Correspondances ferroviaires n°15 oct/nov 2004
Correspondances ferroviaires n°15 oct/nov 2004
  • Prix facial : 9,50 €

  • Parution : n°15 de oct/nov 2004

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : LR Presse

  • Format : (214 x 278) mm

  • Nombre de pages : 76

  • Taille du fichier PDF : 75,0 Mo

  • Dans ce numéro : réseau breton, le dernier cheval noir.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Locomotives, monotonie et n ublicité Gérin et Espinadel, dans leur ouvrage cité, dont la première édition vit le jour en 1910 et la seconde en 1927 (pages 112 et 113), utilisent une subtile et intéressante métaphore ferroviaire cd pour bien se faire comprendre des futurs publicistes ; ".. Lorsque vous avez voyagé étant enfant, ou plus tard lorsque vous êtes allé à l'étranger, vous avez été étonné à première vue par des locomotives à l'aspect étrange parfois, nouveau toujours pour vous. A ce moment l'excitation cérébrale du fait de l'intensité de la nouveauté vous aurait permis de donner une spécification approximative de la machine. C'est cette impression qu'a ressentiele mageur de banlieue ou du chemin de fer de ceinture la première fois qu'il a pris son train.Cependant,ce vqagent., quifait le trajet plusieurs fins par jour pendant des années, voit constamment les mêmes machines ; au bout d'un certain temps il est incapable de dire la caractéristique de la locomotive. La monotonie de la vue a engendré l'oblivition (l'oubli,ndlr). 11faut qu'une machine totalement nouvelle dans sa forme soit attelée au train pour que le voyageur de banlieue enregistre à nouveau, dans son cerveau, la valeur "locomotive Cet exemple ne serait pas vrai pour des mécaniciens ou des ingénieurs, qui attachent leur attention journellement aux organes de la machine. Il est d'une justesse merveilleuse pour le public, qui reçoit la publicité comme il voit les locomotives, c'est-à-dire très incidemment dans son existence  : 11 faut donc que vos moyens soient constamment modifiés dans leur allure, leur conception, leurprésentation, leur rédaction...". JEAN-MARC COMBE veau. Non datée, cette affiche a vraisemblablement été éditée vers 1898. Ainsi, autour de 1900 l'affiche est à la périphérie de la vie sociale. Elle est à la fois un instrument puissant de promotion commerciale, car sans concurrence réelle, en même temps qu'une réelle tentative d'embellissement de la vie. Les affiches, nouvelles "icônes de la rue" peuplent les murs, matérialisant ainsi un nouvel art pour tous que le critique Roger Marx appelle de ses voeux. Le chemin de fer l'a compris très tôt et dès 1886, l'Ouest se lance dans l'aventure. Mais, l'affiche ne naît pas seule. Sa stratégie l'accompagne. Pour les Compagnies, l'opération de communication 28 - Correspondances n°15 Chemins de Ferde Paris a Lyon à la Méditerranée WATERING -P LACES que constitue l'affiche est, par chance, peu complexe. En effet, la situation de quasi-monopole dont bénéficie le rail pour les transports terrestres à petite, moyenne et grande distance lui permet d'éviter l'exercice ardu de valorisation du train lui-même au bénéfice d'une théâtralisation facile des beautés des régions traversées ou de leurs traditions culturelles ; théâtralisation nécessaire pour générer l'envie et le rêve chez les voyageurs, dont l'immense majorité n'a pas la plus petite idée de ce que sont le gouffre de Padirac ou les pardons bretons. Et il y a, bien sûr, des réussites esthétiques majeures, celles de Gustave Fraipont, Paul Berthon, Tanconville et surtout Hugo d'Alesi, chanté par le poète
Franc-Nohain. Il sut séduire le public et susciter le désir du voyage par un charme général qui se dégage de ses compositions, charme à nul autre pareil. "Dans un genre tout spécial, dans l'affiche de paysage pour ville d'eau et compagnies de chemin de fer ou de navigation, il est en effet un nom qui vient sur toutes les lèvres  : celui d'Hugo d'Alési. Nous avons tous rêvé devant ces sites ensoleillés et nostalgiques qu'il savait évoquer dans les gares les plus mornes. Le désir de visiter ces pays du bonheur naissait alors en nous et à la première occasion nous faisions le voyage. Quelle plus belle louange pour un peintre d'affiches et quelle meilleure preuve de son talent" (2). Pourtant l'essentiel n'est pas dans cette sagesse picturale. Dans le même temps et parallèlement, puissant et dévastateur, mais pensé et voulu, un vent fleurant l'érotisme souffle sur le monde de la réclame en général et sur celui de l'affiche en particulier. Au tournant des deux siècles, Cabourg, plus encore que Deauville, est la station balnéaire à la mode. Adoptée par la bourgeoisie et à 5 heures de Paris, litanie chantée par toutes les affiches de la Cie de l'Ouest, Cabourg a la connotation magique qu'aura la Côte d'Azur après la première guerre mondiale (3). Cabourg, c'est aussi le Balbec de la deuxième partie de "À l'ombre des jeunes filles en fleurs" de Marcel Proust, roman où les références ferroviaires abondent et dont le titre est moins innocent qu'il n'y paraît. Il est aisé de comprendre qu'à une époque où l'on ne badine pas avec les codes de la morale publique, c'est évidemment la mer qui sera le prétexte et la caution a d'audacieux déshabillés et surtout de provocantes attitudes. Tout a commencé en 1895, avec une affiche de Pal (Jean Paléologue) pour Cabourg, son Grand Hôtel, son (2) Paul Dermée et Eugène Courmont, Les affaires et l'affiche, Dunod, Paris, 1922, Collection "La technique des affaires" (p. 17). (3) En réalité 5 h13 au meilleur train, via Lisieux (Indicateur Chaix, mai 1901). Sur la montée en faveur de la Côte d'Azur, voir  : Robert Corvol, La Côte d'Azur à la Belle Époque, Fayard, Paris, 1958. Page de gauche  : Retour à l'érotisme pendant la première guerre mondiale, avec cette affiche pour les stations thermales françaises qui dégage une sensualité calme, maîtrisée et consolatrice, dans un cadre Art Nouveau lui aussi comme dompté, sinon domestiqué (Coll.  : Jean-Marc Combe). Ci-contre  : Retour réussi à 1900 avec la très belle affiche éditée par la SNCF, à l'occasion de l'exposition "Le train Capitale", pendant l'été 2003 (Coll.  : Jean-Marc Combe). Ainsi, autour de 1900 l'affiche est à la périphérie de la vie sociale. Elle est à la fois un instrument puissant de promotion commerciale, car sans concurrence réelle, en même temps qu'une réelle tentative d'embellissement de la vie. Réseau Ferré de France BOMBARDIER SIEMENS Correspondances n°15 - 29



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