CNRS Le Journal n°246-247 juil/août 2010
CNRS Le Journal n°246-247 juil/août 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°246-247 de juil/août 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : CNRS

  • Format : (215 x 280) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 3,6 Mo

  • Dans ce numéro : Qui étaient vraiment les Gaulois

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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30 © J.-J. Bigot/CEA © Collaboration OPERA © M. Brice/Cern 8 9 11 ZOOM 8 Le centre informatique de LHCb. 9 Le détecteur d’Opera est constitué d’environ 150 000 unités, appelées briques, chacune d’entre elles équivalant à un appareil photo sophistiqué. Ainsi, les chercheurs peuvent détecter tous les détails des événements neutrinos par une mesure précise des particules élémentaires produites par l’interaction du neutrino avec la brique. 10 Les physiciens de l’expérience Atlas, à l’entrée de leur détecteur de 20 000 m 3. 11 L’expérience Edelweiss piste les particules de matière noire grâce à dix détecteurs de germanium de 320 grammes. Le journal du CNRS n°246-247 juillet-août 2010 10 > d’autant qu’à cette période débutera véritablement Alice, une expérience un peu à part qui étudie non seulement les embrassades de protons, mais aussi celles d’ions lourds de plomb. « En ce qui nous concerne, la nouvelle physique commencera à la fin de l’année », s’impatiente Yves Schutz, qui dirige Alice pour le CNRS. L’Ichep fera aussi la part belle à une autre expérimentation scientifique internationale de physique des hautes énergies : le projet Edelweiss. Niché au cœur du mont Fréjus, au sein du Laboratoire souterrain de Modane 3, Edelweiss scrute les particules cosmiques à la recherche d’hypothétiques composantes de la matière noire. Le congrès sera l’occasion pour ses responsables de lancer la mise en chantier de la troisième version de l’expérience. Dans la version actuelle, « nous avons bien observé quelques événements ces derniers mois, à savoir détecté les particules recherchées, mais en analysant finement nos résultats, nous nous sommes rendu compte que les signaux enregistrés pouvaient provenir d’un bruit de fond résiduel, dû en particulier à des neutrons à l’origine encore mal comprise », explique Stefanos Marnieros, du Centre de spectrométrie nucléaire et de spectrométrie de masse 4, à Orsay, un des laboratoires impliqués dans l’aventure. La nouvelle itération de l’expérience verra sa sensibilité décuplée, permettant aux chercheurs de s’extraire pour de bon du bruit de fond. Bref, pour cette expérience également, l’Ichep devrait marquer un tournant. À noter que les organisateurs du congrès n’ont pas oublié le grand public (lire Guide p. 42). Des animations auront lieu dans le cadre de l’opération Paris Plages.Une soirée ouverte à tous aura lieu le 27 juillet à 19 h 30 au cinéma le Grand Rex, à Paris, où des chercheurs initieront les auditeurs aux mystères de l’univers. Xavier Müller ➔ En savoir plus sur le LHC : http:Illhc-france.fr 1. Lire le communiqué de presse du 31 mai 2010 sur l’expérience Opera : www2.cnrs.fr/presse/communique/1897.htm 2. Lire « LHC, naissance d’un géant », Le journal du CNRS, n°222-223,pp. 6-10, www2.cnrs.fr/presse/journal/3975.htm 3. Laboratoire CNRS/CEA. Lire « La caverne aux particules », Le journal du CNRS, n°239,pp. 6-7, www2.cnrs.fr/journal/4611.htm 4. Unité CNRS/Université Paris-XI. CONTACTS ➔ Élie Aslanides Centre de physique des particules de Marseille aslanides@cppm.in2p3.fr ➔ Daniel Fournier Laboratoire de l’accélérateur linéaire, Orsay fournier@lal.in2p3.fr ➔ Stefanos Marnieros Centre de spectrométrie nucléaire et de spectrométrie de masse, Orsay stefanos.marnieros@csnsm.in2p3.fr ➔ Yves Schutz Cern, schutz@in2p3.fr ➔ Yves Sirois Laboratoire Leprince-Ringuet, Palaiseau yves.sirois@in2p3.fr ➔ Guy Wormser Laboratoire de l’accélérateur linéaire, Orsay wormser@lal.in2p3.fr © M. Brice/Cern
Alessandra Carbone Prix Irène-Joliot-Curie 2010 Les maths dans la peau C’est très beau », commente Alessandra Carbone en évoquant les liens surprenants entre mathématiques, informatique et biologie sur lesquels elle se concentre depuis plus de dix ans. La mathématicienne de 47 ans, directrice de l’unité Génomique des microorganismes 1, à Paris, est une vraie passionnée. À croire que des algorithmes lui coulent dans les veines. En ce moment, elle fait travailler sa matière grise pour caractériser mathématiquement l’information génétique codée dans les protéines. Distinguée Femme scientifique de l’année par le jury du prix Irène-Joliot-Curie 2010, la chercheuse italienne, souriante et volubile, a toujours eu la bougeotte. Soif de nouvelles problématiques. Besoin de nouveaux environnements. Elle a définitivement choisi Paris, à la fin des années 1990, après avoir souvent changé de continent. Son âme de globe-trotter se manifeste dès son adolescence. « Forte en maths », les équations sur lesquelles s’échinent ses camarades lui sont « comme immédiates ». Alors, pour sortir de son univers ronronnant, elle part finir le lycée là où travaille son père, en Angola. « La situation politique y était assez tendue… », se souvient-elle. Son esprit aventureux un peu rassasié, elle rentre en Italie et enchaîne les diplômes jusqu’à un master en informatique et une thèse en logique mathématique. Mais, sur sa terre natale, il n’y a hélas « que peu de place pour la recherche ». Pour poursuivre, il lui faut partir. « J’ai atterri en pleine 42 e Rue, à New York, où j’ai achevé un doctorat de mathématiques à la City University », raconte-t-elle. Cet environnement « très stimulant intellectuellement » la retient quatre ans et demi, mais les différences de culture lui pèsent. Direction Paris pour un post-doctorat en 1993. Elle n’en bougera plus, en dehors d’une parenthèse d’un an à Vienne. À cette époque, un vent nouveau a commencé à souffler sur sa discipline. Mathématiciens, timidement, et surtout informaticiens ont pris la mesure de ce qu’ils pourraient apporter à la biologie et à ses milliards de données à traiter. Ces « questions complexes et nouvelles » aiguisent son appétit. Elle apprend sur le tas, « au contact de collègues biologistes », se plongeant dans « un monde de connaissances ardu car totalement inconnu ». À partir des années 2000, la chercheuse qui vient d’être détachée à l’Institut des hautes études scientifiques veut clairement mettre ses algorithmes au service de la biologie. Quand l’université Pierre-et- Marie-Curie la sollicite en 2003 pour monter une équipe à l’interface entre ces deux disciplines en plus de ses activités de professeur au département d’informatique, elle n’hésite pas. Et, en 2008, elle fonde puis prend la direction de son unité actuelle. « C’était l’occasion de créer un contexte interdisciplinaire stimulant. C’est important pour les étudiants et les futurs chercheurs », insiste-t-elle. Aujourd’hui, les programmes de son équipe tournent sur des dizaines de milliers d’ordinateurs d’internautes volontaires pour offrir du temps de calcul dans le cadre d’un projet international de lutte contre la dystrophie musculaire 2. Le but ? Mieux connaître les protéines impliquées dans cette maladie en testant les millions ou les milliards d’interactions possibles entre 2200 protéines humaines. Recherche de séquences de microARN 3, statistiques sur les gènes susceptibles de muter en lien avec le cancer, etc., l’informatique a de quoi faire. « Ce qui est beau, dans cette approche, c’est que nous pouvons analyser d’un point de vue purement mathématique des génomes d’organismes pour en déduire RENCONTREAVEC « Nous analysons d’un point de vue mathématique des génomes d’organismes pour en déduire leur mode de vie. » leur mode de vie, leur métabolisme », s’enthousiasme Alessandra Carbone. À son actif déjà, un algorithme qui permet de caractériser biologiquement un organisme à partir d’une analyse purement statistique des codons 4 : pour une bactérie, il peut s’agir de sa température de prolifération par exemple. « La plupart des micro-organismes ne peuvent pas être étudiés en laboratoire, rappelle-t-elle, nous offrons donc aux généticiens une façon toute nouvelle d’étudier un immense réservoir de vie encore inconnu. C’est de la métagénomique. » Pas de doute, la Femme scientifique de l’année est heureuse. Quant à cette distinction, justement, la chercheuse, impliquée dans de nombreuses actions qui soutiennent les femmes en sciences, ne peut que s’en réjouir. « Je la reçois comme un encouragement pour les femmes à embrasser des carrières en mathématiques, en informatique et en physique, disciplines qui restent encore trop souvent le territoire de ces messieurs… », conclut-elle. Charline Zeitoun 1. Unité CNRS/UPMC (Paris-VI). 2. Lire « Les maths s’invitent dans la génétique », Le journal du CNRS, n°245, p. 21. 3. L’ARN est une copie inversée de l’ADN. 4. Triplets de nucléotides (A,C, U ou G) de l’ARN messager. CONTACT ➔ Alessandra Carbone Génomique des micro-organismes, Paris alessandra.carbone@lip6.fr Le journal du CNRS n°246-247 juillet-août 2010 © S. Godefroy/CNRS Photothèque 31



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