CNRS Le Journal n°300 jun/jui/aoû 2020
CNRS Le Journal n°300 jun/jui/aoû 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°300 de jun/jui/aoû 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : CNRS

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 9,6 Mo

  • Dans ce numéro : spécial covid-19.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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SPÉCIAL COVID-19 « Face aux pandémies, les sciences de l’écologie sont plus que jamais nécessaires » VIVANT SOCIÉTÉS C es derniers mois, la communauté scientifique s’est mobilisée dans l’urgence face au virus SARS-CoV-2, pour apporter des réponses et orienter les décisions des gouvernements. En son sein, les champs de l’écologie et de l’évolution sont capitaux pour comprendre l’émergence d’un virus et la propagation de la maladie 36 Point de vue. Dans cette tribune, un collectif de scientifiques plaide l’importance de la recherche en écologie et évolution pour comprendre les phénomènes d’émergence de maladies infectieuses, et anticiper les menaces futures. PAR UN COLLECTIF DE SCIENTIFIQUES DU LABORATOIRE CREES 1 CNRS LE JOURNAL infectieuse qui pourrait lui être liée. Car si cette pandémie est de nature exceptionnelle, elle n’est malheureusement pas une surprise. Le SARS- CoV-2 est l’exemple parfait d'une zoonose, c’est-à-dire le résultat du passage d’un pathogène de l’animal vers l’humain. Environ 60% des nouvelles maladies infectieuses qui apparaissent chez les humains aujourd’hui sont le résultat d’un tel phénomène. Les sources sont soit la faune sauvage, comme cela semble être le cas pour le SARS-CoV-2, soit les animaux d’élevage ou de compagnie. Les virus de la rougeole (issu des bovins), de la grippe (issu des oiseaux), de l’immuno déficience humaine (VIH, issu des singes), Ebola (issu vraisemblablement des chauves-souris) ou encore certains agents du paludisme (issu des singes) en sont les exemples les plus emblématiques. L’émergence d’une maladie infectieuse est la résultante de trois événements  : tout d’abord, un contact répété entre une ou plusieurs espèces animales infectées par un pathogène et l’espèce humaine. Ensuite, il faut qu’il y ait transmission du pathogène de l’animal à l’humain. Enfin, l’épidémie progresse par diffusion du 1. Centre de recherches en écologie et évolution de la santé, laboratoire Maladies infectieuses et vecteurs  : écologie, génétique, évolution et contrôle (CNRS/IRD/Univ. de Montpellier).
pathogène dans une population, si et seulement si le pathogène peut se transmettre de façon stable d’un individu à l’autre par contact direct ou indirect. Les disciplines de l’écologie et de l’évolution permettent justement l’analyse du fonctionnement des pathogènes dans leur(s) environnement(s) et la caractérisation de ces différentes étapes. Des réservoirs de pathogènes Cela commence par l’identification des pathogènes circulant naturellement au sein de communautés animales, qui peuvent jouer le rôle de réservoirs, et des risques qu'ils représentent pour les humains. Documenter et suivre leur dynamique dans la faune sauvage n’est pas une tâche aisée et de nouvelles approches doivent être développées avec les écologues. Certains insectes peuvent par exemple être utilisés comme outils de surveillance indirecte des pathogènes  : des mouches à viande ont été capturées en forêt africaine pour évaluer quelles espèces animales étaient affectées par l’anthrax ; et des mouches tsé-tsé ont été utilisées comme moyen d’obtenir du sang des animaux sauvages pour détecter la présence de pathogènes d’importance médicale et vétérinaire. Il est ensuite capital de déterminer quand, comment et où le contact entre les espèces et la transmission à l’humain pourraient avoir lieu. Grâce à l’écologie et à l’anthropologie, qui fournissent à la fois des informations sur les aires de distribution et les déplacements animaux, et des connaissances sur les interactions entre populations animales et humaines, il est possible d’estimer (notamment avec à la modélisation Scientifiques, en combinaison de protection, à la recherche de nouvelles souches du virus Ebola parmi la faune sauvage, en Sierra Leone (Janvier 2019). ÉCOLOGIE SIMON TOWNSLEY/REA mathématique) les risques spatiotemporels de contact entre les différentes populations. Enfin, il est nécessaire de comprendre comment les communautés animales interagissent et sont structurées dans l’espace et dans le temps, ce qui peut influer sur la dynamique de certaines maladies infectieuses et donc leur probabilité d’émergence chez les humains. Du changement climatique à la perte massive de la biodiversité, l’analyse des processus à l’origine de l’expansion d’un pathogène, incluant comportements humains et pratiques culturelles, devient primordiale. Par exemple, il a pu être démontré que la consommation de viande de poulet crue avait entraîné des cas mortels d’infection au virus H5N1 chez l’humain. Il faut aussi considérer les changements que nous imposons aux écosystèmes du fait de l’aug- … N°300 37



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