Coopération n°2 12 jan 2016
Coopération n°2 12 jan 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de 12 jan 2016

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Coop Société

  • Format : (215 x 297) mm

  • Nombre de pages : 108

  • Taille du fichier PDF : 38,3 Mo

  • Dans ce numéro : du plaisir avant tout !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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FAMILLE Réfugiés L’ÉCOLE, CREUSET DE L’INTÉGRATION ♦ Immigration Parmi les réfugiés arrivant en Suisse, on compte toujours plus d’enfants et de jeunes. Cette situation représente un défi de taille pour les écoles, aussi sur le plan financier. MAŠA DIETHELM Ils fuient les persécutions et la guerre. En novembre, près de 5700 personnes ont demandé l’asile en Suisse, dont de nombreux enfants. « Ils doivent tous être intégrés dans une école », déclare Beat W. Zemp. Conscient de la difficulté de la tâche, le président central de l’association faîtière des enseignants suisses plaide pour davantage d’humanité et d’ouverture vis-à-vis de ces gens particulièrement vulnérables. L’afflux de réfugiés ne diminue pas, même en Suisse. Quelles sont les conséquences pour les écoles ? C’est un vrai challenge pour le système de formation. En effet, l’hétérogénéité des classes augmentera encore. Les réalités des enfants et de leur famille sont actuellement déjà très différentes. Or, avec des enfants réfugiés, une nouvelle dimension apparaît. Nombre d’entre eux sont originaires d’une région en guerre ; ils ont à peine eu l’occasion d’aller à l’école. Mais on trouve également de jeunes Syriens sur le point d’obtenir leur diplôme et disposant d’une 22 Coopération N°2 du 12 janvier 2016 très bonne formation. Le nombre croissant d’enfants réfugiés arrivés seuls en Suisse, c’est-à-dire sans leurs parents, est nouveau. Ces requérants d’asile mineurs non accompagnés (RMNA) sont un réel défi. Une grande partie de ces jeunes ont été traumatisés. Oui, c’est terrible. Il s’agit de filles et de garçons âgés de 12 ou 13 ans ayant voyagé tout seuls pendant des mois. Beaucoup d’entre eux ont vécu des choses abominables, notamment des viols et des actes de violence. Certains ont vu leurs parents se faire tuer et sont tellement traumatisés qu’ils ont cessé de parler. Ces enfants ont besoin d’une intégration Les réfugiés sont aussi une chance pour la société Beat W. Zemp, président central de l’association faîtière des enseignants suisses non seulement scolaire, mais également psychologique et sociale. Dans la pratique, comment peut-on répondre aux besoins particuliers de ces enfants ? Les enfants traumatisés par la guerre rejoignent des classes spéciales à effectif réduit. Je ne crois pas qu’un enfant traumatisé par la guerre et arrivé en Suisse sans sa famille puisse être intégré dans une classe ordinaire sans prise en charge complémentaire. Il doit tout d’abord être stabilisé sur le plan psychique. Des psychologues de l’enfance et de l’adolescence et des spécialistes des traumatismes examinent chaque cas. Si l’on cherche à faire des économies ou
PhotosKeystone, Lucian Hunziker De nombreuses familles fuient la guerre au Moyen-Orient. Ici, une famille à la gare de Vienne. que le titre de séjour reste trop longtemps incertain, les problèmes n’en seront que renforcés plus tard. Y a-t-il besoin de plus de professionnels ayant la formation adéquate ? Absolument ! Au moins un enseignant disposant d’une formation continue spéciale devrait travailler dans chaque école. Et nombre de pédagogues spécialisés ont besoin de plus de connaissances spécifiques. Nous manquons aussi d’interprètes de certaines langues. Les enfants et ados sont scolarisés selon un modèle en trois phases. Après combien de temps peuvent-ils fréquenter une classe ordinaire ? La première phase dure entre six et douze mois. Durant cette période, les réfugiés restent dans les centres fédéraux, où ils sont scolarisés dans des classes d’accueil ou de transition pour acquérir leurs premières connaissances d’une langue nationale. Ensuite, ils sont répartis dans les communes. Après cette phase, le lieu de résidence doit être déterminé afin que les enfants puissent être intégrés dans des classes ordinaires. Évidemment, cette intégration n’est souvent possible qu’avec une aide complémentaire sous la forme d’un soutien psychologique ou de cours de langue. Vient ensuite la troisième phase, l’intégration complète, lorsque l’enfant n’a plus besoin de cette aide. Il arrive aussi bien sûr qu’un rapatriement ait lieu. Avez-vous déjà reçu des retours d’enseignants confrontés à cette situation ? Aucun message alarmant, du moins. Jusqu’à aujourd’hui, nous sommes parvenus à bien gérer la situation, surtout parce que les phases deux et trois n’interviennent qu’après l’intégration dans des classes ordinaires. Mais nous n’en sommes qu’au début. L’année 2016 sera marquée par l’intégration des réfugiés, à l’image de l’année 2000, où nous avons dû intégrer de nombreux réfugiés du Kosovo dans les classes. Les enseignants sont bien préparés et aptes à gérer la situation, à condition bien sûr que l’on puisse garder une vue d’ensemble. Depuis l’automne, le nombre de requérants d’asile s’est stabilisé en raison des conditions météo. Les chiffres reprendront certainement l’ascenseur au printemps. Si des dizaines de milliers de réfugiés arrivent tout à coup, nous aurons besoin de nouvelles salles de classe et de personnel supplémentaire. Nous ne pourrons plus y faire face avec les structures existantes. Quel afflux les écoles sont-elles en mesure d’absorber ? Ce sont aux autorités de migration que revient la décision finale. Vers la fin des années 1990, nous avons déjà connu une vague de migration durant laquelle nous avons dû intégrer des milliers de personnes. Et nous avons très bien réussi. Les réfugiés ne doivent pas seulement être considérés comme une charge pour le système et la société, mais aussi comme une chance. Des études révèlent que les pays ayant accueilli d’importants flux de réfugiés en ont profité. À condition d’allouer Coopération N°2 du 12 janvier 2016 23



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