CNRS Le Journal n°244 mai 2010
CNRS Le Journal n°244 mai 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°244 de mai 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : CNRS

  • Format : (215 x 280) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 5,9 Mo

  • Dans ce numéro : Afrique le nouvel élan

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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32 INSITU ALLIANCES Ensemble pour une recherche gagnante En un an, quatre alliances pour la recherche ont vu le jour en France dans les domaines des sciences de la vie et de la santé, de l’énergie, de l’informatique et de l’environnement. Quels en sont les buts et fonctionnements ? Quelle place le CNRS y occupe-t-il ? Le point sur ces nouvelles entités qui s’inscrivent dans la stratégie nationale de recherche et d’innovation, aux côtés des universités autonomes et de l’Agence nationale de la recherche. Structurer et coordonner la recherche publique, travailler ensemble pour travailler mieux. Voilà en substance la vocation des quatre alliances nationales pour la recherche récemment créées. Ses acteurs ? Les grands organismes publics indépendants, en pointe dans leurs domaines, opérateurs de recherche et d’enseignement supérieur, au sein desquels le CNRS se positionne comme un partenaire de premier plan. En avril 2009, c’est d’abord Aviesan, Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé, qui inaugure ces créations. En juillet, elle est suivie par Ancre, Alliance nationale de coordination de la recherche pour l’énergie, puis en décembre est créée Allistene, Alliance des sciences et technologies du numérique. Enfin, en février dernier, Allenvi, Alliance nationale de recherche pour l’environnement « Alimentation, eau, climat, territoires », voit le jour dans un contexte particulièrement soucieux de ces questions, alors que débute l’année internationale de la biodiversité que le CNRS porte avec force. Désormais, la France dispose donc d’une alliance thématique dans chacun des axes prioritaires de recherche identifiés par la stratégie nationale de recherche et d’innovation. Tandis qu’une cinquième, dans le domaine des sciences humaines et sociales, semble se profiler sérieusement dans un proche avenir. Pour l’heure, chaque alliance comporte des membres fondateurs, entre trois et douze selon les cas (Voir l’illustration ci-contre), et un certain nombre de membres associés. Au final, « chaque organisme conserve son autonomie et son identité », insiste Patrick Netter, Le journal du CNRS n°244 mai 2010 directeur de l’Institut des sciences biologiques (INSB) du CNRS et vice-président d’Aviesan. Et c’est ensemble qu’ils pourront maintenant proposer des priorités au gouvernement et aux agences de financement, et notamment l’Agence nationale de la recherche (ANR), afin de les aider dans leur programmation au moyen de feuilles de route. Rappelons que l’ANR, créée il yacinq ans, forte d’un budget de 860 millions d’euros en 2009 1, est actuellement l’un des plus gros financeurs de la recherche et qu’elle fonctionne en lançant des appels à projets. Bien entendu, les différents acteurs collaboraient déjà avant ces alliances. Alors qu’est-ce que cela change ? « Auparavant on pouvait souvent tra- Aviesan Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé 9 Membres fondateurs : CNRS, Inserm(Institut national de la santé et de la recherche médicale), CEA (Commissariat à l’énergie atomique), Inra (Institut national de la recherche agronomique), Inria (Institut national de recherche en informatique et en automatique), IRD (Institut de recherche pour le développement), CPU (Conférence des Présidents d’université), Institut Pasteur, Conférence des directeurs généraux de CHU. Date de création : 8 avril 2009 Président actuel : André Syrota, président directeur général de l’Inserm. > www.aviesan.fr Ancre Alliance nationale de coordination de la recherche pour l’énergie 3 Membres fondateurs : CEA, CNRS, IFP (Institut français du pétrole). Date de création : 17 juillet 2009 Président actuel : Olivier Appert, président de l’IFP. > www.allianceenergie.fr/vailler à deux, à trois plus rarement, mais jamais plus. Il y a maintenant une vraie volonté de mise en réseau de l’ensemble des acteurs », souligne Françoise Gaill, directrice de l’Institut écologie et environnement (Inee) du CNRS, et représentante d’Allenvi. « Cette alliance était vraiment nécessaire étant donné le foisonnement d’acteurs et compte tenu de l’urgence de la situation face aux enjeux de la planète », commente-t-elle. À voir l’exemple d’Aviesan, la plus ancienne des quatre alliances, la démarche augure une belle réussite. « Un vrai climat de confiance s’est instauré entre les partenaires, commente Patrick Netter, cela nous permet de mieux prévoir les programmes à lancer dans les sciences du vivant. »
Allistene Alliance des sciences et technologies du numérique 6 Membres fondateurs : CNRS, CEA, Inria, CDEFI (Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs), CPU, Institut Télécoms. Date de création : 17 décembre 2009 Président actuel : Michel Cosnard, président directeur général de l’Inria. L’UNION FAIT LA FORCE Le principe est donc le même pour les quatre alliances : le but est de connaître les points forts en France, d’identifier les acteurs les plus pertinents selon les thèmes, afin de prendre les bonnes décisions pour l’avenir dans le cadre d’une programmation nationale concertée. Il fallait pour cela décloisonner les relations entre les acteurs et coordonner ses membres, tant au niveau de l’analyse stratégique et de la programmation scientifique qu’au niveau de la mise en œuvre opérationnelle. « L’alliance nous permet de mettre en valeur notre expertise scientifique. Expertise que nous tirons directement de notre expérience sur le terrain, dans les laboratoires, avec les différentes équipes », Allenvi Alliance nationale de recherche pour l’environnement, « Alimentation, eau, climat, territoires » 12 Membres fondateurs : CNRS, BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières), CEA, Cemagref (Institut de recherche en sciences et technologies pour l’environnement), Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), CPU, Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer), Inra, IRD, LCPC (Laboratoire central des ponts et chaussées), Météo France, MNHN (Muséum national d’histoire naturelle). Date de création : 8 février 2010 Président actuel : Roger Genet, directeur général du Cemagref.commente Philippe Baptiste, directeur de l’Institut des sciences informatiques et de leurs interactions (INS2I) et représentant d’Allistene. Enfin, l’enjeu réside aussi dans la représentation de la France hors de nos frontières. « Vis-à-vis de l’Europe, et même au niveau international, l’alliance nous donne plus de poids. Chacune permet en effet à la France de parler d’une seule voix, dans chacun des quatre domaines, de ce que nous identifierons comme les grands enjeux et les grands programmes de demain », confirme Philippe Baptiste. Comment vont-elles fonctionner ? Chaque alliance s’organise en groupes thématiques – ou en Itmo (Instituts thématiques multi-organismes) dans le cas d’Aviesan – chacun piloté par © Illustration : Andy Smith pour le journal du CNRS INSITU un ou plusieurs membres fondateurs ou par un organisme associé dans le cas d’Ancre. Ni opérateur de recherche ni agence de moyens, ils sont de simples instances d’animation et de coordination nationale destinées à établir des programmes. Ces groupes de travail, formés d’une vingtaine d’experts, sont pour l’heure plus ou moins avancés selon les alliances et leur ancienneté. Quant à la place du CNRS dans tout ceci, elle est capitale. « Partenaire naturel du milieu académique, notamment grâce à ses nombreuses unités mixtes de recherche, le CNRS occupe une place de choix dans le domaine de l’énergie », souligne ainsi le représentant CNRS d’Ancre, Patrick Le Quéré, délégué scientifique de l’Institut des sciences de l’ingénierie et des systèmes (Insis). Même constat pour Allistene, puisque le CNRS est le partenaire privilégié des universités qui concentrent justement l’essentiel de l’informatique française. Pionnier dans les sciences de l’écologie, le CNRS pèse aussi très lourd dans Allenvi puisque cinq de ses instituts (ceux de chimie, des sciences de l’Univers, des sciences humaines et sociales, l’INSB et bien sûr l’Inee) y sont impliqués. Enfin, acteur incontournable en sciences de la vie, l’importance du CNRS dans Aviesan ne fait évidemment aucun doute. Surtout, dans chacune des alliances, le CNRS apporte son interdisciplinarité, éternel atout maître de l’organisme, seul acteur à disposer d’un spectre couvrant toutes les sciences. « Or, l’interdisciplinarité est la question clé pour l’avenir, commente Patrick Netter. Par exemple, il devient crucial de faire travailler ensemble informaticiens et généticiens pour traiter les millions de données qui deviennent accessibles. » Même évolution du côté des domaines de l’énergie et de l’environnement qui mêlent de plus en plus chimie, écologie, sciences de l’Univers, sciences humaines et sociales, etc. Ces alliances s’imposaient pour structurer la recherche publique française. Elles ont maintenant du pain sur la planche. À elles de souligner les bons choix à faire pour que la France maintienne son niveau d’excellence. Charline Zeitoun 1. Lire l’article « Une vraie dynamique s’est créée », Le journal du CNRS n°243 avril 2010,pp. 32-33. CONTACTS ➔ Patrick Netter Directeur de l’INSB, vice-président d’Aviesan patrick.netter@cnrs-dir.fr ➔ Patrick Le Quéré Délégué de l’Insis, représentant d’Ancre patrick.lequere@cnrs-dir.fr ➔ Philippe Baptiste Directeur de l’INS2I, représentant d’Allistene philippe.baptiste@cnrs-dir.fr ➔ Françoise Gaill Directrice de l’Inee, représentante d’Allenvi francoise.gaill@cnrs-dir.fr Le journal du CNRS n°244 mai 2010 33



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