Correspondances ferroviaires n°10 déc 03/jan 2004
Correspondances ferroviaires n°10 déc 03/jan 2004
  • Prix facial : 9,50 €

  • Parution : n°10 de déc 03/jan 2004

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : LR Presse

  • Format : (212 x 278) mm

  • Nombre de pages : 76

  • Taille du fichier PDF : 107 Mo

  • Dans ce numéro : le temps des cabines rondes.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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la grande place dégagée, en majeure partie un plateau de remblai, l'écrase complètement. En 1928, le gouvernement fasciste décide de construire une nouvelle gare, qui doit abriter les services de la ligne, mais aussi un important office de douanes et un poste de police en proportion. Cette construction est menée parallèlement à la reconstruction de la gare de Cuneo, qui est en train de s'achever sur un mode très monumental. La comparaison serait pertinente, pour les volumes sévèrement unis, l'alternance pesante des rythmes, le parti général hors d'échelle. Saint-Dalmas nous semble envisageable sérieusement comme une réduction de Cuneo. En outre, il importe de signaler que, même à cette époque et dans cette situation stratégique, la nouvelle gare de Saint-Dalmas est d'un gigantisme démesuré par rapport au trafic et aux besoins. De même que Piène en 1910, Saint-Dalmas offre un éloquent aperçu, mais cette fois grandiloquent, des idéaux architecturaux en 1928. Et l'on voit combien les usages ont changé, combien l'esthétique s'est plus que transformée, presque inversée. A la sagesse et à l'économie de la manière classique succèdent la rhétorique et l'enflure, le recours parfois désordonné aux styles anciens, consommés avec frénésie et par à-coups fiévreux. Le classicisme de Piène était la suite logique, l'application simplifiée d'un système esthétique pluriséculaire à un programme utilitaire. Au contraire, l'historicisme de Saint-Dalmas est en rupture avec l'évolution de l'architecture moderne d'alors. De plus, ses savantes références, culturelles et urbaines, sont à la limite de l'absurdité dans une modeste gare de montagne. L'ensemble produit inévitablement un effet grandiose et saisissant, qui a copieusement agacé l'égo des paysans du canton, ces sympathiques Italiens toujours artistes et prêts à s'enflammer dès que l'art semble se montrer. Car ce rutilant soufflé ne résiste pas à un examen attentif, lorsque tous les poncifs se détachent et montrent naïvement qu'ils ne savent plus s'enchaîner. Il est tentant d'envisager cette esthétique comme un symptôme, une métaphore trop parlante du régime lui-même, de ses sommaires moyens de séduction et de sa dangereuse 18 - Correspondances n°10 Ci-dessus : La gare de Saint-Dalmas-de-Tende parvenue à sa parfaite métamorphose décorative. État actuel.
Tirage selon un procédé ancien en vogue dans l'école photographique pictorialiste  : cyanotypie et gomme bichromatée. superficialité. On serait près de qualifier cette architecture de démagogie. Du côté des quais, la disparition de tous les auvents a mis en valeur la pure architecture, qui se réduit aujourd'hui à un désert ensoleillé, à un morceau plat et un peu dur de néo-classicisme sévèrement répété, congelé, étendu au-delà des règles plus fluides d'autrefois  : vingt-cinq travées, trois hauteurs différentes de blocs, sept corps de logis alternés ; L'ensemble compte vingt-cinq portes et trente-cinq fenêtres. A titre de comparaison, la seule façade sur les quais de la gare de Cuneo compte aussi vingt-cinq travées, mais la hauteur égale de tous ses corps de logis conduit au total faramineux de cent vingtcinq ouvertures. Si l'on excepte l'inhabituelle disposition de corps au nombre pair de travées, l'ensemble, quoique rigide, n'est pas sans grandeur, et l'articulation des différents corps de logis se fait correctement. Il y a bien quelque caprice dans la distribution des bossages et des lignes de refends, qui disparaissent curieusement dans certaines ailes, mais l'effet général est séduisant, pour qui aime ce genre austère. La référence au passé prend la forme de rappels des volumes et de la mouluration des palais turinois ou génois, maniéristes et surtout classiques. Le style est plutôt néo-classique milanais. La façade sur la place offre en contraste un paroxysme pâteux de références historiques et d'éléments d'architecture. Ce véritable décor de cinéma, voire de cinéma comique, n'aurait pas déparé "Le Dictateur". Pour produire plus d'effet et s'en permettre de plus saillant, la référence est cette fois aux palais baroques, génois, romains et milanais. On voit bien que cette variation de style d'une façade à l'autre traduit une sorte de désarroi culturel, de verbiage décoratif, une gesticulation monumentale. Un malaise et une absence de convenance dans les usages. Le corps central rappelle étroitement la façade du palais Litta, construite à Milan par Bolli de 1743 à 1760 : corniche très saillante aux consoles distribuées avec caprice, couronnement central mouvementé, effets heurtés des changements de rythme et des saillies de pilastres. En partie centrale, la grande ouverture emprunte le vocabulaire des nymphées, ces pavillons en grottes semi-aqua- Correspondances rep10 - 19



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