CNRS Le Journal n°301 sep/oct/nov 2020
CNRS Le Journal n°301 sep/oct/nov 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°301 de sep/oct/nov 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : CNRS

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 15,3 Mo

  • Dans ce numéro : Françoise Combes, médaille d'or 2020 du CNRS.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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SEBASTIAN MULLER GRAND FORMAT Autre point intéressant, le CNRS a créé des entreprises dans l’ensemble de ses disciplines  : 91 start-up en ingénierie, 78 en biologie, 78 dans le numérique, 47 en chimie, 7 en sciences humaines et sociales... En outre, la majorité trouve des applications bien concrètes sur des sujets importants pour la société  : médecine, biotechnologie, environnement, etc. Parmi les tendances de ces dernières années ? L’émergence du spatial ou le potentiel novateur du quantique, comme le prouve la start-up Alice&Bob (lire p.18) qui a réalisé une levée de fonds de trois millions d’euros depuis sa création en 2020. L’étude a également révélé un fait inattendu  : certains laboratoires seraient de véritables pépinières de start-up. En effet, un quart de celles créées entre 2002 et 2007 – soit soixante-quatorze – proviennent d’un groupe de sept unités. Quelle est la clé de la réussite de l’entrepreneuriat dans ces structures ? Pour Éric Mével, directeur du Centre lasers intenses et applications (Celia) 1 à Bordeaux, la raison est simple  : « Notre genèse et notre écosystème régional y étaient très propices ». En effet, le laboratoire a été créé en même temps qu’une plateforme de transfert technologique. De plus, il a bénéficié de l’expérience entrepreneuriale de son premier directeur, François Salin, qui avait réalisé de nombreux allers-retours entre les mondes Microscopie à fluorescence d'un modèle de cellules souches cancéreuses. CNRS LE JOURNAL 14 Croiser le fer contre le cancer  : telle est la stratégie de Raphaël Rodriguez, directeur de recherche au CNRS, pour lutter contre les cellules-souches cancéreuses résistantes aux traitements 1. Soutenue en 2019 par le programme Rise de CNRS Innovation, sa start-up SideROS – de sideros qui signifie « fer » en grec et « reactive oxygen species » (ROS) – marque le jalon des 1 500 start-up pour le CNRS. « Les cellules cancéreuses résistantes contiennent plus de fer et sont métaboliquement plus actives que les autres », explique le chercheur qui a breveté une molécule de synthèse, l’ironomycine. Bloquant le fer à l’intérieur des cellules, celle-ci entraîne la production d’espèces réactives de l’oxygène (ROS) toxiques pour la tumeur, menant à sa destruction. académique et industriel. Cinq start-up 2 ont ainsi vu le jour au Celia depuis sa création en 1999. Et comme une success story en appelle souvent une autre, les premières réussites de valorisation du laboratoire ont invité d’autres chercheurs à tenter l’expérience. Ces entreprises à forte valeur technologique attisent par la suite l’intérêt des industriels. « La dynamique d’innovation ouverte 3 fait que les industriels réalisent une veille de start-up. Ils ont un intérêt fort à suivre leur développement en vue d’un rachat. Ils gagnent ainsi en agilité par rapport à la conduite d’un projet de R&D classique en interne », explique Johanna Michielin. Un rachat est donc souvent synonyme d’industrialisation d’un produit. Une issue qui permet généralement de rendre accessible au plus grand nombre une avancée scientifique ou technologique. 1999  : un tournant pour les chercheurs-entrepreneurs Ce lien entre valorisation et recherche n’en est pas à ses débuts. Pour Denis Guthleben, attaché scientifique au Comité pour l'histoire du CNRS, la première start-up de l’organisme remonterait même à 1946. C’est la Société anonyme des machines électrostatiques (Sames), toujours en activité, fondée par le physicien Louis Néel. « Les archives montrent qu’après la guerre, les laboratoires allaient démarcher eux-mêmes des industriels qui étaient, quant à eux, un peu réticents à ce type de collaboration », ajoute-t-il, tout en rappelant que le CNRS est également à l’origine de l’Agence nationale de valorisation de la recherche (Anvar) en 1967, aujourd’hui connue sous le nom de Bpifrance. Depuis, l’écosystème français de l’innovation n’a eu de cesse d’évoluer pour soutenir les entreprises issues du monde académique. Car même si par nature, la recherche s’attaque à des thématiques sans applications en vue, elle peut parfois aboutir à une technologie qu’aucun autre acteur n’aurait eu les moyens ou le temps d’explorer. Ces jeunes entreprises novatrices constituent un pan important du panorama de l’innovation qui place la France SideROS, la 1 500 e start-up du CNRS, lutte contre le cancer SideROS a reçu dès 2019 le prix de la start-up innovante du concours i-Lab, organisé par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, en partenariat avec Bpifrance. Les tests in vitro ont confirmé l’efficacité de la molécule sur plusieurs cancers comme la leucémie, le cancer des ovaires ou certaines tumeurs du cerveau. Des preuves de concept précliniques in vivo sur des souris sont prometteuses pour une tumeur du sein. Reste à industrialiser les procédés de fabrication et évaluer la toxicité de l’ironomycine avant les premiers essais cliniques sur les humains prévus en 2022. Une levée de fonds de plusieurs dizaines de millions d’euros devrait financer ces essais. 1. Lire notre article dans CNRS le Journal n°299, p.45
FRÉDÉRIQUE PLAS/INMG/CNRS PHOTOTHÈQUE au 12 e rang des pays les plus innovants en 2020 4 (soit quatre places gagnées par rapport à 2019), devançant la Chine. Si elle talonne aujourd’hui sept autres nations européennes 5, la France se hisse chaque année dans le classement. « Elle a pour cela deux atouts majeurs  : les nombreux investissements qu’elle accorde à ses jeunes pousses et son statut de pays européen attirant le plus d’investisseurs étrangers », précise Jules Meunier. Mais elle doit surtout beaucoup à la loi Allègre de 1999 sur l’innovation. Celle-ci a favorisé le transfert de technologies de la recherche publique vers les entreprises notamment via la création de start-up. « Elle a simplifié la mobilité des chercheurs vers l’entreprise en clarifiant leur statut. Ceux-ci peuvent devenir associés, dirigeant d’une start-up, ou conseiller scientifique d'une entreprise. Leur participation est fondamentale pour la réussite d’un spin-off », précise Johanna Michielin. Encore aujourd’hui, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le nombre de start-up académiques a pratiquement doublé en dix ans en France. Le CNRS occupe le haut du podium avec une centaine de nouvelles entreprises par an. C’est plus de la moitié des créations françaises ! Et depuis... Lauréate de la médaille de l’innovation du CNRS en 2018, Valérie Castellani, biologiste à l’institut NeuroMyoGene (INMG), ici aux côtés de Thibault Gardette (doctorant), a cofondé la start-up Oncofactory. Ses recherches portent sur les mécanismes soustendant la génération des neurones dans l’embryon. Domaines d’application des start-up CNRS créées entre 1999 et 2019 0 100 200 300 400 500 434 - Data/TIC/Logiciel 272 - Biologie, Santé 186 Medtech 126 Industrie et production 113 Environnement 98 Matériaux et mécanique 71 - Energie 69 - Diagnostic 67 Industrie chimique 61 Education et culture 47 Transports et mobilités 40 - Agroalimentaire 24 Instrumentation 20 Chimie 5 Fintech Illink...INNOVATION 1. Unité mixte CEA/CNRS/Université de Bordeaux 2 Amplitude Systèmes (intégrée dans Amplitude), Eolite, Azur Light Systems, FemtoEasy, Irisiôme 3. Une recherche scientifique ouverte sur le monde et des acteurs économiques 4. Selon l'indice international Global innovation index de 2020 5. La Suisse et la Suède occupent les deux premières places du classement. N°301 15



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