CNRS Le Journal n°238 novembre 2009
CNRS Le Journal n°238 novembre 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°238 de novembre 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : CNRS

  • Format : (215 x 280) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 3 Mo

  • Dans ce numéro : Cancer, la recherche durcit le combat

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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36 HORIZON Ils ont choisi la France et le CNRS Des forêts camerounaises aux savanes de Guyane en passant par les champs de manioc cultivés en Amazonie, les « terrains de jeu » de Doyle McKey ne sont jamais très loin de l’équateur. Pour ce chercheur en écologie évolutive aux faux airs de Robin Williams, la biodiversité des tropiques est un trésor : « on peut trouver parfois dans un même lieu jusqu’à 30 espèces d’un seul genre ! Cette richesse permet de faire de la biologie comparée à une échelle impossible dans d’autres écosystèmes. » L’Américain de 60 ans est spécialiste de la coévolution dans les cas d’interactions entre plantes et animaux au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive (Cefe) 1, à Montpellier. Au fil de sa carrière, il a développé trois grands thèmes de recherche : l’association entre plantes et fourmis, l’évolution du manioc sélectionné par la pratique agricole et, dernièrement, l’étude archéologique et écologique des savanes côtières de Guyane. © G. Léotard Doyle McKey L’aventurier de l’interaction Le journal du CNRS n°238 novembre 2009 Petit, ce natif du Texas s’imaginait tour à tour explorateur, à l’image de ses héros Davy Crockett et Daniel Boone, ou naturaliste comme son chef scout de l’époque. À l’heure de choisir sa formation universitaire, le jeune Doyle privilégie celle qui dispense le plus de cours sur le terrain et s’oriente vers des études de gestion de la faune. Il y découvre l’écologie tropicale et « mord à l’hameçon » articule-t-il, satisfait de pouvoir employer des expressions imagées à la française. L’écologue Daniel Janzen, aujourd’hui mondialement connu 2, deviendra son directeur de thèse. Tandis que Doyle McKey s’initie à l’espagnol pour travailler au Costa Rica, Daniel Janzen lui propose un sujet au Cameroun. « Cinq semaines plus tard, je décollais pour l’Afrique avec dans mes bagages : Apprendre le français en 90 jours et Les trois Mousquetaires. » Et d’ajouter avec malice : « ils furent vite remplacés par le commissaire San Antonio. » Commencent sept ans de thèse, dont quatre de terrain. « Ces années au Cameroun m’auront donné des idées de recherches pour le reste de ma vie ! » L’Américain devient « francophone puis francophile », si bien qu’il épouse une Française et finit par décrocher un poste à l’université Montpellier- II en 1995, en accueil au Cefe, où sa femme travaille déjà. Dès son arrivée en France, il attaque des recherches sur le manioc parallèlement à celles BRÈVES sur les interactions entre plantes et fourmis sur lesquelles il bûche depuis plusieurs années. Le scientifique et ses étudiants ont montré comment, de manière empirique, les agriculteurs amérindiens gèrent durablement leurs champs en combinant bouturage et reproduction sexuée afin de conserver la diversité et le potentiel adaptatif du manioc. Ces recherches lui ont valu le prix Terra Ficaria (Fondation Yves Rocher/Institut de France) en 2006. L’année suivante, il lance un vaste projet interdisciplinaire sur les savanes côtières d’Amazonie 3. Ces paysages sont caractérisés par une multitude de petites buttes, vestiges des champs surélevés précolombiens. Mais comment, après 800 ans d’abandon et de pluies tropicales, ces monticules ont-ils pu traverser les âges ? Doyle McKey soupçonne déjà que « ces paysages construits par des hommes ont été maintenus par des organismes ingénieurs » : plantes, vers, termites, fourmis… Bref, encore une histoire d’interactions. On vous avait prévenu ! Caroline Dangléant 1. Unité CNRS/Universités Montpellier-I, -II et -III/Ensa Montpellier/Cirad/École pratique des hautes études, Paris. 2. Daniel Janzen a reçu le prix Crafoord en 1984, équivalent au prix Nobel de l’écologie. 3. Le projet Savanes côtières, financé par le CNRS dans le cadre du programme interdisciplinaire « Amazonie 2 », rassemble biologistes, écologues, pédologues, anthropologues, archéobotanistes et archéologues. Grande première en Asie CONTACT ➔ Doyle McKey Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive, Montpellier doyle.mckey@cefe.cnrs.fr Le 7 octobre, le CNRS, la Nanyang Technological University (NTU) de Singapour et Thales ont créé Cintra, la première unité mixte internationale en Asie avec un partenaire industriel. Basée à Singapour, elle va se consacrer aux nanotechnologies pour l’électronique et à la photonique du futur. Elle est dirigée par Dominique Baillargeat, du laboratoire XLIM (CNRS/Université de Limoges), avec pour adjoints le professeur Tjin Swee Chuan de la NTU et le docteur Myriam Kaba de Thales. > www2.cnrs.fr/presse/communique/1687.htm Appel à candidatures Les inscriptions pour les chaires internationales de recherche Blaise- Pascal, destinées aux chercheurs étrangers de toutes disciplines, sont ouvertes. Les candidatures peuvent être déposées jusqu’au 11 janvier 2010. > Pour en savoir plus : www.chaires-blaise-pascal.org
PROJETS EUROPÉENS Suivez le guide ! Monter un projet scientifique à l’échelle européenne n’a souvent rien d’une sinécure. Les ingénieurs projet européen (IPE) du CNRS sont là pour aider les chercheurs à se lancer dans cette aventure. Vous souhaitez diriger un projet de recherche avec des partenaires européens et décrocher un contrat de la Commission européenne pour assurer son financement ? Malgré votre détermination, vous vous sentez parfois découragé devant les contraintes administratives imposées par Bruxelles ? Bénéficiez du soutien d’un ingénieur projet européen (IPE) de la Direction des affaires européennes (DAE) du CNRS. Mis en place au CNRS en 2003, et pour la première fois en Europe, lors du lancement du sixième programme-cadre de recherche et développement (PCRD), les IPE ont su en quelques années se faire une place dans la communauté scientifique en France et en Europe. Le besoin était net. Si les appels à propositions offrent chaque année plusieurs millions d’euros, seul un projet sur dix est retenu après évaluation par un comité de pairs. La compétition est rude, même pour le CNRS qui demeure pourtant le premier participant aux programmes communautaires, avec 884 contrats signés pour le sixième programme-cadre et bientôt 300 pour le septième qui a débuté en 2007. La Commission exige de chaque candidature, outre un descriptif pertinent des recherches, « des informations précises en terme de montage financier, de management des équipes européennes engagées, de valorisation (applications, transferts de technologies) ainsi qu’une évaluation étayée de l’impact socioéconomique des recherches sur la société européenne », explique Monica Dietl, responsable du Bureau de Bruxelles de la DAE en charge de la coordination de ces IPE. Un travail qui exige du coordinateur scientifique du projet une légitimité parmi ses pairs, un engagement personnel « sur plusieurs mois voire plusieurs années » et des compétences qui dépassent largement le cadre de ses recherches. Malgré l’appui des services de partenariat et valorisation des délégations régionales de l’établissement, les dossiers montés en hâte peuvent être écartés par un processus d’évaluation devenu très sélectif. D’où l’idée du CNRS de recruter et de former des ingénieurs qui soient le trait d’union entre les chercheurs, les services du CNRS, les institutions partenaires et, parfois, les chargés d’affaires de la Commission européenne. Des IPE qui assurent le montage et le lancement des dossiers, sans pour autant intervenir dans le cœur scientifique du projet. CONTACT ➔ Monica Dietl Bureau du CNRS à Bruxelles monica.dietl@cnrs-dir.fr HORIZON 37 Un pool de neuf IPE est aujourd’hui en poste dans les délégations régionales du CNRS. Recrutés pour trois ans, ces ingénieurs sont placés auprès du coordinateur scientifique du projet, sous l’autorité de la DAE. Ils suivent un portefeuille de trois à cinq projets, traquent l’information la plus récente et la plus juste, rédigent en binôme avec le coordinateur les parties nonscientifiques du dossier et montent ensemble le budget. « Les IPE sont en charge de grands projets européens portés par le CNRS, des consortiums de recherche pouvant réunir jusqu’à trente partenaires européens. » Malgré leur « jeunesse » – ils ont entre 25 et 35 ans –, les IPE sont de véritables « spécialistes des programmes communautaires ». Diplômés de Science-Po, juristes ou spécialistes en management de projets, rarement scientifiques, ils ont sillonné l’Europe et ses instituts avant de frapper aux portes du CNRS. Mar Roig-Ripoll, d’origine espagnole, recrutée en juin 2008, est actuellement, à 25 ans, la benjamine du groupe. Elle a ainsi passé deux ans au Collège d’Europe 1 dans le cadre d’un échange Erasmus, un an dans une université anglaise, un an au Portugal en première année de master, sept mois en stage à la délégation catalane de la Commission européenne à Bruxelles et une sixième année en Pologne. « Multilingue catalan, espagnol, français, anglais et portugais », Mar se dit également très « à l’aise en Italien, polonais et russe ». La jeune IPE gère avec professionnalisme le montage d’un projet de recherche « confidentiel » dans le domaine de la santé, évalué à douze millions d’euros. Si le projet est lancé et si son coordinateur le souhaite, un European project manager 2 du CNRS pourra prendre la suite de l’IPE pour assurer le suivi des actions jusqu’à échéance du contrat de recherche, soit un maximum de six ans. Voilà de quoi rassurer les scientifiques les plus frileux à se lancer dans l’aventure européenne. Séverine Lemaire-Duparcq 1. Le collège d’Europe est un institut universitaire de formation spécialisé dans les études européennes. Il est basé à Bruges et Varsovie. 2. Manager de projet européen. Le journal du CNRS n°238 novembre 2009 © J. Pacaud pour le journal du CNRS



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