CNRS Le Journal n°300 jun/jui/aoû 2020
CNRS Le Journal n°300 jun/jui/aoû 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°300 de jun/jui/aoû 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : CNRS

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 9,6 Mo

  • Dans ce numéro : spécial covid-19.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ENHANCED IMAGE BY GERALD EICHSTÄDT AND SEAN DORAN (CC BY-NC-SA) BASED ON IMAGES PROVIDED COURTESY OF NASA/JPL-CALTECH/SWRI/MSSS EN ACTION UNIVERS Astrophysique. La sonde Juno orbite depuis près de quatre ans autour de Jupiter, dévoilant la dynamique et la structure interne de la géante gazeuse. Premier bilan d’une mission qui pourrait être prolongée jusqu’en 2026. PAR VAHÉ TER MINASSIAN Les chercheurs commencent tout juste à interpréter la moisson de données récoltées au cours de la mission Juno, en orbite autour de Jupiter depuis bientôt quatre ans. Quand en 2011, la Nasa lance Juno en vue d’étudier la structure interne, la formation et la dynamique de l’atmosphère et de la magnétosphère de la géante gazeuse, elle estime que la sonde ne pourra résister au mieux que dix-huit mois aux dangereuses ceintures de radiations de la planète. L’engin spatial doit, en effet, réaliser une série de révolutions qui va le faire passer tous les 14 jours entre l’astre géant et ses ceintures de radiation chargées de particules accélérées mortifères pour l’électronique de bord. Mais le 4 juillet 2016, lors de l’insertion autour de Jupiter sur une orbite de 53 jours, un dysfonctionnement du moteur principal a été détecté, laissant craindre que l’allumage suivant – destiné à raccourcir l’orbite à 14 jours – soit fatal. Toutes les options ont été étudiées et, après vérification, 1. Unité CNRS/Observatoire de Paris-PSL/Sorbonne Université/Université de Paris. CNRS LE JOURNAL 60 Jupiter se dévoile l’orbite de 53 jours avait les caractéristiques adéquates. Il a été décidé d'y maintenir la sonde, mais la Nasa a été contrainte de repousser la fin des opérations de 2017 à 2021, un minimum de 35 survols étant nécessaire à Juno pour atteindre ses objectifs. Cerner la nature de la géante « La nouvelle orbite a, heureusement, exactement les mêmes qualités que la première, explique Philippe Zarka, directeur de recherche au Laboratoire d'études spatiales et d'instrumentation en astrophysique (Lesia), et coinvestigateur de la mission Juno. Elle passe au-dessus des pôles et de l’équateur aux mêmes altitudes de 10 000 et de 5 000 kilomètres environ. Et elle survole aussi une longitude différente à chaque passage, donnant à la sonde la possibilité de balayer la totalité de la surface de la planète en profitant de la rotation de cette dernière sur elle-même. Elle a en plus l’avantage, étant plus allongée, de traverser la magnétopause,
DATA:NASA/JPL-CALTECH/SWRI/MSSS ; PROCESSING  : KEVIN M. GILL, CC BY Un anticyclone (en blanc) dans la haute atmosphère de Jupiter. cette zone frontière magnétique mal connue le long de laquelle est dévié le vent solaire. » Alors qu’elle entame sa 26 e orbite, Juno peut se targuer de belles réussites. La mission avait notamment pour objectif de cartographier le champ gravitationnel jovien avec une précision cent fois supérieure aux cartes réalisées jusqu’ici. Grâce à cette carte, les scientifiques ont pu mieux cerner la nature du cœur de Jupiter. Ce dernier ne serait pas constitué d’une graine métallique solide comme le supposaient certaines théories, mais d’un noyau diffus d’une masse dix fois supérieure à celle de la Terre et composé d’éléments chimiques plus lourds que l’hélium. Ce qui, selon les chercheurs, privilégie l’hypothèse d’une collision avec un objet de la taille d’Uranus au moment de la formation de Jupiter. Juno a aussi livré de précieuses informations sur l’atmosphère de ce monde 318 fois plus massif que la Terre. Elle a ainsi mesuré que les fameuses bandes colorées caractéristiques de sa surface ont une épaisseur de l’ordre de 3 000 kilomètres, tandis que la Grande Tache rouge est plus superficielle  : 300 km à peine d’épaisseur. Les mesures réalisées lors des précédentes missions montrent que ce titanesque anticyclone de 15 000 km de long et de 12 000 de large, semble avoir fortement rapetissé au Vortex octogonal de 2 000 km de large, observé par Juno au pôle Nord de Jupiter. cours de ces trente dernières années. Juno pourrait nous en apprendre plus sur ce déclin qui, s’il se poursuit, implique une disparition complète de cette tache emblématique d’ici à 35 ans… La sonde a également fourni des clichés inédits des pôles où les astronomes ont eu la surprise d’observer des ensembles de cyclones régulièrement répartis autour d’un vortex central  : huit au Nord, formant un octogone et cinq au Sud, disposés aux sommets d’un pentagone. À la recherche d’eau Les mesures réalisées en 1995 par la sonde atmosphérique de la mission Galileo juste avant sa désintégration avaient détecté très peu d’eau. Les observations de Juno semblent en revanche indiquer que les brumes d’ammoniac qui recouvrent la planète masquent par endroits des nuages d’eau circulant à des attitudes plus basses. « Juno a relevé une grande disparité des teneurs de certains gaz comme l’ammoniac à l’échelle de la planète, ainsi qu’une abondance d’éclairs d’orages près des pôles, explique Philippe Zarka. Cela accrédite la thèse selon laquelle Galileo était tombée dans une région équatoriale particulièrement aride mais qu’ailleurs de l’eau est bel et bien présente. » Enfin, l’engin a mesuré avec une telle précision le champ magnétique jovien qu’il a été possible d’établir que ce champ connaît des variations séculaires, tout comme celui de la Terre. Ces informations ont ainsi permis à l’équipe du Lesia de modéliser les propriétés des émissions radio de Jupiter. L’aventure de Juno est loin d’être terminée. Les chercheurs comptent demander à la Nasa de prolonger son fonctionnement de cinq ans, pour un total de 77 orbites décrites. Avec trois objectifs  : récolter un supplément de données, étudier l’environnement de Jupiter au moment d’un regain d’activité du Soleil et réaliser des survols multiples des lunes joviennes, Ganymède, Europe et Io. ii (W1 Lire l’intégralité de l’article sur lejournal.cnrs.fr En bref EN ACTION NOMINATION François Houllier, président-directeur général de l’Ifremer, a été élu, le 23 avril, président de l’Alliance nationale de recherche pour l'environnement (AllEnvi). RÉCOMPENSE Le Grand Prix d’archéologie 2020 de la Fondation Simone et Cino Del Duca – Institut de France, est attribué à la mission franco-hellénique de Dikili Tash en Grèce, pour ses travaux sur cet habitat essentiellement protohistorique (du 7 e au 2 e millénaire av. J.-C.). La mission est dirigée, du côté français, par Pascal Darcque et Zoï Tsirtsoni du laboratoire Archéologies et sciences de l'Antiquité (ArScAn). EUROPE Onze projets hébergés par le CNRS sont lauréats de l'appel Advanced Grant 2019 du Conseil européen de la recherche, qui finance cette année 185 scientifiques confirmés et reconnus tant au niveau national qu’international, pour un montant total de 450 millions d'euros. INNOVATION Le projet pilote du Conseil européen de l’innovation (EIC), destiné à détecter et développer des innovations technologiques, a annoncé le 11 mai dernier les 35 projets sélectionnés. Sur les 15 projets impliquant un partenaire français, huit incluent une unité du CNRS et de ses partenaires. PARTENARIAT Le Laboratoire plasmas et conversion d’énergie (Laplace) et la société NXP viennent de créer le laboratoire commun Sema (Systèmes embarqués pour la mobilité autonome). Ses travaux portent sur la sûreté de fonctionnement des électroniques embarquées, notamment pour les véhicules autonomes. NOMINATIONS Le 1er mai, Francesca Grassia a été nommée secrétaire générale du Comité national de la recherche scientifique (CoNRS). Le 15 avril, Arnaud Lalo a de son côté été nommé responsable Opérations auprès du directeur général délégué à la science du CNRS. N°300 r 61



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