Coopération n°42 18 oct 2016
Coopération n°42 18 oct 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°42 de 18 oct 2016

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Coop Société

  • Format : (215 x 297) mm

  • Nombre de pages : 140

  • Taille du fichier PDF : 43,6 Mo

  • Dans ce numéro : cépages valaisans, précieuse diversité.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ACTUEL La vie en roses FLEURS FAIRTRADE DU KENYA ♦ Anniversaire Coop propose des fleurs équitables depuis quinze ans. L’événement a été célébré récemment avec le concours du label Max Havelaar. Pour l’occasion, la gare de Zurich avait pris des airs de jardin. EVA NYDEGGER Grace Mwangi travaille dans une plantation de roses depuis quinze ans. Elle est particulièrement fière des fleurs arrivant sur les étals européens depuis le Kenya. Elle salue les vertus du commerce équitable et de ses standards grâce auxquels elle-même et bien d’autres ouvriers des plantations s’en sortent nettement mieux. Nous avons pu la rencontrer en marge de l’événement. Quelle a été votre première impression en arrivant à Zurich ? Il faisait très froid. Je ne m’y attendais pas et je suis venue en sandales et sans veste. Mais depuis, je me suis bien équipée. De manière générale, tout est très différent de chez nous. Pour quelle raison avez-vous été invitée en Europe ? Je représente les travailleurs des fermes floricoles africaines au sein du Conseil d’administration du réseau de producteurs Fairtrade Africa. J’y fais entendre la voix des travailleurs. Comment êtes-vous devenue cueilleuse de roses ? Après l’école, je n’ai pas eu la possibilité de faire des études car je devais m’occuper de mes jeunes frères et sœurs. J’avais besoin d’un travail rémunéré. À 19 ans, j’ai posé ma candidature pour devenir cueilleuse dans la ferme horticole Karen Roses, mais il m’a fallu 74 Coopération N°42 du 18 octobre 2016 attendre 2001 pour être engagée à l’âge de 20 ans, quand j’ai enfin obtenu une carte d’identité. En quoi consiste votre travail ? Je supervise cinq des 85 hectares de la ferme floricole. Le matin, je contrôle quelles roses ont été commandées et en quelle quantité. Je vais ensuite voir comment se portent les roses, je regarde où en est la floraison. Étant donné que nous savons de combien de temps les roses ont besoin pour présenter les caractéristiques optimales pour le transport, nous devons déterminer s’il convient d’influer sur le processus de développement naturel. De quelle façon ? On peut plier les boutons de roses encore jeunes et fermés, de sorte que l’énergie aille dans les racines, jusqu’à ce qu’un nouveau bouton se forme. Coupez-vous encore les roses vous-même ? Oui, mais seulement en cas de volume important de commandes ou lorsqu’il fait très chaud et que les roses doivent être cueillies au plus vite. Je donne alors un coup de main pour la coupe ou le tri. Cela permet aussi de motiver les autres membres de l’équipe. Combien de roses sont cueillies par jour ? En fonction de la demande, on en cueille chaque jour entre 5000 et 10 000 par hectare. Et jusqu’à 13 000 pour la Fête des mères et la Saint-Valentin ! Quelle est la durée de vie d’un rosier ? Tout dépend de l’espèce et du soin qu’on y apporte. On peut mettre un rosier à profit pendant près de dix ans, à conditiondetoujours bien nettoyer les outils. Une fois planté, il faut attendre six mois pour la première récolte. Après la coupe, les rosiers forment de nouveaux boutons toutes les quatre à huit semaines selon l’espèce, et ce tout au long de l’année. Qu’en est-il des pesticides ? Avez-vous des vêtements de protection adéquats ? Depuis que Karen Roses est certifiée Fairtrade, la situation en la matière s’est nettement améliorée. Avant, nous étions nombreux à souffrir de maladies cutanées car on pulvérisait des substances toxiques à outrance, presque sans tenue de protection et sans vestiaires pour se changer. Nous étions contraints de porter nos propres vêtements. Vous auriez dû voir mes mains et mes bras enflammés et pleins d’épines ! C’est mieux de nos jours. D’autres améliorations ? L’eau de puits utilisée pour arroser les roses est purifiée et réutilisée. Ainsi le sol n’est plus érodé. De l’herbe et d’autres plantes peuvent désormais y pousser. Concernant la prime Fairtrade, avez-vous déjà contribué à définir son utilisation ?
Photo Ernst A. Kehrli Oui. En qualité de travailleurs, nous déterminons nous-mêmes l’affectation de la prime. Avant, j’étais membre du comité, mais j’ai arrêté car j’assume aussi la fonction de représentante des travailleurs auprès de Fairtrade Africa. Comment souhaitiez-vous utiliser cet argent ? Je suis fière d’avoir pu œuvrer en faveur d’une meilleure sensibilisation au sida et au VIH. Aujourd’hui, nos travailleurs sont bien mieux informés. Hommes et femmes ont-ils des opinions différentes sur l’utilisation des primes ? Au début, les hommes n’étaient surtout pas habitués à ce que les femmes aient leur mot à dire ou qu’elles puissent contribuer aux décisions. Mais ces dernières années, la situation a vraiment évolué dans le bon sens. À la ferme floricole, les travailleurs sont-ils en majorité des hommes ou des femmes ? Il y a environ 65% de femmes. Le salaire des cueilleurs de roses leur permet-il de vivre décemment ? Une cueilleuse ou un cueilleur gagne en moyenne 7100 shillings kényans par mois (environ 70 francs suisses). Le salaire augmente chaque année, notamment si l’on endosse davantage de responsabilités, comme moi. C’est grâce à un microcrédit issu de la prime Fairtrade que j’ai pu acheter une petite maison avec un petit terrain où je cultive maïs et haricots. J’y élève trois moutons et une vache. Une telle maison coûte quelque 250 000 shillings, que je rembourse grâce à un crédit sur trois ans. Quels sont vos souhaits pour l’avenir ? J’aimerais avant tout que mes enfants aient une vie plusfacileque la mienne. Vous aimez les roses ? Oui, beaucoup. Mais pour la Saint-Valentin, je préfère qu’on m’offre autre chose ! Dans mon jardin aussi, je fais la part belle à d’autres fleurs. Grace Mwangi (36 ans) a été impressionnée par la mise en scène florale à la gare de Zurich. Au Kenya, elle travaille depuis 2001 à la plantation « Karen Roses », certifiée Fairtrade depuis 2004. Les propriétaires sont kényans et emploient quelque 1300 personnes. ROSES ENVELOPPÉES DANS DU CELLOPHANE En ce moment, si vous achetez des roses chez Coop, elles seront enveloppées dans du cellophane avec un dessin d’enfant imprimé. Un dessin d’un enfant de Suisse et un autre crayonné par un enfant du Kenya ont été sélectionnés parmi 282 œuvres reçues dans le cadre d’un concours Coop Hello Family. Les enfants kényans ayant participé au concours sont scolarisés à l’école d’une ferme floricole certifiée Fairtrade. Coopération N°42 du 18 octobre 2016 75



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