CNRS Le Journal n°301 sep/oct/nov 2020
CNRS Le Journal n°301 sep/oct/nov 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°301 de sep/oct/nov 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : CNRS

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 15,3 Mo

  • Dans ce numéro : Françoise Combes, médaille d'or 2020 du CNRS.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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LES IDÉES R. A. Pour les 60 à 70% des résidents en Ehpad qui souffrent de troubles cognitifs, parfois sévères, ces mesures de confinement n’étaient pas comprises et ne pouvaient être respectées. L’interdiction des visites et le maintien dans les chambres ont été vécus comme une agression, ce qui a eu pour effet d’augmenter fortement leurs troubles du comportement. Nous devons mener une réflexion sur ce que signifie être confiné quand on a des troubles cognitifs. Les mesures prises pour la protection des personnes vulnérables s’apparentent-elles à celles qui prévalent pour les personnes mises sous tutelle ? B. E. Selon quelques retours, des résidents d’établissements médicaux sociaux ont éprouvé un fort sentiment d’infantilisation, proche de ceux de nombreuses personnes mises en protection juridique. En les qualifiant de « vulnérables », les pouvoirs publics ne se sont pas rendu compte qu’ils disqualifiaient leurs capacités à s’approprier et à ajuster les nouvelles règles sanitaires. Il fallait pourtant mettre en place des mesures de protection… B. E. Certes, mais au lieu de les surprotéger, on aurait dû les aider à appréhender ces règles, en tenant compte de leurs besoins et de leurs capacités à exercer leurs droits. C’est tout l’enjeu de notre manifeste « Toutes et tous vulnérables ! Toutes et tous capables ! » 4 et de notre démarche de recherche citoyenne Capdroits 5 qui vise à faire participer les personnes vulnérabilisées aux décisions dans la perspective d’un meilleur respect des droits humains. R. A. Il faut veiller à ne pas considérer les personnes âgées comme incapables de décider et de comprendre au prétexte qu’elles sont plus lentes et moins réactives. Cet âgisme 6 est une forme de ségrégation qui a exacerbé un 4. https://confcap-capdroits.org/2018/06/06/manifeste-tou-te-s-vulnerables-tou-te-s-capables/5. https://confcap-capdroits.org/6. « COVID-19 outbreak  : organisation of a geriatric assessment and coordination unit. A French example », Age and Ageing, vol. 49, n°4, juillet 2020, p.516–522. 7. https://www.plateforme-recherche-findevie.fr/etude-covidehpad 8. https://www.plateforme-recherche-findevie.fr CNRS LE JOURNAL 58 -)11.814.4 SEBASTIEN ORTOLA/REA À l'Ehpad Fontaudin, à Pessac, un sas a été aménagé pour les visites avec des vitres en plexiglas. À lire  : Choisir et agir pour autrui ? Controverse autour de la convention de l'ONU relative aux droits des personnes handicapées, B. Eyraud, J. Minoc etC. Hanon, Doin, coll. « Polémiques », 2018, 312 p.sentiment d’inexistence et d’inutilité lors de cet épisode. En leur répétant qu’elles devaient être mises à distance de toute forme de relation sociale et n’auraient pas accès à des soins susceptibles de les guérir, les personnes âgées ont été sur-vulnérabilisées. L’interdiction de visite aux résidents d’Ehpad a été levée en urgence le 21 avril… R. A. Famille et amis des résidents sont souvent leur raison essentielle de vivre et le seul lien avec le monde extérieur. Les en priver durablement risquait de provoquer une altération irrémédiable de leur santé. Si la logique est de ne prendre aucun risque, sa contrepartie produit misère et souffrance. La responsabilité du politique, c’est justement de savoir prendre des risques. Il faut toujours mettre en tension ce qui est pertinent sur le plan de la santé publique et ce qui l’est sur le plan de la santé individuelle. L’unité de soins palliatifs Covid-19 que vous avez créée au CHU de Besançon était sans doute la seule en France à autoriser les visites  : pourquoi ce choix ? R. A. On sait que plus que la médecine, c’est la présence humaine qui prime à ce moment essentiel de la vie. Il nous semblait important de ne pas ajouter à la souffrance et de ne pas priver de ce qui peut encore donner du sens, à savoir le contact avec ceux qu’on aime. Et pour les proches, voir le défunt facilite la séparation et évite les deuils pathologiques. Cette expérience aurait pu être reproduite ailleurs… R. A. C’est une des leçons à tirer. Une société qui oublie d’être solidaire ou qui ne respecte pas la dignité de toute vie est une société qui va droit dans le mur. B. E. Cette crise a montré la nécessité de réduire la dimension sur-protectionnelle, paternaliste et très verticale des autorités à l’égard des plus fragiles. Il faut réintroduire de la démocratie sociale et solidaire, faire confiance aux résidents d’établissements médico-sociaux et s’appuyer sur les expertises de chacun, professionnels comme usagers, pour favoriser le dialogue et accompagner chacun dans l’exercice de ses droits. Quels enseignements pourrait apporter l’étude sur la fin de vie et la mort dans les Ehpad que vous êtes en train de terminer 7 ? R. A. Cette recherche vise à collecter des données de terrain. Elle est coordonnée par la Plateforme nationale pour la recherche sur la fin de vie 8 et menée dans six régions, à raison de quatre à cinq Ehpad par région. Elle permettra d’apporter des éléments susceptibles d'influencer les politiques d’accompagnement du vieillissement et de solidarité envers les personnes vulnérables. Un suivi des familles permettra de faire un focus sur les situations de deuil qui vont, à mon sens, devenir un problème de santé publique. ii Lire l’intégralité de l’entretien sur lejournal.cnrs.fr
À lire 111111111111111111111111111111111111111111111111 1.1117711-Y1 St7lIt1166rnAl ATLAS CRITIQUE PANE Guyane Plus de 80 géographes, cartographes, sociologues, historiens, anthropologues, archéologues, linguistes, ethnobotanistes, etc. nous invitent dans ce bel ouvrage collectif à renouveler notre regard sur la Guyane. Pour ce faire, les scientifiques se livrent à une lecture critique des cartes existantes de ce territoire, allant de l’urbanisme aux frontières en passant par la biodiversité. L’ouvrage passionnant et instructif se clôt par une postface de Christiane Taubira. Atlas critique de la Guyane, Matthieu Noucher et Laurent Polidori (dir.), CNRS Éditions, août 2020, 336 p., 29 € . Odyssée Comme son titre l’indique, ce beau livre se propose de suivre l’évolution et les migrations de l’espèce humaine depuis les premiers homininés d’Afrique jusqu’à la conquête du monde par Homo sapiens. À travers l’assemblage synthétique de cartes, de tables synoptiques et de textes thématiques, cet atlas géographique du peuplement humain nous fait découvrir les pérégrinations du genre Homo depuis plus de deux millions d’années et nous permet de mieux comprendre d’où nous venons, comment nous nous sommes répandus sur la planète, et pourquoi nous sommes à la fois si différents et si uniques. La grande odyssée de l’évolution de l’Homme, Telmo Pievani et Valéry Zeitoun, Glénat, septembre 2020, 192 p., 30 € . E GRANDE ("I [US F 1 ». TELMO PIEwVlI yALÉRr zumpi oc L'HOMME « ri Science et politique YVES COPPENS SOUS LE SCEAU DU SE. Inventions LES IDÉES CNRSrriviroe. Véritable ancêtre des brevets, le système des plis cachetés mis en place au XVII e siècle par l’Académie des sciences permettait à chacun de déposer – sous un pli cacheté et signé – le résultat d’une recherche, innovation ou invention afin de pouvoir en revendiquer la primauté le cas échéant. À ce jour, plus de 18 000 de ces plis ont été déposés à l’Académie, dont la commission des plis cachetés continue d’en enregistrer une trentaine chaque année. Cet ouvrage, coordonné par le président actuel de cette commission, présente les plus remarquables de ces plis qui – de l’invention du coton-tige à la découverte de Lucy en passant par de nouvelles méthodes chirurgicales – permettent de retracer une histoire des sciences et des techniques, ainsi que les préoccupations des époques qui les ont vu naître. Sous le sceau du secret. Les plis cachetés de l’Académie des sciences, Edgardo-D. Carosellia (dir.), CNRS Éditions, septembre 2020, 240 p., 25 € . La pandémie de coronavirus a rendu explicites l’importance et l’ambiguïté du lien qu’entretiennent scientifiques et décideurs politiques, nous interpellant sur le rôle que peuvent jouer la connaissance et l’expertise scientifique en démocratie. Car si la science a, à plusieurs reprises dans l’Histoire, contribué à changer notre vision du monde et, parfois, à améliorer nos conditions de vie, son rôle dans la décision politique est aujourd’hui de plus en plus souvent contesté. En montrant comment les méthodes scientifiques permettent, ou pas, de faire émerger le « vrai », cet ouvrage propose plusieurs pistes pour rendre plus constructif le dialogue entre recherche, élus et citoyens. La Démocratie a-t-elle besoin de la science ?, Pierre Papon, CNRS Éditions, septembre 2020, 336 p., 15 € . N°301 59



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