Comme au Cinéma le mag n°26 mai/jun 2012
Comme au Cinéma le mag n°26 mai/jun 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°26 de mai/jun 2012

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Stan Médias

  • Format : (168 x 245) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 7,7 Mo

  • Dans ce numéro : spécial Cannes 2012.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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mon 5 majeur l'invitée 4 janvier 1965 La date d’anniversaire d’Yvan. Je suis très anniversaire. J’aime les naissances. 2 mars 1991 La mort de mon père. C’est quand même une date que je ne peux plus jamais oublier. Je préfèrerais me souvenir de son anniversaire, mais non, c’est la date de sa mort. 1997/2002/2011 La naissance de mes trois enfants. Vous avez travaillé avec Beck, Air et aujourd’hui Connan Mockasin. Au cinéma, vous avez été dirigée par Michel Gondry, Todd Haynes, Patrice Chéreau ou encore Lars von Trier. Vous estimez-vous chanceuse ? Oui, bien sûr. Qu’avez-vous de plus que les autres pour susciter autant de désir chez ces artistes ? Je n’ai pas l’impression d’avoir quelque chose de plus que les autres. C’est juste que c’est un métier où il y a énormément de prétendants et peu à pouvoir le faire. C’est uniquement une question de chance. C’est pour cette raison que je m’estime chanceuse. Mais je ne dis pas que j’ai des qualités que d’autres gens n’ont pas. Et ça ne m’intéresse pas de mieux me connaître ou d’avoir un avis sur moi. Ça n’avance pas à grandchose. Lorsque j’ai fait Antichrist, je ne savais pas pourquoi Lars m’avait choisie. Je ne savais pas ce qu’il avait vu de moi. Je ne savais pas ce qu’il connaissait de moi. Lui avez-vous demandé ? Non, je n’ai pas osé. Pour le coup, je me disais juste que j’avais de la chance d’être là. Le personnage était anonyme. Enfin, il n’avait pas de prénom. Moi, je débarquais en Allemagne. Tout était très étranger et très lointain. Et maintenant, savez-vous pourquoi Lars von Trier vous prend pour son nouveau projet, The Nymphomaniac ? Non, je ne sais pas du tout. L’histoire de cette femme qui raconte sa vie sexuelle fait déjà beaucoup parler d’elle pour son côté sulfureux et ses scènes explicites… Il a fait exprès d’en parler. Déjà, lui donner ce titre-là, ça a du sens. Ce n’est pas gratuit. Mais, même moi, ça me fait peur. On vous imagine discrète. Alors quelle idée vous passe par la tête pour vous mettre autant en danger chez Lars von Trier ? Effectivement, je suis discrète. Je me demande même quelle idée m’anime pour monter sur scène. Je me le 18 H CommeauCinema.com le mag H mai-juin 2012 H N°26 demande car ce n’est pas dans ma nature. Comme tous les gens timides, il y a une part de moi-même qui a vraiment envie de se pousser. Ma timidité m’a toujours énervée. J’ai du mal à l’assumer. Et donc, tout ce qui me fera sortir de moi, ou me provoquera, m’attire. J’ai envie de me surprendre là où je ne m’attends pas. On peut alors parler de défi à relever… Inconsciemment, oui. Mais ensuite, je ne défie pas gratuitement. Il faut que je sois portée par quelque chose qui, à mon sens, vaille le coup. Lorsqu’en 2009, vous recevez le Prix d’interprétation féminine pour Antichrist, à quoi pensez-vous ? J’ai appris que j’avais le prix lorsque j’étais à Paris. C’était tellement joyeux. Cette euphorie a duré du coup de fil à la remise des prix le lendemain. J’ai un peu plané. C’était très excitant. À cet instant, mesurez-vous tout le chemin accompli pour arriver à ce Prix d’interprétation ? Pas du tout. Il y avait juste le truc de devoir monter sur scène et de ne pas savoir quoi dire. Ce n’est pas une chose facile. Y a-t-il une Charlotte Gainsbourg actrice et une Charlotte Gainsbourg chanteuse. Ou est-ce la même personne ? Je crois que je suis exactement la même. Néanmoins, mes préoccupations sont différentes. Sur scène, j’ai vraiment un leitmotiv que je suis obligée de me rappeler : faire ça pour le plaisir. Je repousse mes angoisses et me lâche plus. Au cinéma, je m’attache davantage aux détails. Je suis plus obsessionnelle et me laisse aller à ma vraie nature. Avec la musique, non. Il faut que j’oublie pour aspirer à d’autres horizons. La musique a quelque chose d’un tout petit peu plus planant. Le 16 mai, vous jouez au Razzmatazz à Barcelone. Trouverez-vous quand même le temps de regarder la cérémonie d’ouverture ?
Je ne savais même pas que c’était la cérémonie d’ouverture ce jour-là. Je la regarderais certainement. Sauf que nous sommes en bus et qu’il n’y a pas vraiment la télé. Et puis, le cinéma et la musique sont deux mondes tellement différents. Et c’est ce que j’aime. Quand je suis avec des musiciens, j’oublie vraiment le cinéma. Et lorsque je suis avec des techniciens de cinéma, j’oublie complètement la musique. Ce qui signifie par exemple, qu’en tournée, vous n’avez pas de scénario à lire… Non. Et d’ailleurs, je ne pourrais pas. « Monter les marches ne demande rien d’autre que de bien s’habiller et d’essayer de sourire le plus possible. » Vous dîtes que lorsque vous faites de la musique, vous oubliez le cinéma. Pourtant, il y a un souci de mise en scène sur cette nouvelle tournée… J’en avais envie. Le concert est plutôt intimiste. Même si c’est un concert électrique, il n’a pas un son super rock. Pour la mise en scène, j’avais en tête Orange mécanique. C’était mon inspiration. Mais je ne sais pas pourquoi. Et je m’en fous d’analyser. Peut-être qu’il faut simplement aller chercher la raison dans l’esthétisme… Effectivement, ces costumes blancs apportaient un côté clinique à une ambiance sonore plus chaleureuse. Je voulais ramener le côté planant de la musique à quelque chose de plus cru visuellement. Do not disturb, le prochain film de votre compagnon Yvan Attal, est un remake de Humpday. Et pour la première fois, il ne met pas votre l'invitée couple en scène. Pensez-vous avoir fait le tour de cette question ? Je n’espère pas. Il fallait voir où il pouvait me caser dans son film. Je suis très heureuse de jouer une lesbienne. Je trouve que ça me va très bien. Pourriez-vous refuser un film d’Yvan Attal ? Spontanément, j’ai envie de vous répondre non. Nous sommes d’accord et toujours sur la même longueur d’onde. Qu’est-ce qui est le plus électrisant : jouer à Coachella ou monter les marches ? Jouer à Coachella, c’est totalement hors normes. Les marches aussi, bien sûr ! Mais ça ne demande rien d’autre que de bien s’habiller et d’essayer de sourire le plus possible. Ce n’est pas un travail. Où êtes-vous le plus vous-même ? Dans une salle de concert ou à Cannes ? Ni l’un ni l’autre. Je suis moi-même quand je suis chez moi dans mon salon. Je trouve le côté glamour de Cannes marrant à vivre. Mais lorsqu’on revient chez soi, on réalise la distance qui sépare ces deux mondes. Et ce, même si je vis dans un monde privilégié. Mais là, je ne parle même pas de ça. C’est juste qu’à Cannes, on se sent comme un ovni. Et en même temps, c’est bien que le Festival de Cannes existe. Mais j’aurais aimé connaître le Cannes d’hier. Vous l’imaginez moins superficiel… Il y avait également ce côté starlettes. Mais il y avait plus de charme. C’est aussi parce que j’ai le souvenir des images de Bardot sur la Croisette. On sait ce qu’elle est devenue par la suite. Il y a là, forcément, quelque chose de très magique. Aujourd’hui, on y croise les stars du moment. En parlant de magie et de parcours accompli, croyez-vous que des artistes comme Beck ou Air, en participant à vos albums, ont l’im- mai-juin 2012 H N°26 H CommeauCinema.com le mag H 19



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