Correspondances ferroviaires n°4 déc 02/jan 2003
Correspondances ferroviaires n°4 déc 02/jan 2003
  • Prix facial : 8,50 €

  • Parution : n°4 de déc 02/jan 2003

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : LR Presse

  • Format : (212 x 278) mm

  • Nombre de pages : 76

  • Taille du fichier PDF : 73,9 Mo

  • Dans ce numéro : les grèves de 1920, une tragédie cheminote à Capdenac.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Révolutionnaires contre réformistes : un syndicalisme sur le point d'éclater En 1920,1e syndicalisme cheminot es le fer d lance du mouvement social. Les adhésions explosent depuis qu'en 1917 tous les syndicats ont fusionné en une seule organisation, la Fédération CGT des cheminots (400000 adhérents, un nombre jusqu'alors jamais atteint par aucun syn dicat).La croissance est encore plus forte à l'Union P.0, qui a accru ses effectifs de 62% en trois ans. Selon la police, le syndicat de Capdenac encarte alors 790 cheminots, soit 73% des em, ployés de la compagnie sur place. Mais cette puissance cache une vraie fracture. D'un côté les "majoritaires", tenants du "réformisme" prôné par la CGT de Léon Jouhaux. D l'autre, les "minoritaires", composés des révolutionnaires de tous poils, anarcho-syndicalistes et partisans du tout nouveau bolchevisme soviétique, persuadés que le grand soir est pour demain.I:édatement de 1921 entre CGT et CGTU sera une des conséquence des grèves de 1920. 12 - Correspondances n°4 Tout a commencé sur le PO, avec une histoire de lavabos. Le samedi 17 janvier 1920 en fin d'après-midi, deux délégués de Périgueux arrivent à Capdenac. 400 cheminots assistent à leur réunion en début de soirée et votent la grève dans la foulée. Pour les cadres de la compagnie, la surprise est totale, jamais depuis 1898 il n'y avait eu ici de débrayage. Pour la plupart des cheminots présents, c'est la première grève de leur vie. Ils cessent le travail en solidarité avec une dizaine d'ouvriers périgourdins. Des cheminots révoqués après qu'ils avaient protesté contre le nombre insuffisant de lavabos dans les ateliers de la compagnie. Commence alors la grève "des bras croisés", suivie à 100% dans les ateliers. Les 254 ouvriers du dépôt et les 214 de l'entretien se rendent tous les matins à leur poste, mais refusent de travailler. Quelques-uns sont tout de même désignés par le syndicat pour assurer les réparations urgentes, car les trains roulent toujours. Des représentants sont envoyés à Brive et Montauban pour étendre le mouvement. Le 21 janvier, 15 000 grévistes sur tout l'Orléans exigent la réintégration des syndicalistes de Périgueux. Le tout nouveau président du Conseil, Alexandre Millerand, qui fut l'avocat des révoqués de 1910, ne veut pas d'un conflit social pour baptême du feu. Il demande au PO d'entamer les négociations avec le ministre des transports et les syndicalistes modérés de l'Union PO. La tension monte Alors qu'à Paris, les conciliabules reprennent, à Capdenac la tension monte. Le syndicat local, tenu depuis à peine un mois par la tendance "minoritaire" et ouvertement révolutionnaire de la Fédération des cheminots (cf. encadré "révolutionnaires contre-réformistes"), placarde dans toute la ville des affiches annonçant qu'il appelle "les mécaniciens, chauffeurs, agents de trains, d'exploitation et de voie" à rallier le mouvement. Le comité de grève est dirigé par le nouveau secrétaire local, Auguste Conquet, un aide-distributeur, c'est-à-dire un ouvrier du plus bas échelon Ci-dessous : Vue générale du triage et de la rotonde du dépôt de Capdenac (Photo : DR-Coll. : Gilles Delbos). Page de droite, en haut : L'assemblée des grévistes capdenacois, le ler mars 1920 (Photo  : DR-Coll. : A. Galtié). Page de droite, en bas : Une douzaine de 5800 (futures 4-141 B) toutes neuves furent affectées en 1918 à Capdenac pour la traction des express (Photo  : DR-Coll. : Gilles Delbos).
au dépôt. Dans toutes les réunions, avec son camarade Détrave, ouvrier à l'entretien, ils dénoncent les négociations entamées par l'Union PO qui cherche à terminer cette grève au lieu d'essayer de l'étendre. A les entendre, les dirigeants de la Fédération "sont vendus au gouvernement et aux compagnies". Très motivés, ils organisent un référendum sur la grève générale. Le 24 janvier, le commissaire des renseignements généraux (RG) envoyé en catastrophe par le préfet à Capdenac s'affole  : "le syndicat va chercher par tous les moyens à faire cesser le travail à tous les services. Les 50 gendarmes mis à ma disposition seraient alors insuffisants, il me faudrait en plus une centaine de fantassins et 50 cavaliers pour assurer la garde des installations". Le préfet, sans doute au courant du bon avancement des négociations au plan national, n'a pu s'empêcher d'écrire dans la marge, "il exagère". La suite prouvera que le policier n'en rajoutait pas tant que cela. Insubordination A Paris, lassé des lenteurs de la négociation, Millerand rencontre en personne les responsables du PO et leur impose de lever les sanctions. Mais l'accord ne sera connu sur tout le réseau que le 26 janvier. Entre temps, à Capdenac, apparaissent les premiers actes d'insubordination. Le secrétaire du syndicat accuse le chef de l'entretien d'avoir recruté des agents extérieurs pour remplacer les grévistes. Conquet et Détrave interdisent



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