Coopération n°42 13 oct 2020
Coopération n°42 13 oct 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°42 de 13 oct 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Coop Société

  • Format : (215 x 297) mm

  • Nombre de pages : 112

  • Taille du fichier PDF : 24,5 Mo

  • Dans ce numéro : tendance barbe.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Le vintage àl’état pur ! Les favoris sont longs et s’étendent jusqu’aux coins de la bouche, et remontent en moustache. Le terme « favoris » est dérivé d’Ambrose Burnside, un général renommé de la guerre de Sécession. « Ça habille le visage » Mais pourquoi se laissent-ils pousser la barbe ? Danny, un client, acommencé parhasardilyasix-septans. « Je n’avais pasbeaucoup de cheveux, ça compense, lance-t-il en souriant. Et puis c’était la mode.Des célébrités se laissaientpousser labarbe. » Il souligne aussi le côté pratique:pas besoin de se raser tousles matins, et peut-êtreuncertain changementdementalité  : « Ça pouvait êtremal + CÔTELETTES DE MOUTON Entre le dernier Empire et la République, porter l'impériale désigne la forme de barbe du dernier des empereurs français, quifut aussi le premier président de la République  : Napoléon III. Cette moustache accompagnée d'une barbiche bien fournie est restée emblématique de cette époque. vu au travail. Aujourd’hui, si la barbeest soignée,iln’y apas de problème. » Luiva environ toutesles troissemaines chezle barbier. Chaquematin, il metune huile pour donner une formeetnourrir le poil. Pour le barbierAnthony,c’est uneidée fixedepuis l’enfance  : « Je m’en dessinais une avec un feutre à5ans, et je faisais pression sur mon père pour qu’il laisse pousser la sienne.J’aitoujours trouvé ça beau. » Selon lui, la barbeest un symbole Blaireau, rasoirs électriques et coupe-chou, ciseaux, peigne… Al’époque, seuls les barbiers possédaient ces accessoires, et tout le monde devait aller chez eux pour se faire couper barbe et cheveux. IMPÉRIALE de maturité  : « Ça habille le visage, ça le termine. » Côté séduction, la réponse n’est pas tranchée  : « Tout dépend de la personne en face  : certaines aiment, d’autres pas », commente Florian. Uneétude menéepar des chercheurs de l’UniversitédeQueenslandenAustralie enaoût 2016*, montre que sur les 8520 femmes testées, la majorité préféraient, pour des relations passagères, des hommes auxtraits virils et àlabarbe courte.Etpourunengagement sérieux, les hommesavecdes barbes plus fournies remportaient la palme. Selon les chercheurs, la barbe est ici unsymbole de fortes capacités reproductives, et de domination… De quoi créer un complexe aux hommes imberbes ou àlapilosité imparfaite  : certains ont recours àdes greffes. Quelabarbe soit un simple accessoire de mode ou symbole de virilité  : en avoir ou pasest donc toutsaufunsujet anodin. Le langage de la barbe Suivantles lieuxetles époques, la barbe est tantôt la norme, tantôt signe de contre-culture. En Europe au XIX e siècle, politiciens, artistes ou intellectuels (Jean Jaurès, Napoléon III, Monet, Rodin, Maupassant, Hugo, Stendhal…) portaient volontiers de volumineuses barbes et bacchantes, comme symbole d’autorité peut-êtreoudesagesse.Après la Première Guerre mondiale, leglabre 20 Coopération N°42 du 13 octobre 2020
Plus cette barbe est naturelle, plus elle est jolie. Mais elle est très difficileàréaliser.Arrondie au niveau du menton avec une moustache intégrée, cette barbe devrait avoir une longueur maximale de 20 cm. La barbe Garibaldi doit son nom àune célèbre figure italienne, Giuseppe Garibaldi, général et homme politique italien du XIX e siècle. semble s’imposer comme une norme, peut-êtreparce quelabarbe rappelle le sort des poilus privés detout dans les tranchées ? Dans les années 1960,barbes et cheveux longs reviennent avec les hippies comme signe de révolte contre l’ordreétabli et de retouràla nature. Dans cette même veine, des femmes laissent libre cours àleur pilosité pour dénoncerlanorme de l’épilation comme unetentative de contrôle de leur corps, et de leur sexualité. « Des analyses célèbres ont montré que le gouvernement des corps etdes êtres humains sontétroitementliés, expliqueStéphane Héas, sociologue etmaître de conférences àl’Université deRennes. Dans toutesles sociétés humaines, le contrôle des populations est orchestré par des institutions (famille,école,police,médecine…) qui exigent et appliquent toujours,explicitementounon, des normes pileuses et capillaires. » Alors quel message passent les hockeyeurs qui, une fois en phase finale de championnat, ne se rasent plus jusqu’à la victoire ou l’élimination ? Unretour à l’animalité ? Charles le Téméraire (1433−1477) s’était, lui, laissé pousser la barbe après avoir perdu la bataille de Grandsonen1476, comme pour signifier sa tristesse ou son mécontentement, et se disait prêt àlacouper une fois les Suisses battus. Nicolas Sarkozyena-t-il fait de même quand on l’avuarborer du GARIBALDI poil au mentonaprès avoirperdu la présidentielle de 2012 ? Impossible de généraliser une sorte de langagedelabarbe,tantles sociétéset les époques changent. Ce que l’onpourrait en revanche déduire, c’est que la santé et la liberté d’une société se lisent aussi àtravers la diversité des barbes qui poussent oupas sur les joues des hommes. Ainsi chaque année, hipsters et armaillis barbus se retrouvent en fin d’année au ModernedeBulle pour un concours de la plus belle barbe. Yvan Thévenaz, secrétaire des Barbus de la Gruyère, aété membre du jury  : « La différence c’est qu’eux vont tousles troisjours chez le barbier, et se mettent des produits dessus. Nous c’est du 100% naturel, on ades barbes bio, lance-t-il sans jugement. Mais grâce àeux, il yadenouveau des barbiers àBulle ! » Et peut-être un jour, la drag-queen barbue ConchitaWurst,qui aremporté l’Eurovision 2014pourl’Autriche,sera-t-elle présidente des Barbus delaGruyère ? Mais il faudrait alors qu’elle renonceàses cheveux longs,car leur règlementprécise que pour être membre de cette association folklorique fondée en1941, il faut avoirles cheveux courts… ○ * « Themasculinity paradox  : facialmasculinity and beardednessinteract to determine women’s ratings of men’s facial attractiveness », European societyfor evolutionarybiology,2016 BARBIER ET CHIRURGIEN En plus de couper barbes et cheveux, les barbiers de jadis faisaient aussi office de chirurgiens grâce àleurs rasoirs. Ils pratiquaientdes saignées ou soulageaient des douleurs aux dents. Pour signaler son activité, le barbier exposait les objets utilisés pour les saignées  : un bâton que le patient devait serrer pour faire jaillir les veines, un bol d’argent ou de métal blanc pour recueillir le sang, des bandages pour panser les entailles. Ces bandages pouvaient être exposés ou fixés àunpoteau blanc et s’y enroulaient. C’est cette image que reprendrait l’enseigne tricolore  : rougepour le sang et blanc pour les bandages. Et le bleu ? Certains disent que les salons de l’époque étaient peints en bleu, d’autres ylisent la couleur des veines ou encore un ajout nationaliste anglais ou américain. CONCOURS Gagnez 5rasoirs spécial barbe Babyliss T890E $s) Pour plus d’informations sur ce rasoir  : voir page 22 Délai de participation  : lundi 19 octobre, 16h. Participation sur notre site  : www.cooperation.ch/concours ÀLAUNE ZOOM Coopération N°42 du 13 octobre 2020 21 JOUEZ ! ONLINE ILLUSTRATIONS SHUTTERSTOCK PHOTOS DR



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