CNRS Le Journal n°239 décembre 2009
CNRS Le Journal n°239 décembre 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°239 de décembre 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : CNRS

  • Format : (215 x 280) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : Climat, les enjeux de Copenhague

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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26 ZOOM L’océan ÉCOLOGIE à dos d’éléphant 1 3 Le journal du CNRS n°239 décembre 2009 Depuis 2003, sur les îles Kerguelen, des biologistes se livrent à un drôle de rodéo sur le dos des éléphants de mer, pour les équiper d’une balise Argos de dernière génération. Celle-ci permet de mieux connaître leur mode de vie mais aussi d’en savoir plus sur les caractéristiques de l’océan Austral. 2 © CNRS Photothèque/CEBC
4 Àraison d’un poids de trois tonnes pour les plus gros mâles, coller une balise sur la tête d’un éléphant de mer, le plus grand des phoques, est un exercice plutôt sportif. Mais le jeu en vaut la chandelle. L’appareil de 500grammes qui servira, pendant les 8 mois de son séjour en mer, de couvre-chef au pinnipède, est un petit bijou de technologie. Dans les terres Australes et Antarctiques françaises, les chercheurs du Centre d’études biologiques de Chizé (CEBC) du CNRS et leurs confrères équipent également des animaux plus petits, comme les albatros et les manchots royaux, de balises Argos permettant de suivre leurs déplacements, couplées à des enregistreurs mesurant la profondeur et la température des masses d’eau traversées. Mais pour récupérer ces informations, il faut remettre la main sur l’appareil. Au contraire, la balise des éléphants de mer, relativement lourde mais plus perfectionnée, assure la transmission en direct des données de profondeur, température et salinité, chaque fois que l’animal vient respirer à la surface. Les quelques 80 éléphants de mer équipés à Kerguelen depuis le début de ces travaux 1, en 2003, ont ainsi permis de jeter un éclairage inédit sur l’écologie de l’espèce. Mais ils ont aussi contribué à l’amélioration des connaissances sur les caractéristiques physiques et biologiques de l’océan Austral. « À l’origine, notre objectif était de comprendre pourquoi les effectifs des colonies des îles Kerguelen et Macquarie, pourtant éloignées de plusieurs milliers de kilomètres, se sont effondrés de moitié dans les années 1970, tandis qu’une troisième population subantarctique, celle de l’archipel de Georgie-du-Sud, restait stable, raconte Christophe Guinet, biologiste au CEBC et coordinateur de la contribution française du programme. En l’absence d’une prédation exceptionnelle ou d’une raréfaction des proies due à la surpêche, notre hypothèse était qu’un changement était intervenu dans l’environnement des phoques des îles Kerguelen et ZOOM 27 1 Cet éléphant de mer femelle a été équipé d’une balise Argos à Kerguelen. Celle-ci permet de suivre l’animal à la trace et de recueillir de précieuses informations sur les eaux qu’il traverse. 2 Trajets effectués par des éléphants de mer de Kerguelen (en bleu), de Géorgie-du-Sud (en rouge), des îles Shetland-du-Sud (en orange) et des îles Macquarie (en rose). Grâce à ces données, les chercheurs ont compris pourquoi ces différentes communautés avaient évolué différemment au cours des dernières décennies. 5 6 7 8 9 10 11 > © Photos : C. Guinet/CNRS Photothèque/CEBC 3 Simulacre de combat entre deux jeunes éléphants de mer mâles. À l’âge adulte, ces derniers pèsent jusqu’à trois tonnes contre 600 kilos pour les femelles. 4 5 6 7 Pour capturer un éléphant de mer, les biologistes s’arment d’abord d’un grand « sac de tête » qui bloque la mâchoire de l’animal et l’aveugle. Deux personnes sont ensuite nécessaires pour le maîtriser. Puis une péridurale qui immobilisera l’animal une trentaine de minutes est pratiquée… 8 … le temps de le mesurer, et de le peser. 9 10 11 À l’aide d’une colle à prise rapide, l’éléphant de mer (ici, un mâle de 1500 kilos), est équipé d’une balise Argos. Ces pinnipèdes passent la plus grande partie de leur vie au large et sont capables de plonger jusqu’à 2000 m de profondeur. Le journal du CNRS n°239 décembre 2009



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