CNRS Le Journal n°300 jun/jui/aoû 2020
CNRS Le Journal n°300 jun/jui/aoû 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°300 de jun/jui/aoû 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : CNRS

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 9,6 Mo

  • Dans ce numéro : spécial covid-19.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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SPÉCIAL COVID-19 L’après sera-t-il comme avant ? De nombreuses interrogations ont émergé sur le changement de pratiques dans les laboratoires et dans les bureaux du plus grand organisme de recherche français. Le plan de retour à l’activité (PRA) du CNRS, mis en place par la cellule de crise et communiqué à ses 32 000 agents avant la première phase de déconfinement du 11 mai dernier, reprend toutes les mesures exigées par le gouvernement  : distanciation physique, circulation en sens unique, distributeurs de gel hydroalcoolique, port de masques, etc. Alors que s’ouvre ce nouveau chantier avec les problématiques qui l'accompagent, le mot « télétravail » est sur toutes les lèvres. Un bilan positif mais des situations différentes « Nous sommes à l’heure du bilan. Il s’agit de prendre le temps de regarder ce qui a bien fonctionné et les problèmes que nous avons rencontrés », explique Hugues de La Giraudière, directeur des ressources humaines du CNRS, qui préfère parler de « travail à distance » plutôt que de « télétravail » pour il lustrer cette période. En effet, pendant près de deux mois, si environ 12% des agents ont maintenu une activité essentielle sur site (recherche, maintenance d’équipements, tâches administratives) et moins de 2% étaient en autorisation spéciale d’absence (ASA), près de 75% des agents du CNRS – soit plus de 24 000 personnes – ont pu poursuivre leur activité à distance « à plein temps ». Mais'MM/11/fflMe/fflM, Travail à distance  : les premières leçons de la crise « Manque de vie sociale au travail, isolement, manque de matériel adéquat  : il a fallu répondre à tous ces besoins dans l’urgence. » CNRS LE JOURNAL 12 Malgré la fermeture de la quasi-totalité des laboratoires de recherche et des bureaux administratifs, la plupart des 32 000 agents du CNRS ont pu poursuivre leur activité à distance. 75% des agents ont poursuivi leur activité à distance « à plein temps » « nous avons vécu un télétravail dégradé, car habituellement, c’est avant tout un choix qui s’opère dans des conditions très différentes  : comment travailler normalement alors qu’il faut garder ses enfants, que son conjoint ou sa conjointe exerce aussi son activité professionnelle à la maison, dans un espace de vie qui peut être restreint ? », observe-t-il. Pour aider les personnels comme les encadrants à mieux gérer cette situation totalement inédite, la direction des ressources humaines du CNRS a rapidement élaboré un guide sur la gestion du travail à distance. « Manque de vie sociale au travail pour certains, isolement, manque de matériel adéquat  : il a fallu répondre à tous ces besoins dans l’urgence », rappelle Hugues de La Giraudière. Car la pression allait arriver en parallèle sur deux fronts  : porter une attention particulière aux agents en difficulté et s’assurer que tous les outils nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme étaient accessibles en ligne. Avant le confinement, la médecine de prévention du CNRS avait déjà mis en place des consultations en ligne pour accompagner et suivre les personnes les plus à risque. « Certaines personnes ont aussi vécu très difficilement l’arrêt brutal de leurs recherches en laboratoire et la perte de mois de travail », pointe Arnauld Vasseur, médecin coordinateur national du CNRS. Dès le début du confinement et jusqu’à aujourd’hui, un psychologue du travail a été exclusivement dédié aux agents du CNRS grâce à une convention avec la Mutuelle générale de l’Éducation nationale (MGEN). Autre point de vigilance, la charge mentale souvent décuplée pour les femmes. « Renforcée en temps de confinement, l’inégale répartition des tâches domestiques et du temps consacré aux enfants, surtout quand ils n’ont pas classe, a pu rendre une partie des collègues femmes moins
Il disponibles Deux colocataires partagent le même espace pour le télétravail pendant le confinement, à Montreuil (Seine-Saint-Denis). pour poursuivre la rédaction d’articles, leur habilitation à diriger des recherches, participer à des audio- ou visioconférences ou répondre à des appels d’offres », explique Elisabeth Kohler, directrice de la Mission pour la place des femmes au CNRS, rappelant que cela a été valable tant pour les chercheuses que pour les ingénieures et techniciennes (IT). Déployer des outils en temps de crise Côté administratif, la mise en place du télétravail progressif en 2019 – bénéficiant à près de 9% des agents à raison d’une journée par semaine en moyenne – a beaucoup facilité les choses. « Imaginez les difficultés que nous aurions rencontrées si aucun processus n’avait été numérisé ! Je pense par exemple à l’application Agate pour les congés ou le dépôt des jours télétravaillés, à Ariane pour l’envoi des arrêts de travail, à Sirhus pour les dossiers annuels », ajoute Hugues de La Giraudière qui compte bien accélérer cette dynamique. Dans les délégations régionales, un système a rapidement été mis en place pour assurer la mise en paie de tous les contrats par une équipe dédiée. Si de nombreux processus juridiques et financiers ont été dématérialisés, d’autres manquent encore à l’appel tels que la signature électronique ou le traitement des missions. « C’est en cours, mais pas encore effectif. La situation exceptionnelle que nous avons vécue va nous obliger à repenser et à renforcer l’organisation du travail à distance », explique Ghislaine Gibello, déléguée régionale Provence et Corse. Mais c’est surtout du côté des réseaux que la difficulté allait arriver. 9% des agents pratiquent un jour de télétravail par semaine, en moyenne ENQUÊTE Jean-Marc Voltini, qui pilote la Direction des systèmes d’information (DSI) du CNRS, n’en est pas à sa première crise. « Nous avions déjà dû gérer des pics de connexions pendant les grèves de cet hiver », rappelle-t-il, faisant surtout référence à la saturation des outils de visioconférences comme MyCom ou RV/Renavisio de Renater. Pour répondre au besoin soudain et amplifié de cette période de confinement, la DSI a déployé en un temps record l’application de vidéoconférence Tixeo, qui permet à la fois la sécurité des données (impossible sur Zoom et consorts) et la compatibilité avec tous les systèmes (Windows, Mac, Linux). « Après une période de mise au point, notamment pour les Mac, nous avons pu constater que 90% des problèmes de visio étaient liés non pas aux outils, mais aux débits internet disponibles. » Pour répondre à une autre saturation, celle des boîtes mail – deux à trois fois plus engorgées qu’en temps normal –, l’outil de chat Citadel a été largement déployé et « utilisé dans certaines directions plus que d’autres », constate Jean-Marc Voltini, conscient que l’apprentissage de son utilisation au quotidien reste à faire. Autre évidence qui ressort de cette crise  : l’importance des ordinateurs portables. « On ne commandera plus de postes fixes, y compris pour les services administratifs », ajoute-t-il. Accélérer la réflexion sur l’organisation du travail La période de confinement a vu plus de participation aux réunions qu’en temps normal. Thomas Lautier, chercheur au Toulouse Biotechnology Institute, en détachement à Singapour, en est convaincu. « La moitié des humains rassemblée au même endroit, certes virtuel, au même moment, a été fédérateur. Cette période d'isolement a été propice à une maturation d’idées scientifiques partagées », indique-t-il. … REMI DECOSTER/HANS LUCAS/HANS LUCAS VIA AFP N°300 13



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