CNRS Le Journal n°246-247 juil/août 2010
CNRS Le Journal n°246-247 juil/août 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°246-247 de juil/août 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : CNRS

  • Format : (215 x 280) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 3,6 Mo

  • Dans ce numéro : Qui étaient vraiment les Gaulois

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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4 ÉCLATS UNE ALLIANCE POUR LES SCIENCES HUMAINES Une cinquième alliance pour la recherche autour des sciences humaines et sociales (SHS) a vu le jour le 22 juin dernier. Les quatre membres fondateurs de cette alliance, baptisée Athena, sont le CNRS, la Conférence des grandes écoles (CGE), la Conférence des présidents d’université (CPU) et l’Institut national des études démographiques (Ined). Athena a pour objectif d’améliorer la coordination entre les acteurs français des SHS et de bâtir une réflexion prospective à long terme pour répondre aux attentes de la société. Président du CNRS, Alain Fuchs présidera cette alliance. ➔ LE SUCCÈS SCIENTIFIQUE Premiers résultats pour Tara Océans Des virus et des gènes inédits, une nouvelle espèce animale, des détails précieux sur les courants… Les « marins-chercheurs » de la mission Tara Océans ont tout lieu de se réjouir. Après neuf mois passés en mer, ils ont déjà obtenu une belle moisson de résultats. Entamée le 5 septembre 2009, l’expédition Tara Océans a pour objectif l’étude des écosystèmes marins planctoniques. Comme le rappelle Eric Karsenti, chercheur du CNRS au Laboratoire européen de biologie moléculaire (EMBL) et codirecteur de la mission, « les microorganismes marins sont très peu étudiés. Or ils sont un marqueur important de l’état des océans et du climat : ils contribuent pour moitié à la production de l’oxygène que nous respirons, ils piègent le dioxyde de carbone, donc participent à la régulation climatique, et ils sont bien sûr la base de la chaîne alimentaire ». Fruit d’une collaboration entre partenaires privés et publics, Tara Océans s’organise autour du voilier Tara, qui va parcourir 150 000 kilomètres en trois ans. Un tour des mers qui a débuté par la côte Atlantique (Tara a appareillé à Lorient), la Méditerranée et l’océan Indien. Chaque mois, plus d’une tonne d’échantillons vivants sont envoyés à terre, où une vingtaine de laboratoires prennent le relais des scientifiques à bord. Déjà, de nouvelles espèces de virus bactériens ont été identifiées. Le séquençage massif de l’ADN Le journal du CNRS n°246-247 juillet-août 2010 DR ➔ L’ÉVÉNEMENT Un nouveau directeur pour l’Insu Jean-François Stéphan vient d’être nommé directeur de l’Institut national des sciences de l’univers (Insu) du CNRS. Il remplace Dominique Le Quéau, à la tête de l’Insu depuis 2006. Professeur à l’université de Nice-Sophia Antipolis au sein de l’unité GéoAzur, partie prenante de l’Observatoire de la Côte d’Azur, Jean-François Stéphan est spécialiste de la tectonique et de la géodynamique des chaînes de montagne récentes. Né en 1949, il a débuté sa des organismes recueillis, effectué au Genoscope, à Évry, a montré que plus de 90% de leurs gènes n’avaient jamais été rencontrés auparavant. Une nouvelle espèce d’Amphioxus, petit animal au corps allongé et transparent, a été découverte. Et, si la biologie marine est à l’honneur, l’océanographie physique n’est pas en reste. Grâce à une flotte de six gliders – des planeurs sous-marins – les scientifiques ont pu caractériser avec un niveau de détail jamais atteint un petit tourbillon au sud de Chypre. Une expérience qui, en étant renouvelée au fil du périple, permettra de mieux cerner les structures océaniques qui séparent les écosystèmes marins. Stationné tout l’été au Cap, en Afrique du Sud, pour y subir une révision complète, le navire entamera sa traversée de l’Atlantique sud en septembre. © M.Ormestad Kahikai/Tara Océans carrière scientifique au CNRS en 1977, à Paris, puis à Brest. Devenu directeur de recherche en 1986, il quitte la Bretagne pour la Côte d’Azur et intègre l’Institut de géodynamique, à Nice, dont il devient le directeur de 1989 à 1995, tout en rejoignant l’université. Médaillé de bronze du CNRS en 1985 et lauréat du prix James-Hall, de l’Académie des sciences, Jean- François Stéphan est coauteur d’environ 150 publications, dont près de 60 dans des revues internationales. Julia Kempe, une Femme en or Julia Kempe, 36 ans, informaticienne à l’interface entre la physique et les mathématiques, a reçu le trophée Femme en or 2010 dans la catégorie recherche. Berlinoise d’origine russe, cette spécialiste du calcul quantique conçoit des algorithmes destinés aux ordinateurs quantiques. En 2001, elle devient chargée de recherche au CNRS, au Laboratoire de recherche en informatique (LRI) 1. Depuis 2007, elle était détachée à l’université de Tel Aviv, en Israël. Mais, depuis le mois de juin, elle est de retour au LRI. Julia Kempe avait notamment été distinguée en 2006 par le prix Irène-Joliot-Curie de la Jeune Femme scientifique et par la Médaille de bronze du CNRS 2. 1. Laboratoire CNRS/Université Paris-XI. 2. Lire « Héroïne de comptes quantiques », Le journal du CNRS, n°207, p. 36. À la base de la chaîne alimentaire et associés à de nombreux processus physico-chimiques, les micro-organismes marins nécessitent une étude approfondie. © Femme en or 2010
© N. Tiget/CNRS Photothèque Patrice Bourdelais Directeur de l’Institut des sciences humaines et sociales (INSHS) du CNRS Avec ce numéro du Journal du CNRS, vous allez changer d’avis sur les Gaulois. Ils n’étaient pas les barbares que trop de livres d’histoire se sont plu à conter ; ils avaient au contraire atteint un haut niveau de civilisation. Ce degré de sophistication n’aurait jamais été révélé sans les fouilles menées en France par les archéologues, en particulier ceux du CNRS. Il est aujourd’hui indéniable que la contribution de l’organisme à l’archéologie française est majeure, du fait non seulement des 300 chercheurs et des 350 ITA engagés dans les 36 unités dont c’est le domaine principal d’action, mais aussi des caractéristiques transversales de la discipline et des techniques qu’elle mobilise. Preuves de cette transversalité : le Laboratoire du centre de recherche et de restauration des musées de France, spécialisé dans la caractérisation des matériaux, dépend de l’Institut de chimie (INC) du CNRS, et le Laboratoire de mesure du carbone 14, où s’effectuent les datations grâce au spectromètre de masse par l’accélérateur Artemis, relève, lui, de l’Institut national des sciences de l’univers (Insu). Six autres unités, tournées vers le paléoenvironnement et la Préhistoire, travaillent dans le cadre de l’Institut écologie et environnement (Inee). L’Institut des sciences humaines et sociales (INSHS) anime par conséquent les 28 autres unités – de la Préhistoire au Moyen Âge, voire au-delà –, sans compter les Maisons des sciences de l’homme (MSH) très fortement tournées vers l’archéologie. À ce réseau déjà dense s’ajoutent les 10 Unités mixtes des instituts français à l’étranger (Umifre), en cotutelle avec le ministère des Affaires étrangères et européennes, dans lesquelles l’archéologie est très présente, voire prédominante. Nos équipes quadrillent ainsi le territoire français et sont présentes sur le pourtour du Bassin méditerranéen et sur tous les continents par le biais de édito edito ÉDITO Le CNRS, acteur majeur de l’archéologie française conventions avec l’École française d’Extrême-Orient (EFEO), l’Institut français d’archéologie orientale, l’École française d’Athènes, l’École française de Rome, la Casa de Velázquez… Une présence française s’illustrant par des fouilles et souvent doublée d’une mission de formation auprès des étudiants locaux. Peu présente à l’université, l’archéologie se fait donc essentiellement dans les UMR et certaines disciplines, comme l’archéologie extraeuropéenne ou l’archéométrie, ne sont même guère pratiquées qu’au CNRS. Évidemment, l’organisme n’agit pas seul. En France, le multipartenariat est de mise. Le ministère de la Culture et de la Communication assure la cotutelle de certaines UMR et une convention unit le CNRS et l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap). Et les collectivités locales et territoriales contribuent parfois au financement de chantiers de fouilles, voire de Maisons de l’archéologie, ainsi qu’à celui des musées. Sur le plan scientifique, le Comité de l’archéologie, instance consultative adossée à l’INSHS du CNRS, constitué de personnalités compétentes des différents domaines culturels et de représentants des ministères impliqués et du Centre national de la recherche archéologique, s’efforce d’assurer une meilleure fluidité entre les diverses communautés institutionnellement dispersées, de faciliter les collaborations transversales en France et à l’étranger. Il a récemment participé au comité d’organisation du colloque L’Archéologie en mouvement : hommes, objets, espaces et temporalités, qui s’est tenu à la fin du mois de juin au siège du CNRS. Un colloque à succès où a été prise la mesure des mutations récentes de la discipline, des avancées techniques et des risques d’émiettement, et où ont été discutées les grandes directions de recherche à privilégier au cours des années prochaines. Cet éditorial a été coécrit avec Sophie Archambault de Beaune, directrice adjointe scientifique à l’INSHS. Le journal du CNRS n°246-247 juillet-août 2010 5



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