Coolture Y n°7 mar/avr 2009
Coolture Y n°7 mar/avr 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de mar/avr 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : HE! Media

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3,9 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... l'innovation participative.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Enki BILAL Crédit photo : I Franciosa « COOLTURE INTW > 04 CV EXPRESS BILAL Né le 7 octobre 1951 à Belgrade BD 1975 : 1er album, La Croisière des Oubliés, (scénario de Pierre Christin) 1979 : Les Phalanges de l’Ordre Noir, (scénario de Pierre Christin) 1983 : Partie de Chasse, (avec Christin) 1980 - 1992 : 1 ère série personnelle, La Trilogie Nikopol 1987 : BILAL obtient le Grand Prix du 14 ème FIBD d’Angoulême. 1998 - 2007 : La Tétralogie du Monstre FILMS 1989 : Bunker Palace Hôtel 1996 : Tykho Moon 2004 : Immortel, ad vitam Quand l’homme invente quelque chose, il invente aussi la catastrophe qui va avec. » Paul VIRILIO, Urbaniste COOLTURE N°7 - MARS/AVRIL 2009 RENCONTRE avec … L’origine de cette nouvelle histoire Sorti complètement épuisé des 4 volumes ultras sombres et violents du Monstre qui lui ont demandé 12 ans de travail, Enki BILAL explique : « j’étais en train de terminer la tétralogie du Monstre. C’était une histoire assez sombre, pesante, presque mortifère parfois –même si j’avais opté pour une fin plus ouverte et plus baroque qui allégeait un peu le propos–, et je ressentais, alors, le besoin d’une rupture. Dans mon esprit, cela devait se traduire par une histoire plus légère, que je réaliserais d’une traite. Sur le moment, je n’ai pas pris conscience que beaucoup d’ingrédients de cette nouvelle histoire s’inscrivaient en fait dans le prolongement du dernier volume du Monstre. Je n’ai compris qu’ensuite, progressivement, que la thématique d’Animal’z, qui pose la question essentielle de la survie, ne serait pas uniquement passagère ». L’environnement d’Animal’z Traité avec du crayon noir et des pastels gras sur un papier légèrement gris, qui donne à l’histoire sa tonalité graphique particulière, Enki BILAL nous plonge dans un nouvel univers empli de références au Monde du Silence de Cousteau et à l’Ouest de John Ford ou Sam Peckinpah : « Ma référence, c’était le western : un mode narratif linéaire, assez simple en apparence, avec des personnages intenses, typés. J’ai transposé cette envie de western dans un futur proche, autour d’une thématique environnementale forte. » Enki BILAL Casterman 2009 ENKI BILAL RÊVERIE D’ANIMAL’Z La nouvelle création d’Enki BILAL séduit et surprend : un western futuriste épuré et tendu, sur fond de catastrophe climatique et de science dévoyée. Ce tournant dans sa création méritait quelques explications. En guise de clés, BILAL nous offre des lettres. Abécédaire Bilalien : A comme… « ANIMAL’Z : on est Animal’z quand on est dans un rapport fusionnel à l’animal, jusqu’à pouvoir être un animal. Être Animal’z, c’est l’expérience extrême, un joujou de riche, quelque chose de décadent, une folie très Mengele… Dans quelques années, nous ferons de la plongée sous-marine dans un corps de dauphin… » C comme… « COUP DE SANG : j’aime bien l’expression. Quand un organisme est maltraîté, il est capable de réagir violemment. Dans le prologue d’Animal’z, j’explique que, devant les agressions qu’on lui fait subir, la planète s’est révoltée. On a basculé non seulement dans un monde pollué, difficilement respirable, mais absurde géographiquement, où le Pic du Midi côtoie l’Himalaya… » E comme… « EAU : l’élément point de départ d’Animal’z, qui s’ouvre par une phrase de BAUDRILLARD : « L’eau en poudre : il suffit de rajouter de l’eau pour en obtenir de l’eau ». Phrase géniale : on ne peut pas fabriquer l’eau et pourtant elle est essentielle. Alors comment faire ? Parler de la survie de la planète, c’était inévitablement parler de l’eau. On se bat déjà, on se battra de plus en plus pour l’eau, et le contrôle de ses réserves. » H comme… « HYBRIDATION : « L’arrogance scientifique qui en est l’origine me déplaît, la décadence qui s’y cache m’attire », dit l’un des personnages. L’hybridité me fascine, je n’y peux rien »
ENKI BILAL Enki BILAL Casterman 2009 I comme… « INUTILE, comme l’argent dans Animal’z. J’ai dessiné l’album avant la crise, avant qu’on ne parle d’« argent virtuel ». J’ai imaginé une « disparition de la valeur argent » car, à partir du moment où je me penche sur le problème de l’eau et sur celui de l’avenir de la planète, l’argent devient inutile car impuissant : on ne peut pas fabriquer de l’eau avec de l’argent, même si cela permet d’acheter de l’eau en poudre ! » L comme… « LIMITES : je n’en ai aucune. Je me sens maître de ce que je crée. Si je veux dessiner un humain qui sort d’un corps de dauphin, je ne me pose pas la question de savoir si c’est plausible. J’aime les aberrations, à condition que tout se tienne dans l’ensemble que je construis. Car il faut voir une logique certaine quand on fait des histoires aussi absurdes ! » N comme… « NATURE. Dans Animal’z, elle est comme folle, avec des tortues marines qui volent dans l’air. Un effet pervers du « Coup de sang » et des dégâts provoqués par l’homme… Quand je réfléchis à une histoire, je me récite toujours la leçon de l’urbaniste Paul Virilio : « Quand l’homme invente quelque chose, il invente aussi la catastrophe qui va avec ». » O comme… « OCÉAN : c’est le Wild Wild West de mon western aquatique… Le dernier espace où se déplacer quand la terre devient ingérable. J’aime l’eau, les profondeurs marines. Gamin, j’ai été très marqué par Le Monde du Silence. L’océan, c’est le mystère. Insondable, dans tous les sens du terme… » P comme… « PLANÉTOLOGIE : c’est le mot, bien plus beau, que je propose pour remplacer celui d’écologie qui s’est malheureusement usé alors que la cause est essentielle. L’écologie, j’en ai parlé depuis longtemps, à l’époque du Sarcophage, l’ironique projet de musée à Tchernobyl conçu avec Christin. La Croisière des Oubliés, aussi, c’était contre les expérimentations militaires… Dans Animal’z, j’ai porté le fer un peu plus loin. Je crois vraiment que l’écologie est la seule cause qui nous reste. Je suis comme tout le monde, je lis, je m’informe, je voyage, et je vois les changements, les dégâts… La prise de conscience commence seulement à venir, et encore, avec des résistances… L’homme a traversé le XX e siècle avec une arrogance sidérante vis-à-vis de la nature. » Q comme… « QUESTIONS : toutes celles que je me pose dans mon travail. Je remue des choses pas toujours très belles sur notre monde, mais au moins je pose des questions. Quant aux réponses, eh bien… les valeurs de partage entre le règne animal et le règne humain abordées dans Animal’z en sont peut-être un embryon… » R comme… « ROBOTS : dans Animal’z, les robots homard et hippocampe incarnent la légèreté que je cherchais. Ce sont des « domorobots », des robots domestiques, très serviables. Les japonais travaillent là-dessus actuellement, et je suis tout à fait preneur : on doit s’attacher facilement à ces bestioles… » Z comme… « ZOO : un jour, à Belgrade, dans ce zoo où KUSTURICA a tourné Underground, un léopard a croisé mon regard et ne l’a pas quitté. Il me suivait, à travers les visiteurs, alors que je me déplaçais. Ça a duré 5 minutes, ce n’était rien, mais c’était incroyable : nous n’arrivions pas à nous quitter du regard. Ce jour-là, je me suis senti, moi aussi, un peu Animal’z… » Une expérience ultime qu’il met aujourd’hui à la portée de tous. LA BD COOLTURE INTW > 05 ANIMAL’Z, de Enki BILAL (Casterman - 18 € ) Un univers se crée… Au commencement serait un océan. Lourd et fi gé. Au commencement serait une navigation apocalyptique, à la poursuite d’un paradis dont on parle, mais qu’on n’a jamais vu… Au commencement serait un homme qui nage, non pas comme un dauphin, mais dans un dauphin. Où sommes-nous ? www.coolture.fr DR



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