CNRS Le Journal n°301 sep/oct/nov 2020
CNRS Le Journal n°301 sep/oct/nov 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°301 de sep/oct/nov 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : CNRS

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 15,3 Mo

  • Dans ce numéro : Françoise Combes, médaille d'or 2020 du CNRS.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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GRAND FORMAT Alice&Bob, correcteur de l’ordinateur quantique Loués pour leur puissance extraordinaire, les premiers ordinateurs quantiques ne sont pas pour autant fiables. « Actuellement, ils ont dix milliards de milliards de fois plus de chance de commettre une erreur qu’un système classique à transistors, affirme Theau Peronnin, doctorant au Laboratoire de physique de l’ENS 1 et CEO d’Alice&Bob. Ces problèmes sont dus à des décohérences  : des sortes de fuites entre le domaine quantique et l’environnement réel. C’est comme si la boîte du chat de Schrödinger était percée sans qu’on le sache. » L’équipe a obtenu expérimentalement un qubit de chat, c’est-à-dire un bit quantique dont le circuit est agrémenté d’un système de rétroaction qui corrige une partie des erreurs. L’objectif est, d’ici deux ou trois ans, de concevoir le tout premier qubit logique, aussi fiable qu’un transistor. Si le projet semble très en amont, les enjeux colossaux autour de l’ordinateur quantique font qu’Alice&Bob a déjà levé trois millions d’euros et vise une équipe d’une quinzaine de personnes. « Nous trouvions absurde que la communauté française travaille si bien sur les problèmes quantiques, insiste Theau Pe ronnin, mais laisse ensuite les autres s’emparer de ses publications pour les amener au-delà ALICE&BOB de la preuve de principe. » ii Vibiscus à l'assaut des nuisances sonores « En France, l’Agence de la transition écologique (Ademe) estime le coût social du bruit à 58 milliards d’euros par an, en comptant des facteurs comme l’impact du stress et du manque de sommeil sur l’espérance de vie, ainsi que les pertes de productivité », indique Gaël Matten, l’un des quatre cofondateurs de Vibiscus et postdoctorant à l’Institut Femto-ST 2. Les solutions pour réduire les nuisances sonores sont habituellement de deux ordres  : les matériaux passifs, comme une plaque de mousse absorbante, et le contrôle actif, par exemple un casque qui émet des fréquences spécifiques CNRS LE JOURNAL 18 S. QUARROZ/FEMTO-ST 5 jeunes pousses à suivre 1 ere puce qubit quantique autocorrectrice réalisée par Alice&Bob. pour masquer les sons alentour. La start-up Vibiscus se positionne à mi-chemin, grâce à un système de plaques couvertes de petites membranes qui changent de disposition selon les besoins. « On peut ainsi changer à volonté l’acoustique d’une pièce, Kalejtç'5rvn in Arngeri5 Ond anable j.15 lirileg qpiDn5up Q.paça da pas tweaking ihe iin m QI m détaille Gaël Matten. Dans un restaurant ou un open-space, on veut parfois que tout le monde puisse écouter quelque chose, puis revenir à un état où on n’entend plus les autres. » Les sons sont des vibrations de l’air. Or les modifications de forme de la surface absorbante affectent la vitesse et la pression de cet air, et transforment donc le son jusqu’à pouvoir le faire disparaître. Les systèmes de Vibiscus visent à équiper des locaux professionnels, mais l’équipe réfléchit également à des solutions pour atténuer le bruit de l’air conditionné, ainsi que celui des machines bruyantes. ii Gaël Matten tenant une plaque couverte de petites membranes sensibles au vibrations de l’air et mobiles qui permettent de changer à volonté l'acoustique d'une pièce. SPORTSDYNAMICS FABIEN CARRÉ/YANN GADAUD/BIO INSPIR'/CNRS PHOTOTHÈQUE Exemple de visualisation dynamique  : Match Olympique de Marseille - Amiens/Ligue 1
Système racinaire de la menthe aquatique dont Bio Inspir'étudie les vertus dépolluantes. SportsDynamics amène ses analyses sur la pelouse La dynamique des fluides a des applications bien surprenantes, jusqu’à étudier les mouvements des joueurs sur un terrain de football. La start-up SportsDynamics, fondée fin 2019 et qui a levé 400 000 euros, est ainsi issue du Laboratoire d’hydrodynamique 4, qui consacre une partie des travaux à différents sports. « Au football, beaucoup de statistiques sont déjà utilisées, comme le nombre de frappes ou de passes vers l’avant, explique Arnaud Santin, CEO de SportsDynamics. Elles ne prennent cependant pas en compte l’ensemble des actions et mouvements qui ont lieu sur le terrain au même moment, c’est pourquoi nous proposons à la place des indicateurs dynamiques. » Par exemple, la méthodologie brevetée et les outils associés détectent toutes les opportunités de passe et calculent en permanence la possibilité de casser la ligne du milieu ou de défense adverse. SportsDynamics offre, pour l’instant, ses services aux clubs professionnels de football. Lauréate du concours i-Lab, la start-up met l’accent sur son importante personnalisation, avec la possibilité de développer des indicateurs uniques pour un entraîneur et son staff, qu’il sera le seul à utiliser. Les médias pourraient également être intéressés et l’équipe envisage, à terme, d’étendre les outils à d’autres disciplines, dont les eSports. ii Bio-Inspir’, la dépollution vertueuse « Selon la même démarche qui anime le laboratoire de chimie bio-inspirée et innovations écologiques 3, on ne développe pas avec Bio-Inspir’une technologie particulière, mais une filière dans sa globalité, insiste Claude Grison, directrice scientifique des deux entités. Nous avons mis au point une technique de dépollution des systèmes aquatiques complètement naturelle, dont chaque élément est ensuite valorisé. » Tout est parti de l’étude de plantes invasives, considérées comme entièrement nuisibles et inutiles, qui ont révélé des propriétés étonnantes. Une fois leurs racines réduites en poudre et installées dans des colonnes d’eau, elles dépolluent les eaux usées jusqu’à atteindre, sans besoin Imescia couple polymères et molécules anti-tumorales d’ajouter de produits chimiques, les normes actuelles de rejets. Une fois qu’il ne fonctionne plus, ce filtre végétal se retrouve généralement gorgé des métaux qu’il a absorbés. « Il peut alors remplacer les catalyseurs métalliques employés, entre autres, pour fabriquer des cosmétiques, précise Claude Grison. À la fin, il ne reste aucun déchet et chaque étape de Bio-Inspir’a eu un impact positif sur l’environnement. » La start-up, fondée en début d’année, se concentre sur deux sites pilotes  : d’anciennes mines du Gard et de l’Aude dont les ruissel lements contaminent toujours les eaux avec du zinc, du plombou encore de l’arsenic. Elle compte sept personnes et a déjà levé un million d’euros. ii Certains médicaments en développement sont jusqu’à mille fois plus efficaces contre les tumeurs que les chimiothérapies actuelles… mais sont si puissants qu’ils attaquent aussi les cellules saines. Des effets indésirables lourds limitent alors leur utilisation. « Nous sommes les premiers à montrer que coupler ces anticancéreux à un polymère permet de contrôler les toxicités et d’injecter par la voie sous-cutanée, plus simple de prise en charge que la voie intraveineuse », explique Tanguy Boissenot, PDG d’Imescia. Pour cela, Imescia synthétise des polymères inédits et les adapte à ces anticancéreux très prometteurs. « Après la thèse d'Alexandre Bordat dans notre laboratoire, nous avons eu envie de créer une start-up pour amener nos médicaments aux patients, se souvient Nicolas Tsapis, directeur de recherches CNRS à l’Institut Galien Paris-Saclay (IGPS) 5 et conseiller scientifique d’Imescia. Dès nos premiers résultats, nous avons su que ces travaux méritaient d’être poussés au-delà de la simple preuve de concept. » Alexandre Bordat supervise à présent le développement technologique d’Imescia, tandis que Julien Nicolas, directeur de recherche CNRS à l’IGPS, apporte son expertise sur les prodrogues polymères. Lauréate du concours i-Lab et soutenue par le programme Rise de CNRS Innovation, l’équipe est en train de finaliser sa première levée de fonds pour avancer jusqu’aux essais cliniques. Elle cherche aussi de nouveaux partenaires industriels afin d’adapter ses polymères à leurs médicaments. ii OLLAWEILA - STOCK.ADOBE.COM INNOVATION Le paclitaxel est l'une des molécules utilisées en chimiothérapie anticancéreuse sur lesquelles Imescia peut adapter ses polymères. 1. Unité CNRS/ENS Paris/Sorbonne Université/Univ. de Paris. 2. Institut Franche-Comté électronique mécanique thermique et optique – sciences et technologies (Unité CNRS/Univ. Technique Belfrot-Montbeliard/Univ. Franche-Comté/ENSMM). 3. Unité CNRS/Univ. de Montpellier. 4. Unité CNRS/École Polytechnique. 5. Unité CNRS/Univ. Paris-Saclay. N°301 19



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