CNRS Le Journal n°245 juin 2010
CNRS Le Journal n°245 juin 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°245 de juin 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : CNRS

  • Format : (215 x 280) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : Rien n'arrête les mathématiques

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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38 GUIDE Livres 3 questions à… Jean Costentin Café, thé, chocolat Les bienfaits pour le cerveau et pour le corps Pr Jean Costentin et Pr Pierre Delaveau, Odile Jacob, mai 2010, 270 p. – 23,90 €. Jean Costentin et Pierre Delaveau sont membres de l’Académie de médecine et de l’Académie de pharmacie. Jean Costentin est, par ailleurs, professeur de pharmacologie à la faculté de médecine et de pharmacie de Rouen et directeur de l’unité de neurobiologie clinique du CHU Charles-Nicolle. François Decarsin, L’Harmattan, coll. « Arts et sciences de l’art », avril 2010 – 18 €. Entre 1781 (année où Kant publie sa Critique de la raison pure et Haydn compose ses Six quatuors, op. 33) et 1972 (année de la démolition du dernier immeuble américain construit par le Bauhaus), s’écoulent deux siècles de transformations. Lauréat du Coup de cœur de l’Académie Charles-Cros pour son livre La Musique, architecture du temps, l’auteur confronte la grande trajectoire historique de Haydn à Schönberg (relayée par Liszt, Wagner et Mahler) à une modernité décentrée où s’affirment des individualités fortes, au-delà de toute causalité historique directe (Schubert, Berlioz, Debussy, Stravinsky, Boulez, Stockhausen). La méthode privilégiée ici reste la constante référence à différentes œuvres précises de ces créateurs et leur mise en regard avec les commentaires qu’elles ont suscités (Adorno, Deleuze, Hegel, Nietzsche, Schopenhauer…). Un ouvrage de référence. Le journal du CNRS n°245 juin 2010 Les plantes à caféine – café, thé, cola, guarana, maté – font, sous diverses formes, l’objet d’une importante consommation : il se boit chaque année en France 30 milliards de tasses de café, beaucoup de thé et de colas divers. Cet engouement est-il dû à la caféine ? Oui, indiscutablement, mais pas exclusivement. La caféine est abondante dans le café, dans le thé où elle est parfois appelée théine, dans les colas (Coca-Cola, Pepsi…), dans le Red Bull, etc. Mais le végétal fabrique aussi, aux côtés de la caféine, deux autres substances très apparentées : la théophylline (dans le thé) et la théobromine (dans le cacao), étymologiquement « nourriture des dieux ». Il est une troisième substance très voisine, la paraxanthine, que le végétal ne sait pas produire, mais que le foie des mammifères, dont celui de l’homme, élabore à partir de la caféine. C’est un phénomène heureux chez ceux d’entre nous qui fabriquent cette substance à haute dose, car elle est anxiolytique, alors que la caféine, elle, est anxiogène. Ceux qui ne « supportent pas » le café sont en fait des individus qui ont une faible aptitude à fabriquer cette paraxanthine à partir de la caféine. Ils se rabattent alors volontiers sur le thé, pourtant non dépourvu de caféine, mais dont les effets anxiogènes se trouvent réduits par la présence d’une autre substance, La Modernité en question Deux siècles d’invention musicale 1781-1972 la théanine. Toutes ces substances (hormis la théanine), réunies sous le vocable de méthylxanthines, s’opposent à des degrés divers aux effets sédatifs et hypnotiques de l’adénosine, une autre substance présente dans l’organisme. Les effets de nos boissons favorites se résument-ils à ceux de leurs méthylxanthines ? Non, parce que d’autres substances accompagnent ces méthylxanthines et développent des effets variés, parfois même contradictoires. La résultante dépend de leurs proportions relatives, en relation avec les variétés végétales, le climat, le terrain, le moment de la récolte, le traitement ultérieur (séchage, torréfaction…). J’aime dire : « Végétal varie, bien fou qui s’y fie ! » Parmi les comparses des méthylxanthines, citons les polyphénols, qui protègent des « espèces réactives de l’oxygène », cet oxygène indispensable à la vie, mais qui la consume, nous oxyde et nous fait « rouiller ». Évoquons aussi les diterpènes présents dans l’ » huile » de café, qui irisent la surface du café préparé à la turque ou à la scandinave et qui ont pour effet malencontreux d’accroître la teneur du sang en cholestérol. Outre les aspects historiques et botaniques, ainsi que les aspects biologiques et pharmacologiques, vous traitez des relations de ces boissons avec les pathologies humaines. Est-ce pour le meilleur ou pour le pire ? Ces boissons développent une addiction manifeste, mais sans grave inconvénient, avec souvent beaucoup d’avantages. Ce qui nous a incités à commettre l’oxymore « bonnes drogues « , car, dans nombre de pathologies, leurs effets bénéfiques l’emportent de très loin sur leurs effets délétères. Il en est ainsi notamment pour l’asthme, la maladie de Parkinson et la maladie d’Alzheimer. Leur rapport bénéfice/risque, paramètre cher aux pharmacologues, s’avère fréquemment très favorable. M’inspirant d’Alphonse Allais, permettez-moi de conclure que le café respecte le sommeil de ceux qui s’abstiennent d’en boire… Pourtant, réduire avec lui la durée du sommeil, n’est-ce pas prolonger le temps de vivre pleinement, intensément ? Propos recueillis par A.L. Les Monuments sont habités Daniel Fabre et Anna Iuso (dir.), illustrations d’Élisabeth Mazauric, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, coll. « Ethnologie de la France », cahier 24, avril 2010, 335 p. – 23 €. Se fondant sur une quinzaine d’études de cas (Glacière du Palais des papes d’Avignon, bibliothèque François-Mitterrand, habitations troglodytes de Matera…), ce livre étudie les relations « étranges » existant entre le monument et les populations qui vivent autour de lui ou le visitent. L’apparition d’un nouveau champ d’investigation, celui des « émotions patrimoniales », où se développe, davantage que l’histoire du monument, celle de son existence sociale. Un ouvrage original, illustré de dessins réalisés à partir de photographies, de plans, de cartes postales et de gravures.
Forêts sacrées et sanctuaires boisés Des créations culturelles et biologiques (Burkina Faso, Togo, Bénin) Dominique Juhé-Beaulaton (dir.), Karthala, coll. « Hommes et sociétés », avril 2010, 380 p. – 25 €. Historiens, botanistes, anthropologues signent ici un sérieux avertissement contre la mise en péril des « forêts sacrées » des savanes d’Afrique de l’Ouest. Ces îlots de végétation naturelle ont été jusqu’ici préservés pour des raisons religieuses et identitaires, car ils s’inscrivent dans l‘histoire des sociétés concernées dont ils participent à la vie de chaque jour. Cet ouvrage remarquable apporte des éléments de réponses à deux grandes questions : que représentent ces forêts sacrées pour leurs habitants et leurs systèmes sociaux ? Ces territoires peuvent-ils être encore considérés comme des conservatoires de la biodiversité ? Contes Thomas-Simon Gueullette Vol. I : Les Soirées bretonnes. Les Mille et Un Quarts d’heure, contes tartares. Vol. II : Les Aventures merveilleuses du mandarin Fum-Hoam, contes chinois. Les Sultanes de Guzarate, ou les Songes des hommes éveillés, contes mogols. Vol. III : Les Mille et Une Heures, contes péruviens. Édition critique établie sous la direction de Jean-François Perrin, Honoré Champion, coll. « Sources classiques », n°94, 2010, 2 389 p. – 370 €. Vers 1785 furent publiés, sous le titre Cabinet des fées et en une forme encyclopédique, tous les contes féeriques. Après Perrault, Crébillon, Fénelon…, les éditions Honoré Champion proposent ici, sous l’intitulé Bibliothèque des génies et des fées, l’intégralité des contes de Thomas-Simon Gueullette (Paris 1683-Charenton 1766), personnalité singulière du monde des lettres du XVIII e siècle, dramaturge, juriste, bibliophile et grand orientaliste. La plupart de ces contes étaient restés inédits depuis le Cabinet des fées. Très attendue par les spécialistes et les amateurs du conte oriental à la française, cette édition met en évidence l’originalité de Gueullette, dont on a pu dire qu’il y avait, dans la littérature romantique, un « moment Gueullette ». Une rareté. Franz Kafka Éléments pour une théorie de la création littéraire Bernard Lahire, Éditions La Découverte, coll. « Textes à l’appui/Laboratoire des sciences sociales », avril 2010, 633 p. – 27 €. L’Océan planétaire GUIDE 39 Michèle Fieux, illustrations de Chantal Andrié, préface de Jean-François Minster, Les Presses de l’Ensta, coll. « Les cours », avril 2010, 421 p. – 70 €. Sans équivalent en français, particulièrement fouillé et agrémenté de nombreuses illustrations en couleurs, ce livre répond à de nombreuses questions en constituant à la fois un document d’initiation aux propriétés physiques de l’océan et un ouvrage d’océanographie régionale de référence. À travers une approche tout aussi précise que globale et après un bref historique, il explique la spécificité de chaque bassin océanique ainsi que son interaction et son rôle dans le fonctionnement de l’océan planétaire. L’auteur parvient également à insuffler à son objet d’étude – l’océan et ses mers marginales – la grâce poétique qui atteint tout homme qui contemple les flots. Revendiquant le franchissement des frontières disciplinaires que privilégient certains historiens de l’art, le sociologue Bernard Lahire tente de dégager les « structures d’expérience » de Kafka (reconstruction de ses différentes socialisations : familiale, scolaire, professionnelle, religieuse, sentimentale…) telles qu’elles sont transposées dans son œuvre. Cette biographie « sociologique » n’a rien de commun avec une biographie anecdotisante, car il s’agit ici de mettre en relation les structures biographiques avec les structures textuelles, ce qui permet d’esquisser une théorie de la création littéraire transférable à d’autres écrivains. Les Chemins de la mémoire Francis Eustache et Béatrice Desgranges, préface d’Endel Tulving, Éditions Le Pommier, coll. « Essais et documents », juin 2010, 528 p. – 29 €. Présenté par un des plus grands spécialistes actuels de la mémoire, Endel Tulving, cet ouvrage propose la première synthèse des connaissances actuelles, dans le champ de la neuropsychologie et des neurosciences cognitives, sur la mémoire humaine et ses troubles (syndrome amnésique, amnésie psychogène et maladies neurodégénératives, dont l’Alzheimer). L’objectif est de faire connaître ces maladies, mais aussi de permettre de comprendre la structure et le fonctionnement de la mémoire tout au long de la vie, chez l’enfant comme chez la personne âgée. S’appuyant sur les apports de l’imagerie cérébrale – qui permettent par exemple aujourd’hui de visualiser in vivo les différentes étapes de la formation d’un souvenir –, cet ouvrage fondamental met en évidence une nouvelle théorie, mnêsis, qui met en synergie les différentes composantes de la mémoire. L’ouvrage est complété par un cahier couleurs d’œuvres de patients et d’artistes. Le journal du CNRS n°245 juin 2010



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