Correspondances ferroviaires n°5 fév/mar 2003
Correspondances ferroviaires n°5 fév/mar 2003
  • Prix facial : 8,50 €

  • Parution : n°5 de fév/mar 2003

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : LR Presse

  • Format : (212 x 278) mm

  • Nombre de pages : 76

  • Taille du fichier PDF : 74,3 Mo

  • Dans ce numéro : le tramways de Nantes.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Cantal:"le comble" du chasse-neige Le chasse-neige rotatif du P0, livré en 1908, a dû être très rapidement engagé sur sa ligne d'affectation. Nous avons retrouvé la note rédigée par l'ingénieur Conte après le tout premier voyage du 9 janvier 1909 : "avant de mettre en service le chasse-neige, on l'a fait circuler au préalable sur toutes les lignes où il pouvait être appelé à fonctionner. Les pièces proches des rails, telles que raclettes et socs, avaient été démontées et remplacées par des pièces en bois. On a ainsi vérifié expérimentalement que toutes ces pièces délicates n'accrochaient aucun obstacle de voie courante étant abaissées et que, dans la position de relevage, elles passaient au-dessus des poutres de ponts, contre-rails, plaques tournantes, etc. "La première sortie du chasse-neige a eu lieu le 9 janvier dernier sur la ligne de Bort à Neussargues où la circulation était interrompue par suite de chute de neige exceptionnelle. Cette ligne très accidentée avec rampes de 30 et courbes de 150m, est tracée sur des plateaux exposés aux vents. Elle se maintient sur 28 km à une altitude comprise entre 950 et 1080m. Les chutes de neige y sont fréquentes et provoquent des amas très importants. Ce 9 janvier, il y avait interruption de la circulation par un banc de neige qui couvrait la voie de part et d'autre de la station de Landeyrat. Le chasse-neige ordinaire à soc de charrue envoyé par le dépôt de Bort était resté bloqué sous la neige ainsi qu'un train de voyageurs. Enfin, deux machines parties de Neussargues au secours du chasse-neige étaient arrêtées avant la station de Landeyrat. La hauteur des combles était de 1 à 2 m sur les 1000 mètres précédant la station côté Bort ; dans la gare même, la hauteur variait de 2 à 2,50 m ; enfin, le comble continuait dans la direction de Neussargues sur 1400 m avec hauteur variant de 1 à 2,50m. A l'arrivée du chasse-neige à turbine, on avait déblayé à la pelle jusqu'et y compris la station de Landeyrat. La turbine fut aussitôt mise en mouvement et attaqua le comble qui avait 2 m de hauteur à cet endroit. En 20 mn, les 1400 m de comble furent déblayés sans la moindre difficulté. La neige était projetée par la turbine à une distance variant de 5 à 20m, suivant la vitesse de rotation de la turbine et la poussée de la locomotive. La locomotive de poussée, qui était une machine à quatre essieux couplés compound à quatre cylindres, pesant 74t, a dû fonctionner en simple expansion à quatre cylindres dans la neige de 2,50 m de hauteur, bien qu'on fût en palier ou en pente. Il est donc probable que, pour attaquer un comble en rampe, il faudra employer deux locomotives de cette puissance, comme on le fait aux Etats-Unis pour la traversée des Montagnes Rocheuses. Le déblaiement à la pelle des 1400 m de voie sur le plateau de Landeyrat aurait exigé une trentaine d'hommes pendant une journée et demie. On voit donc quelle économie de temps et d'argent procure l'emploi du chasse-neige à turbine. Il est de plus probable que, lorsque cet appareil sera en service normal, la circulation sur la ligne de Bort à Neussargues ne sera plus interrompue". Cette affirmation, on s'en doute, devait être démentie lors de nouveaux "hivers terribles", malgré les qualités de l'engin, qui resta utilisé jusqu'à la fin des années 1960. Il figure aujourd'hui au Musée de Mulhouse. Texte  : PASCAL BÉJUI Nota  : Le mot congère est apparu dans l'est du Massif Central avant de se généraliser. Dans le Cantal, on parlait de comble, terme que nous avons conservé dans les citations... et qui justifie le titre de cet encadré. abandonné au profit d'un tracé plus économique, franchissant à ciel ouvert le faîte de Larzalier, à 1215 mètres d'altitude. Ce site désolé, mais aussi les hauts plateaux qui l'encadrent, sont exposés aux pires tourmentes et les faits ne tardèrent pas à confirmer les prédictions alarmistes des Lozériens  : le 3 février 1903, soit moins de trois mois après l'inauguration de la ligne (15 novembre 1902), une avarie de mouvement provoqua l'immobilisation d'un train régulier et, en quelques minutes, celui-ci fut littéralement enseveli sous une congère. Le dépôt de Mende dépêcha une machine chasse-neige, puis une 26 - Correspondances n°5 locomotive de secours, mais celles-ci restèrent bloquées à leur tour sans avoir pu atteindre le train en détresse et les trois convois ne purent être libérés qu'après une bonne cinquantaine d'heures. Petite précision  : les voyageurs avaient pu se réfugier dans la maisonnette du passage à niveau de Larzalier, toute proche, et y survivre au détriment de la chèvre de la garde-barrière, c'est en tout cas ce que rapporte la tradition locale, un siècle après les faits... Les hivers qui suivirent furent tout aussi problématiques - avec par exemple 17 journées d'interruption du service en 1905 - et l'État Page de droite, de haut en bas  : - BB 63000 et wagon soc dans le triangle de La Bastide en février 1978 (Photo : jean Avenas/Coll. : La Vie du Rail). - Une draisine du district de Langogne et son équipement chasse neige sur le triangle de la Bastide en 1986 (Photo  : Pascal Béjui). fit construire 4100 m linéaires d'écrans pareneige, ainsi que les six fameuses galeries couvertes, d'un développement total de 1460m. En revanche, la très impérieuse "invitation d'urgence" faite à la compagnie d'acquérir "un chasse-neige spécial" resta lettre morte  : ce type de matériel, qui commençait à se répandre aux États-Unis, en Scandinavie et dans les États alpins, n'allait apparaître qu'en fin d'année 1908, à l'initiative du PO - décidément "en pointe"... même sans étrave ! Les premiers rotatifs : "jouir sans étrave" Les étraves, fixées sur les locomotives ou montées sur des wagons, montraient leurs limites lorsque les bourrelets de neige qu'elles formaient de part et d'autre de la voie atteignaient une certaine hauteur  : après toute nouvelle passe, une bonne partie de la neige évacuée retombait immédiatement dans la tranchée creusée par le soc. Il fallait donc pouvoir projeter la neige au loin, au-dessus des parois qui s'étaient formées. Premier engin de ce type mis en service en France, le chasse-neige rotatif ZR-1 ou "rotary", selon son appellation américaine, a été construit par Alco en 1908 pour la Cie d'Orléans. Administrativement acquis au titre de la nouvelle ligne Bort-Neussargues, il fut basé jusqu'en 1950 à Ussel, à la croisée des itinéraires les plus vulnérables du réseau... mais bien loin toutefois de certains sites difficiles  : combien d'heures fallait-il compter, d'Ussel au Lioran via Bort et Neussargues, sachant qu'il faudrait travailler à 10 ou 15 km/h dans les "combles" (voir encadré) du Cézallier ? La turbine frontale, mue par une machine à vapeur, se révéla particulièrement bien adaptée à cette ligne exposée aux congères, c'està-dire à la neige poudreuse des jours de grand froid, accumulée en congères par le vent du nord (voir encadré). En plus d'un demi-siècle de service, l'engin eut également maintes occasions d'intervenir sur la ligne voisine du Lioran, mais l'exercice y était parfois plus délicat : sur cette ligne, tracée en forêt sur le versant nord-est (côté Arvant) et connaissant même quelques avalanches, le ZR-1 "digé-
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