Code 2.0 n°5 sep/oct/nov 2012
Code 2.0 n°5 sep/oct/nov 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de sep/oct/nov 2012

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Association Code Magazine 2.0

  • Format : (170 x 250) mm

  • Nombre de pages : 60

  • Taille du fichier PDF : 8,5 Mo

  • Dans ce numéro : Automne 2012.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Outre le relais historique plissé, à quelques siècles près, entre le palais et le mystique, l’artiste rassemble ses objets en un foisonnement improbable, formant un « bruit visuel » et engendrant une dissonance critique. Le regardeur se perd dans l'épaisseur de la mise en scène où l’anachronisme des figures contracte l'espace-temps et éloigne toute possibilité d’appréhension hiérarchique. Un passage lui permet de graviter autour des figures, comme pour en découdre avec leur autorité, et appréhender le revers des objets, complément des images. Soraya Rhofir découpe brutalement les matériaux sur lesquels elle a, au préalable, imprimé ses collections d’images, redoublant le détourage grossier initial ; elle assemble ensuite les objets morcelés afin de produire des visuels composites. Sa pratique quotidienne du collage lui permet par ailleurs d'explorer les tensions entre les natures d'images utilisées. Ces collages, parfois visibles dans ses installations, sont des espaces analytiques en deux dimensions dans lesquels elle s'emploie à expérimenter avec précision ses futurs ensembles. Ainsi, dans ses arrangements, elle utilise également ses propres dessins, scannés ou conçus grâce au logiciel basique d’infographie Paint. La friction entre 2D et 3D révise à bien des égards l'Espace Proun d'El Lissitzky (1923), qui confrontait la conception picturale suprématiste à l'espace d'exposition. Parallèlement, Soraya Rhofir impose une connivence entre les artefacts qu'elle met en scène et la perte de perspective de ses objets. La spatialisation contracte les images et les plans successifs. L’éventail des temporalités évoque inexorablement la science-fiction, genre que l’artiste apprécie au point d’en partager les références. Dans son œuvre, nombre d'images se démultiplient et se redoublent. Au fil des expositions, elles apparaissent sous différentes formes, s’altèrent parfois, tels ces seconds rôles réapparaissant dans des épisodes de série B. Depuis peu, des simulacres de rochers ponctuent les installations. Mimant le minéral, ces structures ancrent le paysage et marquent l’emphase de la scénographie, à moins qu’il ne s’agisse de météorites ayant chu d’un film d’anticipation, ou encore de lourds rochers lancés par des gladiateurs lors d’un combat de péplum. Au sein de Flash Society. Les Courtiers de la lumière, son exposition aux Églises de Chelles, une multitude d'images stéréotypées s'agrège autour de la figure archétypale de l'homme d'affaires. Cette représentation 30 Sans titre, 2010 Collage, 29,7 x 21 cm
Vues de l'exposition Flash-Society. Les Courtiers de la lumière, Les Églises, centre d'art contemporain de Chelles, 2012 Production : CAC Les Églises Photos : Aurélien Mole 31



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