CNRS Le Journal n°238 novembre 2009
CNRS Le Journal n°238 novembre 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°238 de novembre 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : CNRS

  • Format : (215 x 280) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 3 Mo

  • Dans ce numéro : Cancer, la recherche durcit le combat

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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38 GUIDE Livres 3 questions à… Chantal Gascuel Sous les pavés, la terre Connaître et gérer les sols urbains Claude Cheverry et Chantal Gascuel, Éd. Omniscience, coll. « Écrin », septembre 2009, 208 p. – 25 € Chantal Gascuel est hydropédologue, membre du Centre armoricain de recherche en environnement (CNRS/Universités de Rennes-I et -II/Inra/Agrocampus Ouest). Ce « gentil coquelicot » sur la couverture de votre livre adresse en fait une véritable alerte aux gestionnaires des villes de France. Autrement dit : pourquoi cet ouvrage ? Nous avons pris le coquelicot comme emblème parce que si cette plante fragile survit en ville, la nature aura toute sa place dans la cité. Les pédologues –les spécialistes du sol– se sont mobilisés dans le cadre de l’Année internationale de la planète Terre pour que les gestionnaires prennent le sol urbain véritablement en compte dans leurs décisions. Précisons que l’on entend par sol urbain non seulement celui qui est sous les pavés mais aussi celui des parcs, des jardins et celui qui entoure la ville. Il s’agit du sol dit surface et celui dit La fabrique du patrimoine De la cathédrale à la petite cuillère Le journal du CNRS n°238 novembre 2009 volume (de deux à cinq mètres de profondeur). Ce sol n’est pas un sol agricole ou forestier. Il est l’empreinte de l’histoire de la ville avec ses activités, ses spots de pollution –d’où une composition hautement hétérogène qui le rend difficile à caractériser – et, sans doute, cause principale de l’oubli pendant des années chez les scientifiques et les gestionnaires, contrairement aux sols agricoles ou forestiers, il n’a pas vocation à produire de la biomasse alimentaire. Tout cela fait qu’il véhicule une image négative ou reste le grand absent de la ville dont il a intégré les divers déchets. Or, c’est une ressource limitée. L’urbanisation en consomme de plus en plus. Elle occupe des sols fertiles (70% des Nathalie Heinich, éd. Maison des sciences de l’homme, septembre 2009, coll. « Ethnologie de la France », 288 p. – 21 € Par quelles opérations un édifice ou un objet se trouve-t-il intégré au corpus du patrimoine ? Quels sont les critères, les étapes de l’obtention de ce statut juridique ? Quelles émotions sous-tendent les mobilisations des profanes en faveur des biens à préserver et, pour finir, quelles valeurs fondamentales posent la notion de patrimoine ? Par une spécialiste de la sociologie de l’art, une étude passionnante de l’Inventaire patrimonial (piloté par le ministère de la Culture et de la Communication) qui, récemment, vient de reconnaître la borne Michelin. Français sont aujourd’hui dans les villes). Parvenir à contrôler cette urbanisation galopante est désormais un enjeu majeur. D’où la mobilisation ici de quarante auteurs de toutes disciplines. Malgré cette image négative, ce sol a-t-il des fonctions importantes pour la ville ? Bien sûr, puisque, grâce à lui, nous avons arbres, pelouses, jardins potagers ! L’homme peut ainsi garder en ville un contact essentiel avec la nature en la regardant, d’abord, et, très matériellement, en marchant. Il contrôle aussi l’eau : il avait un rôle de filtre qu’il a perdu par son imperméabilisation, par l’installation anarchique des réseaux (tuyaux, câbles) ce qui modifie la genèse des crues comme la qualité des eaux. C’est aussi un écosystème : même pollué, ce sol est un milieu vivant du fait de micro-organismes qui sont des acteurs de résilience (réparation) dans les pollutions. Des plantes, comme la violette calaminaire métallophyte, par exemple, peuvent contribuer à la remédiation –remise en état– des sols pollués. Ces techniques ont été étudiées dans la plaine d’Achère, qui a reçu les eaux usées de la ville de Paris pendant deux cents ans. Toutes ces fonctions génèrent des transferts de matières, du sol vers les eaux, les plantes, l’atmosphère qui ont des conséquences sur la santé de l’homme et des écosystèmes. Comment corriger l’oubli du sol pour aller vers une ville harmonieuse ? On ne pourra pas toujours prélever des sols agricoles pour créer la nature dont la ville a besoin. Il faudra inventer des nouveaux matériaux pour les revêtements, améliorer la compréhension et les techniques de remédiation des sols pollués. Par ailleurs, les outils d’enregistrement des données sur le sol seront essentiels. La base de données Basias existe sur les anciens sites industriels mais il n’y a rien sur le suivi des caractéristiques et des interventions. Or, gérer les sols, c’est prendre en compte leurs caractéristiques pour décider de leur usage futur. Mais, vous savez, le sol urbain est l’affaire de tous: chercheurs, gestionnaires et habitants des villes. Propos recueillis par A.L. L’hôpital dans la France du XX e siècle Christian Chevandier, éd. Perrin, coll. « Pour l’histoire », octobre 2009, 492 p. – 25 € Il était une fois un hôpital où « l’on soignait mal et guérissait peu ». Mais, de la fin du XIX e au début de ce XXI e siècle, l’institution hospitalière a connu une formidable mutation. Jadis lieu d’accueil et de relégation, l’hôpital est devenu, surtout sous la Cinquième République, un endroit où sont reconnus les droits du patient-citoyen. Historien, l’auteur retrace ici l’évolution de la médecine et de ses exécutants (médecins, personnel des services de soins, personnel administratif, directeurs et ouvriers) et, en parallèle obligatoire, celle de l’économie et du droit hospitalier. Histoire d’un colossal outil de soin.
Les grandes découvertes de l’archéologie méditerranéenne 1959 - 2009 Sous la direction de Joseph Césari, Xavier Delestre, Michel L’Hour, Henri Marchesi, éd. Actes sud, octobre 2009, 216 p. – 39 € Issu du colloque « Archéologie des rivages méditerranéens : cinquante ans de recherche » (Arles, octobre 2009), cet imposant ouvrage entre dans les célébrations du cinquantenaire de la création du ministère des Affaires culturelles sous la responsabilité d’André Malraux. Une synthèse pour un large public sur les grandes étapes de l’évolution de l’archéologie durant ces cinquante dernières années, sous forme de notices consacrées à des sites et découvertes parmi les plus significatifs en Languedoc-Roussillon, Corse et Provence-Alpes-Côted’Azur. Homme et animal, la question des frontières Valérie Camos, Frank Cézilly, Pierre Guenancia, Jean-Pierre Sylvestre (coord.), éd. Quae, coll. « Update Sciences et technologies », juillet 2009, 216 p. – 35 € Des scientifiques d’horizons variés (philosophes, éthologues, sociologues et biologistes) remettent ici en question la thèse de la singularité radicale de l’humain : du point de vue de l’identité psychologique et des performances cognitives, la différence entre les grands singes et l’homme ne serait pas de nature mais seulement de degrés ; pour la biologie, la distinction entre l’humain et les autres animaux est maintenue seulement comme une différence de complexité à l’intérieur de l’ordre naturel. Une réflexion éthique doit désormais prendre en compte l’instrumentalisation de l’animal, les menaces sur les espèces dues au développement industriel et la nécessité d’une véritable responsabilité morale des hommes à l’égard de leurs « frères inférieurs ». Informer n’est pas communiquer Dominique Wolton, éd. CNRS Éditions, coll. « Débats », octobre 2009, 64 p. – 6 € « Avec la mondialisation de l’information, le moindre évènement est rendu visible et apparemment plus compréhensible. Pour autant, il n’y a pas de lien direct entre l’augmentation du nombre d’informations et la compréhension du monde. Telle est la nouvelle donne du siècle qui s’ouvre : l’information ne crée pas la communication. Bien au contraire. » Cet inédit de Dominique Wolton explique le hiatus. Vie et mort de la population mondiale Mars : planète rouge ou bleue ? GUIDE 39 Hervé Le Bras, éd. Le Pommier, coll. « Le Collège de la Cité n°4 », octobre 2009, 192 p. – 8,60 € Selon l’ONU, la population de la Terre a franchi le seuil des six milliards six cent millions au 1 er janvier 2009. Que signifie un tel chiffre ? Mais, au fait, à partir de quelles valeurs peut-on calculer la population maximale « pouvant durablement vivre sur la planète » (45évaluations variant de 4 à plus de 40milliards ont été forgées entre 1650 et 2000) ? L’invention de la notion de « population mondiale », à la fois simple chiffre et abstraction, reviendraitelle à se demander si la population menace la Terre ? Jean-Pierre Bibring, éd. Odile Jacob, novembre 2009, 224 p. – 23,90 € Astrophysicien à l’Institut d’astrophysique spatiale d’Orsay et responsable de plusieurs programmes d’exploration sur Mars, Jean-Pierre Bibring retrace ici l’évolution de la planète qui, sans doute, a le plus fasciné les esprits. Il raconte les prouesses technologiques et les trésors d’ingéniosité déployés par les chercheurs pour trouver de la vie sur Mars, souligne ce que ces travaux ont apporté dans la compréhension de la formation des planètes –y compris la nôtre– et dans la connaissance de la nature de la vie. Prévenir les dégâts du travail: l’ergoprévention Pierre Trinquet, préface du professeur Yves Schwartz, éd. Puf, coll. « Le travail humain », septembre 2009, 224 p. – 24 € L’ergologie n’est pas une science mais une méthode d’appréhension de l’activité humaine dans sa globalité. Et l’ergoprévention en est la mise en œuvre dans le domaine de la prévention des risques du travail. Devant la recrudescence des dégâts « tous azimuts » au travail, Pierre Trinquet, enseignantchercheur en ergoprévention aux universités Aix-Marseille-I et -II, propose ici, après Maîtriser les risques du travail (Puf, 1996), un ouvrage dont le premier chapitre s’intitule « Travail, mon ami, mais qu’est-ce qu’on a fait de toi ! » et se termine par un encourageant « C’est possible ! », sousentendu de prévenir le fléau social (harcèlements, suicides, cancers, burn out …) qu’entraîne la négation du travail réel au profit du seul travail prescrit. Une méthode novatrice qui, bien qu’imposée par une directive cadre européenne en 1989 et transposée en droit français en 1991, reste mise en œuvre comme une simple formalité administrative. Le journal du CNRS n°238 novembre 2009



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