Correspondances ferroviaires n°15 oct/nov 2004
Correspondances ferroviaires n°15 oct/nov 2004
  • Prix facial : 9,50 €

  • Parution : n°15 de oct/nov 2004

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : LR Presse

  • Format : (214 x 278) mm

  • Nombre de pages : 76

  • Taille du fichier PDF : 75,0 Mo

  • Dans ce numéro : réseau breton, le dernier cheval noir.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Avec ceux de la brigade Voie & Bâtiments de Pouilly Enfant de l'Assistance, Louis Vial (1886-1950) entre au PLM en 1912 comme journalier de la Voie en gare de Gibles (Saône-et-Loire). Mobilisé au 5e régiment des chemins de fer de campagne, il fait le chemin des Dames puis part à St-Jean-de-Maurienne et Marseille. Une fois démobilisé, il travaille à Roanne- Triage avant d'être affecté au service de la Voie de Pouilly. Il loge au PN n°1 de St-Nizier de 1920 à 1922, puis au PN n°19 de la gare jusqu'en 1928. Muté à la gare de Dyo, il en revient en 1930 comme brigadier. Il retrouve son cher PN n°1 jusqu'à sa retraite en 1942. Sans instruction, mais travailleur et courageux, il est apprécié de son chef de district. Il a la manie et le génie de la construction  : sa maisonnette du PN n°1 est un modèle du genre, avec clôtures pimpantes, cabanes de jardin, petit verger et même l'eau courante extérieure grâce à un branchement piqué sur la conduite alimentant la gare... plus commode que le puits situé en contrebas de la ligne. C'est l'époque du système D  : Mme Vial douche à la belle saison ses enfants dans le bac de la grue à eau du dépôt... de l'autre côté de la route. Louis Vial est responsable d'un canton allant de Vougy jusqu'à La Chapellesous-D un, soit 25 km. L'hiver, il lui faut partir dès 4 h du matin pour déneiger les aiguilles. Le dimanche, il y a un tour de rôle pour inspecter la section, avec fiche de contrôle à compléter et à déposer dans une boîte placée à chaque extrémité... Sur les chantiers, Louis Vial est très à cheval sur la ponctualité et interdit l'usage du vin. Pour les gros travaux, on regroupe plusieurs brigades renforcées par des journaliers, jusqu'à atteindre une centaine d'hommes. C'est ainsi que, vers 1934, Louis Vial participe à l'installation de traverses métalliques sur la section Pouilly-Paray, afin de renforcer l'armement de cette ligne classée"stratégique" (elle permet de relier l'arsenal de Roanne aux usines Schneider du Creusot). Dans la difficile période des années trente, il n'est pas rare de rencontrer des vieux parcourant la ligne pour grappiller les scories et morceaux de charbon tombés des machines. Le chef de district Germain ne tolère pas la présence de ces "indésirables", tandis que le chef Vial ferme les 48 - Correspondances n°15 yeux tant que la sécurité n'est pas engagée. Il en fait de même pour les amateurs de gibier, n'étant pas lui-même chasseur... Son épouse Jeanne (1892-1984) est garde-barrières. Chichement payée - une ouvrière du tissage Bréchard l'appelle par dérision "la quarante sous" - elle améliore l'ordinaire par des travaux de couture à domicile. Au PN de la gare, son travail commence au train de 5 heures et finit avec celui de 19h. La garde de nuit est alors confiée à un auxiliaire dit "le veilleur". Afin de ne plus être dérangé en soirée par ce dernier, Louis Vial lui construit en 1926 une guérite en bois placée de l'autre côté de la rue. C'est aussi à sa demande expresse, suite à la mort d'une ouvrière écrasée au PN n°19 par une locomotive, que la Cie accepte d'installer en 1926 des barrières oscillantes à lisses. L'opération est répétée au PN n°1 vers 1930, les barrières à vantaux étant trop longues à manoeuvrer alors que la circulation des autos va déjà croissant. La garde du PN n°19 a aussi en charge "la volante", soit les barrières oscillantes du PN 18, actionnées par un treuil de 150 m de long. Chaque mois, passe un inspecteur qui vérifie les agrès de sécurité du PN (lanterne, drapeau, pétards, consignes) et questionne sur le règlement. Une fois l'an, il y surtout un "Essai des cloches d'annonce". Une délégation de responsables du PLM y procède au très solennel contrôle des installations entre Le Coteau et La Clayette, opération terminée par un non moins rituel "gueuleton" dans un restaurant de cette dernière localité. D'après les souvenirs de MADAME BERTHELIER, née VIAL (30 octobre 2002) Ci-dessus  : La famille Vial devant le PN n°1 à St-Nizier-sous-Charlieu (vers 1935). Noter le panneau indiquant les horaires de passage des trains, la cloche électrique murale de type Leopolder et, à l'arrière plan à gauche, la face arrière du carré commandant l'arrêt à tout train arrivant de Charlieu. Il protège ainsi le raccordement avec la ligne de Paray, ainsi que la sortie du dépôt des machines, située 200 m après le PN côté Pouilly. Ci-contre  : En 1935, portrait de famille des poseurs de la brigade VB devant le Poste 2 de la BIFUR. De gauche à droite  : Iules Portailler, le brigadier Louis Vial, l'aiguilleur chef Arnaud, M. Corneloup, Louis Martin, les journaliers Bonnot et Revret. On notera que Monsieur Arnaud sera remplacé au poste d'aiguilleur, de mars 1937 à avril 1940, par un collègue au nom prédestiné... André Pouilly ! (Photos  : DR/Coll.  : Berthelier).
Une gare animée On dénombre dix trains de voyageurs quotidiens entre 4 h 48 et 22 h 19, plus une desserte marchandises sur les deux lignes, une le matin, une en soirée, avec parfois des rames de cinquante wagons ! Les agents ne chôment pas  : distribution des billets, enregistrement des bagages et colis, expédition, formation des rames, sans oublier notre lampiste responsable de 40 engins fixes. Il y a aussi les lampes à carbure individuelles qu'il faut regarnir tous les matins. À cette époque, chaque agent doit être porteur d'un briquet pour ral- Ci-contre  : En voiture les voyageurs, fermez les portières ! Une rame de "trois pattes", dont une voiture à six compartiments de 3e avec vigie de serre-frein et une de 2e classe, est prête au départ par une chaude journée de juillet 1934. C'est là le matériel habituel de la ligne jusqu'en 1947 (train MV) (Photo  : J.-A. MathélColl.  : Frédéric Toublanc). Ci-dessous, de gauche à droite  : - 11h4S à la pendule Garnier. Tracté par la machine n°853 type 120, le train en provenance de Paray vient de s'immobiliser sur voie 2, à la grande satisfaction d'une quinzaine de voyageurs dont certains sont descendus du train de Chalon arrivé huit minutes plus tôt. La machine n°3116 type Bourbonnais renforcé (031), une habituée de la ligne, sera dételée et envoyée au dépôt pour préparation et tournage, puis remise en tête en milieu d'après-midi pour regagner Chalon après correspondance avec le train Roanne-Paray (Photo  : DR/Coll.  : Frédéric Toublanc). - Il est à présent 11h50. Ainsi "fusionné", le train de Paray peut s'ébranler pour Roanne. Sur le quai, il reste aux agents à rentrer et classer les colis laissés par les deux convois. Sur la voie de gauche, l'équipe chargée du train de marchandises du matin attend la restitution de la voie libre pour achever le classement des wagons de sa rame, à moins que ce ne soit pour refouler sur voie 2 afin de refaire le plein d'eau à la grue hydraulique (Photo  : DR/Coll.  : Georges Ceaux). 19a. POUILLY-a/-CHARLIFU, - L G... P 8 lumer, en cas d'extinction, les falots à pétrole équipant la queue des trains. La machine du train arrivant de Chalon est coupée en gare, puis ravitaillée et tournée au dépôt. L'équipe du train du soir y prend un repos dit "hors résidence". Les gars, s'ennuyant ferme dans ce coin très à l'écart, ont coutume d'aller passer un moment avec les occupants de la maison de garde de la route de Saint Nizier ; on y prend le frais ou l'on s'y réchauffe, selon la saison. Des courants de trafic longtemps soutenus On enregistre en 1893 183 000 tonnes de marchandises et 103 000 voyageurs sur Roanne- Paray, 37000 t et 65 000 voyageurs sur Pouilly- Clermain. Les années d'entre-deux-guerres voient l'érosion de ces résultats, suite à la concurrence de la route, qui récupère les voyageurs, et à la situation excentrée de ces lignes rurales. Le trafic marchandises connaît une embellie après 1945, outre le train régulier Roanne- Paray et des facultatifs avec retour haut-lepied, il faut compter avec le passage de nombreux trains lourds de charbon venant de Blanzy pour alimenter l'arsenal de Roanne. La double traction est alors assurée par des machines de Paray  : 040 B en fin de carrière, puis 140 B et 140 J. Plus modeste est en revanche la desserte de l'autre ligne, confiée au 91 POUILLY-si-CHARLIE° (Love). La Gare P Correspondances n°15 - 49



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