le PLM, enfer... ? PLM - Plaignez les Malheureux ! (article extrait de La Réforme, 23 mars 1879) "Ces trois lettres fatidiques P.-L.-M. que tout le monde connaît, sont ainsi désignées par la plupart de ceux qui courbent leur front sous cette marque distinctive  : "Plaignez les Malheureux ! " Il en est de cette machine du chemin de fer comme de la machine du mariage  : chacun veut en tâter. En vain ceux qui ont vieilli dans cette galère, disent-ils aux jeunes gens avec le sentiment de l'expérience  : - Ne vous laissez pas engrener là-dedans. Une fois pris par le bout du doigt, tout votre corps y passera, et vous demeurerez la chose de la Compagnie, jusqu'à ce que celle-ci vous mette aux ribons comme une pièce hors d'usage. P-L-M. avec son immense réseau, ses gares, ses dépôts, ses ateliers, resplendit comme un soleil d'or, dont la multitude se dispute les rayons. Y a-t-il de disponible une place de chauffeur, d'ajusteur ou de manoeuvre, vite deux douzaines de solides gaillards, dans toute la force de l'âge, se précipitent pour décrocher la timbale. Une fois casé à raison de 3 ou 4 francs par jour, on se dit comme l'autre : jy suis, j'y reste ! parce que de temps en temps - cela arrive en moyenne tous les deux ans - votre chef de service vous porte sur l'état de propositions, pour une augmentation de 25 centimes par journée. Avec ces "os à ronger" que la Compagnie jette aux siens, celle-ci entretient dans son personnel, sinon le sentiment de la reconnaissance, du moins la sensation de la faim. Ceci fait que le pauvre diable d'employé demeure à son poste jusqu'à ce qu'une occasion quelconque permette, décemment ou non, à la puissante administration, deflanquer à la porte un serviteur, fidèle si l'on veut, travailleur cela ne fait pas doute, honnête, intelligent, ayant toutes les qualités que l'on voudra, mais à coup sûr trop vieux, puisqu'il a passé vingt ou trente ans à faire, pour un modique salaire, un véritable métier de cheval."...ou paradis ? Un tableau éloquent des oeuvres de la Compagnie en 1908 (d'après A. Meynadier, op. cit.,pp. 332-333) "Elle a créé des habitations ouvrières offrant à des prix modérés des logements commodes et salubres : à Paris (rue Coriolis et rue du Charolais), à Bercy, Villeneuve-Saint-Georges, Laroche, Oullins (près Lyon), au Fayet et à la station de ventilation du tunnel d'Albespeyres* ; des réfectoires à bon marché, à Villeneuve, Bercy et Paris ; deux ateliers d'apprentis, à Arles et Oullins ; une salle de convalescence (à Villeneuve) où les malades et blessés, quand ils sortent de l'hôpital, reçoivent, avec les soins encore nécessaires, une nourriture réconfortante qui accélère leur guérison en bon air. Elle n'hésite jamais à encourager parmi son personnel le développement des institutions de prévoyance, en aidant par des subventions directes à la création de Sociétés de secours mutuels, de Sociétés coopératives de consommation, ou d'Unions procurant une partie des avantages des dernières sans les soucis de l'administration d'un petit capital. Sa sollicitude ne s'arrête pas à ses agents, elle se porte aussi sur leurs familles. Pour ceux de ses établissements, comme Laroche ou Villeneuve-Saint-Georges, qui sont dépourvus ou trop éloignés de ressources locales, la Compagnie fonde des écoles d'adultes et d'enfants avec asiles** juxtaposés ; elle les complète par des ouvroirs où les jeunes filles, au sortir de l'école, apprennent à devenir d'utiles femmes de ménage. La direction des écoles des filles et des asiles infantiles ayant été confiée aux soeurs de Saint-Vincent-de-Paul, leur fermeture a été imposée, en 1904, en vertu des nouvelles lois sur l'enseignement. Les écoles de garçons sont restées avec 130 élèves, et l'on continue, dans les ouvroirs, à enseigner aux plus grandes des jeunes filles dont les parents appartiennent à la Compagnie, la couture et les travaux de ménage. Au milieu des incitations de plus en plus vives auxquelles le monde des ouvriers et des travailleurs est en butte, c'est sans doute dans cette parfaite compréhension du patronat qu'il faut chercher l'explication de "l'esprit de discipline et de dévouement à ses devoirs" que la Compagnie PLM se plaît à reconnaître chez son personnel". Sur la ligne des Cévennes. ** Désigne à l'époque les écoles ou classes maternelles. 6 - Correspondances n°5 ment, la répartition, la solidité et les résultats tiennent le premier rang en Europe" (6), puis l'édition en 1911 à grand tirage de l'ouvrage jubilaire Hommes et choses du PLM, où l'on célèbre la grandeur du PLM auto-proclamé "instrument industriel le plus puissant qui soit en France". L'héritage de Noblemaire En désignant son gendre Léon Mauris (1850- 1929) pour lui succéder à la tête du PLM en 1907, Noblemaire assurait la continuité de son oeuvre ! En janvier 1929, la Compagnie lance à l'adresse de ses agents et de leurs familles le Bulletin PLM. Cette substantielle revue bimestrielle, outre les rubriques obligées de l'actualité ferroviaire du réseau, de promotion de ses sites touristiques, accorde une place très importante à ses agents  : distinctions et récompenses honorifiques pour actes de courage, citations à l'Ordre du réseau. Elle flatte aussi l'endogamie et l'hérédité professionnelles : ainsi la rubrique Belles familles PLM consacre en modèles de vertu des lignages continus d'agents voués de père en fils sur trois générations au service du PLM. La vie privée familiale est guidée, orientée à travers diverses rubriques  : en marge du mé- (6) Albert Meinadier, LA COMPAGNIE DES CHEMINS DE FER DE PARIS A LYON ET A LA MÉDITERRANÉE, Paris, Hachette, 1908, p.9.
tier, la revue propose au foyer cheminot des activités variées, éducatives ou récréatives  : arts, sports, excursions, jardinage, pêche, TSF, cinéma... ; alors que des rubriques de mode ou de cuisine visent l'épouse au foyer, la page des enfants narre sous la forme d'une bande dessinée les mémorables voyages de Bogy et Tanpom. Lorsque disparaît fin 1937 le PLM en tant qu'exploitant ferroviaire, son directeur général, Eugène Mugniot, dans un Ordre du jour du 23 décembre adressé "aux agents de tous grades", ne peut s'empêcher de regretter cette culture condamnée à se dissoudre dans une vaste SNCF toute neuve : "Nous formions, à nous tous, une grande famille, à laquelle continuaient d'appartenir nos Camarades retraités, et où souvent, très souvent même, nos enfants venaient à leur tour prendre rang. De haut en bas de la hiérarchie régnait l'esprit d'entraide mutuelle et, à tous les échelons, s'épanouissait un sentiment très réel de fraternité. La discipline était, chez nous, naturelle, aisée donc et d'ailleurs volontiers consentie, le dévouement de pratique courante"... Toutefois, lorsque la SNCF doit concevoir un journal pour ses agents, en concurrence avec d'autres modèles de journaux de réseaux (L'État, notre réseau, Le PO-Midi illustré, L'AL), c'est le Bulletin PLM qui l'emporte, et devient, avec une équipe conservée, Notre Métier, l'organe des agents de la SNCF (qui deviendra La Vie du Rail le 2 mars 1952 après avoir porté le double titrage depuis 1951)  : survivant encore après guerre, une rubrique Belle famille témoigne de l'héritage du PLM... Quant à la culture de la grandeur d'un PLM éteint en 1937, elle allait imprégner encore bien des anciens dirigeants issus de ce réseau : tel un Louis Armand qui n'hésitait pas, en 1958, à l'occasion du centenaire du PLM reconverti en groupe touristique et hôtelier, à rappeler l'héritage dont avait bénéficié la SNCF qu'il présidait, habitée en sorte par le spectre bien vivant et flamboyant du PLM (7) : [Grâce à l'acquis de la création de la SNCF], "le PLM a trouvé dans ce cadre nouveau les éléments nécessaires à son développement (...). Le réseau qui était autrefois une fierté régionale est devenu une fierté nationale. Tous les Français sont aujourd'hui sensibles à la réputation du Mistral, à l'activité du triage de Villeneuve-Saint-Georges. Mais ce qu'il faut que tous les Français sachent, c'est que de telles réussites sont dues, pour une grande part, aux hommes et aux choses du PLM". (7)PLM A CENT ANS, Editions Robert Lang, 1958, p.6. Page de gauche : La grande famille du PLM, symbolisée par ce cheminot de Montélimar, photographié en 1889 avec ses deux enfants. Les théories familialistes sont favorables aux grandes familles et les agents du PLM pères de nombreux enfants sont récompensés par des avantages salariaux (Photo : DR/ColL : La Vie du Rail). Ci-dessus : En 1894, Gustave Noblemaire dédie son portrait à sa maman et l'agrémente d'un aimable poème ! (Photo : DR/ColL  : La Vie du Rail). Ci-dessous : Hommes et choses du PLM : un train de marchandises franchit un chantier de voie probablement dans le sud de la France si l'on se réfère aux chapeaux portés par les ouvriers de la voie (Photo : DR/Coll. : Olivier Joseph). -_.1i. - —2&e- -.. 1.1-Meltilteete..eekiele,:_->affehreàdinkr.Je-àbitirematiksé&.. ! 41%4y4J0 ; Correspondances n°5 - 7



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