Coopération n°29 14 jui 2020
Coopération n°29 14 jui 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°29 de 14 jui 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Coop Société

  • Format : (215 x 297) mm

  • Nombre de pages : 88

  • Taille du fichier PDF : 18,6 Mo

  • Dans ce numéro : sulfureux maillots.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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PORTRAIT RAPHAËLBLANC « J’étais fait pour la fiction » Le réalisateur Raphaël Blanc retrace dans ses documentaires des destins hors du commun. Le parcours méconnu de ce Valaisan, formé à l’école du cinéma français, vaut àlui seul un scénario. TEXTE BÉATRICE KONCILJA-SARTORIUS PHOTO VALENTIN FLAURAUD On lui doit d’extraordinaires moments d’émotion sur grand écran. Le voyage « intérieur » de Mike Horn le long du cercle polaire. Un portrait intimiste pour les 100 ans de l’artiste Hans Erni. Et, plus récemment, les explorations inouïes –spirituelles aussi –del’infatigable Ella Maillart. Mais Raphaël Blanc (69 ans) n’est pas du sérail, insiste-t-il. Dans ce carnotzet d’Ayent(VS), le village natal oùleréalisateur aréélu domicile, on ne parlera pas tapis rouge. Sur une table,l’affiche de son dernier documentaire  : « Le Rêve des enfants du lac Inle ». Métier àrisque Discret mais intarissable, calme mais déconcertant, leValaisan s’emballe en évoquant letournage, les plateaux, le métier qu’il adans lapeau, envers et contre tout. « Comme producteur, on est souvent à l’étroit », avoue-t-il. Il vient de travailler presque trois ans au salaire minimum. « Je préfère investir dans mon film, en espérant récupérer plus tard.C’est quand même un métier àrisque, très aléatoire. » Et pour cause ! L’avant-première de son nouveau film était agendée pour ce printemps. La crise du coronavirus atout chamboulé. Son dernier coup de cœur, Raphaël Blancl’a financé avec le « bas de laine » de sessuccès précédents. Des amis proches lui parlent du projet. Dans la région du lac Inle, en Birmanie, des enfants veulent sauver leur lac menacé par la pollution. Avec le soutiendedeux ONGsuisses, les élèves vont ramasser des déchets plastique, dont ils construisent leur école. Si ses tournages l’emmènent souvent aux quatre coins du monde, sur les traces de personnages hors du commun et porteurs d’espoir,le cinéaste aime aussi filmer sa terre, ses montagnes, ses gens. Il a déjà en tête une série consacrée aux proches aidants, ces héros du quotidien. Parce que depuis trente ans, cet homme distrait mais tenace, « qui n’a jamais arrêté de bosser », s’occupe aussi de son épouse handicapée. « Depuis son accident, elle ne peut plus parler, ni écrire, ni lire. Elle ne peut plus marcher maintenant. » Pudique, iln’endira pas davantage. Autrefois, il emmenait sa femme sur les tournages. « J’ai pu tout gérer sans trop de souci, car c’est une fille fantastique avec énormément de volonté. » Les collaborateurs viennent travailler chez lui, où il ason studio de montage. « Il faut se débrouiller. Dans la vie, on n’a pas d’autres choses àfaire que d’aller de l’avant. » Missionnaire en Bolivie Son seul regret  : le cinéma. « J’étais fait pour la fiction », sourit-il. Pourtant à 12 ans, Raphaël Blanc aune toute autre vocation en tête.Il fréquente un internat àMatran (FR) dans l’intention dedevenir missionnaireenBolivie. « Je me suis 84 Coopération N°29 du 14 juillet 2020
dit, pourquoi pas, ça peut être intéressant, les voyages. » Et voilà qu’un prêtre « fana de cinéma » l’initie au7 e art. « On décortiquait les classiques. On faisait aussi des petits films en super 8. » A 15 ans, il est déterminé. « J’ai voulu faire une école. » D’accord, mais il devra d’abord terminer son CFC en comptabilité, àSion. « Cela m’ad’ailleurs énormémentservi ! » Un beau souvenir ? Le tournage d’« Ella Maillart » Quel est votre plus vilain défaut ? Je suis distrait, mais je me soigne. Votre plat préféré ? Le curry indien Quelle est la chosequi vous irrite le plus ? Les gens bornés Votre mot préféré ? Action ! Raphaël Blanc a fait des études de cinéma àParis. Raphaël Blanc démarre des études de cinéma àParis. Il loge chez des parents. Le matin, il travaille comme coursier dans une agence de publicité en distribuant lecourrier. Ildécroche par ce biais un poste destagiaire. Puis rencontrele réalisateur Serge Korber.Celui qui vient de réaliser « L’Homme orchestre » (1970) et « Sur un arbre perché » (1971) avec Louis de Funès l’engage sur- MINI-QUESTIONNAIRE le-champ comme deuxième assistant pour tourner une comédie avec Annie Girardot. Il débute le lendemain à Nice. Et obtient, au passage, son diplôme de cinéma, signé par son professeur, le réalisateur Henri Verneuil. A partir de là, il fera film surfilm, entrelaSuisse et la France, notamment comme premier assistant auprès de Robert Hossein, Claude Goretta ou José Giovanni. Polars pour la TV Avec ce dernier,installé aux Marécottes (VS), Raphaël Blanc tourne « Mon ami le traître » (1988) et des polars pour la télévision. « Premier assistant, c’est passionnant, mais c’est un métier usant », se souvient-il. Pour avoir la liberté de choisir ses films, il fonde sa propre société de production audiovisuelle. Faute de moyens et de soutiens, il se réoriente vers le documentaire. « J’étais étiqueté outsider. J’aidûramer ! » confie, en riant, le réalisateur, quin’enapasmoins raflé plusieurs prix internationaux et produit égalementaux Etats-Unis. ○ Plus d’informations sur « Le Rêve des enfants du lac Inle » sur le site  : www.artemis-films.ch Coopération N°29 du 14 juillet 2020 85



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