CNRS Le Journal n°245 juin 2010
CNRS Le Journal n°245 juin 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°245 de juin 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : CNRS

  • Format : (215 x 280) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : Rien n'arrête les mathématiques

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 34 - 35  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
34 35
34 > INSITU Par quoi va se traduire cette nouvelle alliance entre la recherche et l’enseignement supérieur ? Par un partenariat renforcé dans lequel le CNRS et les universités vont être de véritables copilotes scientifiques des UMR. Le vice-président recherche de la Conférence des présidents d’université (CPU) l’a dit : il faut inventer une nouvelle mixité entre le CNRS et les universités. Le rôle du CNRS sera de contribuer à la mise en place de politiques scientifiques pour de futurs grands sites universitaires. C’est la grande nouveauté. Au lieu d’avoir une politique nationale imposée de Paris, nous allons mettre en place des politiques scientifiques de site partagées, conçues dans le respect de chaque partenaire, en tenant compte du potentiel scientifique et du tissu industriel local. Par-delà, le CNRS reste un organisme national et, de fait, il continuera à assurer la cohérence scientifique nationale sur un certain nombre de thématiques avec des outils qui lui sont propres, comme les réseaux de plateformes technologiques et les réseaux d’observatoires. Comment allez-vous mettre en place cette politique scientifique partagée ? Comme je l’ai dit, c’est la science qui doit se placer au cœur de la nouvelle alliance entre le CNRS et les universités. Voilà pourquoi nous mettons en place des directeurs scientifiques référents (DSR), qui vont aller porter la parole scientifique de l’organisme au cœur des négociations. Ce sont les directeurs des dix instituts du CNRS qui endosseront ce rôle. Leur objectif sera de représenter l’ensemble des disciplines du CNRS au moment où se mettra en place la négociation finale entre l’organisme et les universités sur la politique scientifique des grands sites universitaires sélectionnés. Le DSR ne sera pas localisé sur place et sera secondé sur le plan local par un délégué régional. Le CNRS aura donc deux représentants qui travailleront en binôme pour chaque site universitaire. Le travail se fera en trois étapes : chaque directeur d’institut du CNRS travaillera d’abord sur chaque site universitaire dans sa discipline (il effectuera sur le terrain un état des lieux de sa discipline afin de préparer le travail de négociation). Cet inventaire sera transmis au DSR, qui aura le panorama complet des recherches conduites par le CNRS sur le site. Parlant au nom du CNRS et de ses dix instituts, il sera en situation de négocier avec ses partenaires (universités, grandes écoles…) la politique scientifique à conduire sur le site. Ce travail de négociation consistera à identifier les forces du CNRS sur le site et les faire converger avec celles de ses partenaires. Au final, une politique scientifique partagée du site sera proposée par le CNRS et ses partenaires. La position et la vision nationales du CNRS seront très utiles pour structurer cette politique sur le plan local. Comment les DSR vont-ils être désignés ? Nous examinons tour à tour chacune des vagues successives de contractualisation et désignons les DSR en fonction des intérêts et des compétences de chacun. Une première liste a été établie (lire encadré page 35). Elle pourra être réajustée en fonction des résultats des appels d’offres du Grand emprunt. « Nous allons mettre en place des politiques scientifiques de site partagées, en tenant compte du potentiel scientifique local. » Le journal du CNRS n°245 juin 2010 Parallèlement à votre politique de partenariat, vous mettez en place la Délégation globale de gestion financière (DGGF) pour les laboratoires. Pouvez-vous nous en dire plus ? Soyons clair : la DGGF n’est qu’un outil accordé à l’hébergeur d’une unité mixte de recherche pour en faciliter sa gestion. Il n’y a pas de perte d’influence scientifique ni de désengagement de la part du CNRS lorsqu’une DGGF est accordée à l’université en tant qu’hébergeur. La règle est simple : qui héberge, gère. Elle est raisonnable à condition que l’on se soit bien mis d’accord en amont avec les partenaires sur les services que l’on souhaite apporter aux laboratoires. Le tout doit permettre d’aller dans le sens d’une simplification de gestion et d’une amélioration de la qualité des services que l’on donne collectivement aux laboratoires en conservant le meilleur de chacun des partenaires. La DGGF est actuellement en phase d’expérimentation avec les universités, notamment dans onze laboratoires avec l’université Pierre-et-Marie-Curie (Paris-VI). Je prendrai le temps qu’il faudra pour déployer la DGGF sans créer de bouleversement ni de dysfonctionnement et surtout sans brusquer les personnels. Il y a, sur ce point, un accord complet avec la CPU. Comment voyez-vous le rôle du CNRS dans les Alliances pour la recherche (Aviesan, Allenvi, Ancre, Allistene) créées récemment ? À l’origine des Alliances pour la recherche, il y a la stratégie nationale de la recherche et de l’innovation (SNRI). On y traite de problèmes de société : les questions d’énergie, d’environnement, de santé, du numérique. Il est normal que les organismes et les établissements d’enseignement supérieur se mobilisent et se concertent sur ces questions. Les citoyens ne comprendraient pas que le CNRS ne se préoccupe pas des ressources énergétiques du XXI e siècle ou de la question du climat, par exemple. En abordant ces sujets, qui sont des thématiques complexes et pluridisciplinaires, on peut identifier des recouvrements entre organismes ou opérateurs. Par exemple, les questions qui touchent aux ressources énergétiques sont abordées chez nous, mais aussi au CEA, à l’IFP et ailleurs. Cela ne veut pas dire que l’on fait la même chose, cela veut dire que l’on fait des choses complémentaires. C’est pourquoi, sur ces questions-là, qui sont des enjeux de société, il est normal d’utiliser les ressources de tous les acteurs de la recherche. Ce constat fait, nous avons signé des conventions de partenariat entre opérateurs, sans créer de structures supplémentaires. Les alliances sont fonctionnelles : l’essentiel du travail consiste à organiser des groupes de réflexion. Ils conduisent à proposer des programmes de recherche souvent très appliqués, susceptibles d’être menés par les équipes des différents organismes. Ce travail est soumis à l’Agence nationale de la recherche (ANR), qui les prend en compte dans ses programmes thématiques (par opposition aux programmes blancs). Bien évidemment, les alliances ne concernent pas toute la recherche, par exemple celle faite en amont par bon nombre d’équipes du CNRS, notamment dans les sciences de la vie. Les alliances sont positives pour le CNRS : il faut y aller sans arrière-pensées. Les chercheurs seront contents de constater que le travail fait par les opérateurs de recherche au sein des alliances se traduit par des programmes thématiques de l’ANR qui leur sont bien adaptés. Enfin, je tiens à dire que nous travaillons tous pour le même objectif qui est de faire avancer le pays. Il faut arrêter de jouer au Championnat de France du meilleur opérateur de recherche et tous s’unir pour jouer la Coupe du monde. Quelle politique scientifique envisagez-vous pour le CNRS ? Avoir une politique scientifique de site partagée avec les universités n’empêche nullement de mener une réflexion pour l’établissement et
d’avoir des priorités. Le CNRS n’ayant plus pour vocation de décider pour tout le monde, il peut continuer à décider pour lui-même, évaluer ses points forts et ses points faibles, repérer les thématiques de pointe sur lesquelles il peut miser et démultiplier ses efforts sur certains aspects. Cela dit, il n’appartient pas à la direction du CNRS de dicter les thèmes de recherche aux chercheurs. C’est élémentaire, mais il faut toujours le rappeler. En revanche, on s’attache à ce que les chercheurs fassent la meilleure recherche possible. Mon rôle est de les placer dans des conditions de travail qui vont leur permettre de s’épanouir et de faire jouer à fond leur imagination, de prendre des risques et de développer de nouvelles thématiques interdisciplinaires. Toute bonne recherche est utile. Décider de faire plus de recherche appliquée ou plus de recherche fondamentale n’a aucun sens. Nous devons faire de la bonne recherche, qui bénéficiera des financements tant des programmes blancs de l’ANR que des programmes thématiques très ciblés. Une fois que l’on dit cela, la politique scientifique que nous pouvons avoir rue Michel-Ange se place à un niveau un peu « macroscopique ». Ainsi, nous sommes tous très attachés au fait que le CNRS couvre un très large spectre disciplinaire. Cela doit se traduire par un soutien particulier à des instituts nés récemment, comme l’Institut des sciences informatiques et de leurs interactions (INS2I), mais aussi par une vraie considération des sciences humaines et sociales qui ont trop souvent servi de « variable d’ajustement ». Le maintien et le renforcement de la continuité disciplinaire impliquent également de mettre en place des dispositifs réellement efficaces pour favoriser l’interdisciplinarité sur le terrain. Nous y travaillons. Il reste encore beaucoup de sujets sur lesquels vous ne vous êtes pas exprimé : l’international, l’éthique, la science et la société, la parité… Nous y reviendrons. Pour conclure, quels messages souhaitez-vous apporter aux personnels du CNRS ? Ce sont les personnels du CNRS qui font sa richesse. Les chercheurs sont de très haut niveau et les personnels d’accompagnement très qualifiés et très bien formés. Je l’ai constaté au cours de ma carrière scientifique : les personnels du CNRS jouissent d’un grand prestige au niveau international et d’une forte reconnaissance de la part du grand public. À chaque enquête de notoriété, le CNRS est toujours très bien perçu. Évidemment, tout cela ne doit pas occulter une réflexion importante que nous devons mener sur l’attractivité des carrières scientifiques pour maintenir la qualité de nos personnels. Cela reste pour moi un souci permanent, mais rien ne LES PREMIERS DIRECTEURS SCIENTIFIQUES RÉFÉRENTS On connaît déjà les directeurs scientifiques référents (DSR) du CNRS pour certains grands sites universitaires. À ce jour, Alain Fuchs a ainsi proposé à Bertrand Girard, directeur de l’Institut de physique, d’être DSR pour le site Paris-Saclay, à Pierre Guillon, directeur de l’Institut des sciences de l’ingénierie et des systèmes, d’être DSR pour le site Bordeaux, à Françoise Gaill, directrice de l’Institut écologie et environnement, d’être DSR pour Montpellier, à Gilberte Chambaud, directrice de l’Institut de chimie, d’être DSR pour Lyon, à Patrick Netter, directeur de l’Institut des sciences biologiques, d’être DSR pour Strasbourg, à Guy Métivier, directeur de l’Institut des sciences mathématiques et de leurs interactions, d’être DSR pour Toulouse, et à Michel Spiro, président du comité des Très grands équipements, d’être DSR pour Grenoble. « Les Alliances pour la recherche sont positives pour le CNRS : il faut y aller sans arrière-pensées. » INSITU doit empêcher dès aujourd’hui les personnels du CNRS de s’engager avec confiance dans les nouveaux défis que le pays doit relever afin de mieux promouvoir la qualité de sa recherche et de son enseignement supérieur. Le CNRS se doit d’être un acteur majeur du nouveau système qui se met en place, et il a besoin pour cela de la mobilisation de tous ses agents. Propos recueillis par Fabrice Impériali 1. Le nouveau décret organique du CNRS a été publié au Journal officiel le 1 er novembre 2009 pour rendre opérationnel le contrat d’objectifs 2009-2013 du CNRS signé avec l’État. 2. Institut de chimie (INC) : Gilberte Chambaud. Institut écologie et environnement (INEE) : Françoise Gaill. Institut de physique (INP) : Bertrand Girard. Institut national de physique nucléaire et de physique des particules (IN2P3) : Jacques Martino. Institut des sciences biologiques (INSB) : Patrick Netter. Institut des sciences humaines et sociales (INSHS) : Patrice Bourdelais. Institut des sciences informatiques et de leurs interactions (INS2I) : Philippe Baptiste. Institut des sciences de l’ingénierie et des systèmes (INSIS) : Pierre Guillon. Institut des sciences mathématiques et de leurs interactions (INSMI) : Guy Métivier. Institut national des sciences de l’Univers (INSU) : Dominique Le Quéau. 3. Le comité interministériel du Grand emprunt a validé les dix premières conventions avec les opérateurs pour un montant de 6,85 milliards d’euros. Quatre concernent la recherche. 4. Biatoss : bibliothécaires, ingénieurs, administratifs, techniciens, ouvriers, de service et de santé. ITA : ingénieurs, techniciens et personnels administratifs. Le journal du CNRS n°245 juin 2010 ©C. Lebedinsky/CNRS Photothèque 35



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :