CNRS Le Journal n°246-247 juil/août 2010
CNRS Le Journal n°246-247 juil/août 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°246-247 de juil/août 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : CNRS

  • Format : (215 x 280) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 3,6 Mo

  • Dans ce numéro : Qui étaient vraiment les Gaulois

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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34 INSITU PIOTR SLONIMSKI Hommage à l’un des pionniers de la génétique ÀGif-sur-Yvette, le 8 juillet prochain, le Centre de génétique moléculaire (CGM) 1 organise un colloque en mémoire de l’un de ses anciens directeurs, disparu le 25 avril 2009, à l’âge de 86 ans : Piotr Slonimski 2. Décoré de la Médaille d’or du CNRS en 1985, membre de l’Académie des sciences, ce scientifique d’origine polonaise fut l’un des fondateurs de la génétique mitochondriale 3. Il joua également un rôle déterminant dans le premier séquençage du génome complet d’un organisme eucaryote, la levure de boulangerie Saccharomyces cerevisiae. Les travaux de ce pionnier contribuèrent largement à l’essor de la génétique moléculaire dans l’Hexagone pendant la SISMOLOGIE Une mission spéciale dépêchée au Chili Cinq jours après le séisme de magnitude 8,8 survenu le 27 février au Chili, un avion d’assistance affrété par la France a atterri à Santiago. À son bord figurent des géophysiciens. Organisée par la cellule post-sismique nationale française de l’Institut national des sciences de l’univers (Insu) du CNRS et coordonnée par le Laboratoire international associé (LIA) Montessus de Ballore 1, en collaboration avec l’IRD, leur mission est urgente : la terre, encore déformée, se réajuste. Au plus vite, des mesures s’imposent pour déterminer les caractéristiques du deuxième plus grand séisme jamais enregistré au Chili, l’ampleur de ses centaines de répliques et ses conséquences en terme de risque sismique. Pour cela, les quinze scientifiques français 2 ont déployé sur 600 kilomètres plus d’une tonne d’instruments amenés de France par l’avion d’assistance : des GPS, accéléromètres et sismomètres, qui captent respectivement le déplacement du Le journal du CNRS n°246-247 juillet-août 2010 seconde moitié du XX e siècle, puis au développement de la génomique. Mais l’une de ses grandes fiertés fut aussi sa participation à la création du premier DEA français de génétique moléculaire et cellulaire dans les années 1960. « Durant plus de trente ans, il a formé un très grand nombre de généticiens, dont la plupart de ceux qui évoluent aujourd’hui au CNRS, rappelle Geneviève Dujardin, directrice de recherche du CNRS au CGM et ancienne collaboratrice de Piotr Slonimski. Et comme moi, beaucoup en gardent un souvenir inoubliable ! » Pour ce colloque hommage, quinze spécialistes de renommée internationale viendront d’Allemagne, d’Autriche, de Belgique, du Canada, des États-Unis, de France, du Royaume- sol, son accélération et sa vitesse. Jusqu’en octobre, ils reviendront régulièrement s’occuper de ce réseau temporaire. Ils ont par ailleurs évalué, par des observations, les mouvements de terrain et l’importance dutsunami postsismique. S’il n’était pas vraiment une surprise – un séisme de 8- 8,5 était probable « dans le futur proche », écrivaient en 2009 dans la revue Physics of the Earth and Planetary Interiors neuf chercheurs, dont Christophe Vigny, qui participe à cette mission –, le séisme soulève des questions cruciales sur la durée du choc principal, l’énergie relâchée, la dynamique de glissement des plaques, les mécanismes des répliques ou encore la dimension de la zone de rupture. Pour percer ces mystères, il faudra exploiter les nombreuses données que commence à livrer cette mission Uni et de Pologne faire le point sur les thématiques développées par leur ancien confrère, compétiteur et ami. Trois grands domaines seront abordés. Tout d’abord des travaux sur le fonctionnement de la mitochondrie, les maladies humaines liées à certaines de ses mutations génétiques ou bien encore l’étude de leur ADN pour comprendre l’évolution. Le deuxième volet concernera les mécanismes moléculaires liés à l’ARN, cette molécule issue de la transcription de l’ADN et indispensable à la synthèse des protéines. Enfin, plusieurs interventions porteront sur les génomes de levures et de bactéries, leur composition et leur évolution au cours du temps. Près éprouvante en raison des dommages humains et matériels très importants. Une archive mise à disposition des chercheurs du monde entier regroupera toutes les données sismologiques des Français, qui coopèrent depuis des années avec leurs homologues chiliens, et des autres équipes étrangères coordonnées par © A. Socquet/LIA Montessus de Ballore, IPG Paris de 200 participants sont attendus pour célébrer cet homme au parcours professionnel exceptionnel, démarré à l’université clandestine de Varsovie alors qu’il combattait le régime nazi dans l’armée secrète polonaise… et qui publiait encore de nouvelles recherches très peu de temps avant sa disparition. Jean-Philippe Braly 1. Unité CNRS/Université Paris-XI. 2. Voir http:Ilgenomics.cgm.cnrsgif.fr/slonimski/3. Les mitochondries fournissent l’énergie aux cellules à noyau caractérisant les organismes eucaryotes. CONTACT ➔ Geneviève Dujardin Centre de génétique moléculaire, Gif-sur-Yvette genevieve.dujardin@cgm.cnrs-gif.fr En rose sur la carte figurent les stations GPS déployées sur 600 kilomètres par les chercheurs français lors de leur intervention post-sismique. le service sismologique national. « Cette ouverture immédiate des données à l’ensemble de la communauté internationale est une première pour un séisme de cette importance », souligne Jean-Pierre Vilotte, de l’IPGP. Mathieu Hautemulle 1. Laboratoire CNRS/IPGP/ENS/Université du Chili. 2. Ils appartiennent à l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP), au Laboratoire de géophysique interne et tectonophysique (LGIT), à l’École normale supérieure et à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). CONTACTS ➔ Bertand Delouis Géosciences azur, Valbonne delouis@geoazur.unice.fr ➔ Jean-François Marini Bureau du CNRS, Santiago du Chili jean-francois.marini@cnrs-dir.fr ➔ Christophe Vigny Laboratoire de géologie de l’École normale supérieure, Paris vigny@geologie.ens.fr ➔ Jean-Pierre Vilotte Institut de physique du globe de Paris vilotte@ipgp.jussieu.fr
INSTRUMENTATION Un nouvel espion au cœur de la matière Le 9 avril dernier, en Italie, le coup d’envoi a été donné pour le démonstrateur Agata, un spectromètre particulièrement sophistiqué. Pour les physiciens, cet instrument à la pointe de la technologie promet d’importantes découvertes sur la structure de la matière. Les physiciens ont tout lieu de se réjouir. Un nouvel instrument va renforcer l’arsenal scientifique capable d’espionner l’intimité de la matière. Le 9 avril dernier, en Italie, au Laboratoire national de Legnaro, a été inauguré le démonstrateur Agata (pour Advanced Gamma Tracking Array, équipement avancé de suivi du parcours des rayonnements gamma), un spectromètre à rayons gamma de haut vol. Il est le fruit de sept années de travail et d’une coopération européenne associant treize pays, dont six principaux bailleurs (Allemagne, Italie, France, Grande-Bretagne, Suède et Turquie). Côté français, ce sont le CNRS, via l’IN2P3, et le CEA qui sontchargés du dossier. Une centaine de chercheurs et d’ingénieurs de 43 laboratoires européens sont impliqués dans la fabrication du spectromètre et plus de 350 chercheurs, dans son exploitation. Grâce à Agata, les scientifiques pourront mesurer l’énergie des photons gamma émis lors de réactions nucléaires, notamment au cours des réactions qui se produisent quand on bombarde de la matière avec des faisceaux d’ions, comme au Grand accélérateur national d’ions lourds de Caen (Ganil) 1. Ces tirs nourris permettent d’étudier la structure interne des noyaux ou de fabriquer des noyaux exotiques, qui n’existent pas dans la nature tellement ils sont instables. La chance des scientifiques : ces réactions produisent des photons gamma, dont les caractéristiques BRÈVE Treize pays sont impliqués dans le lancement du spectromètre Agata, résultat de sept années de travail. Le CNRS ouvre un bureau à Rio peuvent révéler la structure des noyaux mis en jeu. D’où la nécessité de disposer d’instruments dotés des plus hauts pouvoirs de résolution et de précision comme Agata. « Pour détecter les rayons gamma, nous utilisons un matériau sensible dont les atomes vont interagir avec les photons, induisant un courant électrique qui Le 16 juin dernier, le neuvième bureau du CNRS à l’étranger a été inauguré à Rio de Janeiro, en présence notamment d’Yves Saint-Geours, ambassadeur de France au Brésil, et de Joël Bertrand, directeur général délégué à la science du CNRS. Il faut dire que le Brésil est le premier partenaire de l’organisme en Amérique latine. Ces dernières semaines ont été marquées par d’autres accords internationaux importants. Tout d’abord, deux nouveaux LIA (Laboratoire international associé) impliquant le CNRS viennent d’être créés : le LIA franco-chinois Mécanique, matériaux, contrôle et science de l’information et le LIA franco-argentin Développement de vecteurs neurotropes pour l’étude de la neuroplasticité et de la mémoire. Autre bonne nouvelle, l’Unité mixte internationale entre le Georgia Institute of Technology et le CNRS 1 vient d’être renouvelée jusqu’en 2013, après quatre ans d’une collaboration déjà fructueuse. 1. Avec l’université de Besançon, Supélec, l’Ensam et l’université de Metz. permet de mesurer les énergies mises en jeu, explique Faiçal Azaiez, directeur de recherche à l’Institut de physique nucléaire d’Orsay 2 et membre du comité européen de pilotage d’Agata. Le démonstrateur repose sur un matériau de détection unique, des cristaux de germanium ultrapurifiés. Grâce à Agata, nous pourrons localiser chaque photon dans les trois dimensions de l’espace avec une résolution de quelques millimètres. Cela nous donnera une précision inégalée sur la mesure de leur énergie. » Car un photon né des réactions nucléaires dans la cible subit une série de ricochets dans les différents éléments du détecteur. Jusqu’à présent, le germanium, très onéreux, était associé à d’autres matériaux qui ne permettaient pas de suivre correctement ces rebonds, ce qui nuisait à la précision des mesures. En l’état, le démonstrateur Agata n’est que le premier élément d’un instrument qui sera assemblé, brique par brique, d’ici 2016. Mais il est déjà adossé à un solide programme de recherche, qui le conduira en Allemagne, au GSI de Darmstadt, en 2011 et en 2012, puis en France, au Ganil, en 2013 et en 2014. Il comporte quinze détecteurs, arrangés en cinq groupes de trois. Une fois achevé, avec 180 détecteurs, l’instrument final © INFN Agata aura la forme d’une sphère qui traquera sans échappatoire possible, ou presque, tout le rayonnement gamma émis pendant les expériences. « Les financements ont été trouvés pour le premier quart de la sphère de détection, en principe à partir de 2014, précise Faiçal Azaiez. Des discussions sont en cours pour la suite. » Au total, Agata devrait coûter 45 millions d’euros. Et permettre une moisson de découvertes retentissantes. Denis Delbecq 1. Unité CNRS/CEA. 2. Unité CNRS/Université Paris-XI. INSITU CONTACTS ➔ Faiçal Azaiez Institut de physique nucléaire d’Orsay azaiez@ipno.in2p3.fr ➔ Gilbert Duchene Institut pluridisciplinaire Hubert-Curien (Université Strasbourg-I) gilbert.duchene@ires.in2p3.fr Le journal du CNRS n°246-247 juillet-août 2010 35



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