Code 2.0 n°5 sep/oct/nov 2012
Code 2.0 n°5 sep/oct/nov 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de sep/oct/nov 2012

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Association Code Magazine 2.0

  • Format : (170 x 250) mm

  • Nombre de pages : 60

  • Taille du fichier PDF : 8,5 Mo

  • Dans ce numéro : Automne 2012.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Des jambes, un blouson, des projecteurs Valentin Bouré Dans les œuvres de Valentin Bouré, l’objectivité et le détachement sont deux procédés complémentaires qui visent à révéler certains enjeux contemporains – sociaux, économiques et politiques –, tout en permettant le retrait nécessaire à leur observation et analyse. Ainsi, les attitudes, la posture artistique, la place du corps, la circulation des images et des objets sont autant de sujets dont l’artiste décrypte le sens et la signification. Depuis 2010, cet artiste diplômé des Beaux-Arts de Paris réalise des films 16 mm souvent courts, muets, sans narration, aux titres simples et évocateurs : Jambes, Tee-shirt, Blouson, tous de 2011. Sur la pellicule, les mouvements se répètent inlassablement jusqu’à leur disparition programmée par effacement du support. Par la simplicité de leurs protocoles, ces films manifestent un ensemble de gestes a minima donnant lieu à une œuvre épurée, aux frontières de la performance et de l’installation. À l’heure où la société est en quête d’améliorations technologiques incessantes et parfois insensées, faire avec un équipement réduit et des supports périssables constitue certes une forme de résistance et de rupture au sein d’un continuum, mais traduit également une volonté de représenter le quotidien dans sa plus simple banalité, preuve qu’il peut encore et toujours constituer une source d’étonnement. Entretien et introduction par Édouard Montassut 12 Jambes, 2011 Film 16 mm couleur, 12'
Le format 16 mm est omniprésent dans ta pratique. Il est la matrice autour de laquelle s'articule l'ensemble de tes gestes. Utiliser ce support à l'heure de sa disparition programmée constitue-t-il un geste de résistance face aux technologies numériques ? Ou est-ce simplement un outil qui t'intéresse pour ses potentialités filmiques ? Ce qui m’intéresse avant tout dans l’utilisation du 16 mm, c’est son « autofonctionnalité ». La pellicule est un matériel fragile qui s’altère avec le temps. Les films que je réalise sont toujours commandés par un protocole de fabrication et de monstration précis : ils sont tirés à un seul exemplaire et assignés à un projecteur qui les diffusera en boucle jusqu’à leur effacement complet. Dans leur grande majorité, les informations quotidiennes qui nous sont données à voir ne sont ni utiles ni interactives. Face à cette situation, à laquelle les artistes contribuent également, mes protocoles révèlent d’eux-mêmes leur « auto-fonctionnalité », et répondent en creux à ce constat. L’image du film analogique est complexe, elle dialogue directement avec l’économie, l’indépendance et une histoire des formes. Le médium et son message sont dissociés. Dans Sans titre (2011), un écran de veille bleu monochrome sur un écran plasma reflète le rapport entre les objets qui perdent en valeur et ceux qui en gagnent, selon qu'ils soumettent une critique ou qu'ils participent à la banalisation de l'objet artistique. Je m'intéresse à ces moments précis de changement de valeur d’un objet, qui interviennent à différentes époques, et qui affectent leur valeur symbolique ou politique. C’est une idée assez basique mais dans laquelle je trouve une charge poétique. Studio Visit, 2012 Film 16 mm couleur, 4'35, et vue d’installation 13



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