CNRS Le Journal n°238 novembre 2009
CNRS Le Journal n°238 novembre 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°238 de novembre 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : CNRS

  • Format : (215 x 280) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 3 Mo

  • Dans ce numéro : Cancer, la recherche durcit le combat

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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18 © Infographies : C. Hein pour le journal du CNRS ; Thorsten - Fotolia.com L’ENQUÊTE CANCER la recherche durcit le combat En 2010, le cancer sera la première cause de mortalité dans le monde selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les progrès de ces dernières décennies dans la compréhension de cette maladie, le diagnostic et les traitements sont encore insuffisants. Dans les labos, toutes les pistes sont donc explorées pour la combattre. L’anthropologie peut-elle améliorer la prévention ? Que nous manque-t-il pour comprendre la biologie du cancer ? Et quels seront les traitements de demain ? À l’occasion des Journées internationales de biologie, qui auront lieu du 3 au 6 novembre à La Défense, et qui seront en partie consacrées au cancer, Le Journal du CNRS dresse un état des lieux des recherches menées contre ce fléau. NOUVEAU REGARD SUR UNE ÉPIDÉMIE > 18 COMPRENDRE LA MALADIE AVANT TOUT > 21 VERS DES TRAITEMENTS PLUS CIBLÉS > 25 Le journal du CNRS n°238 novembre 2009 2 600 000 1 300 000 2 300 000 En 2008 AMÉRIQUES (soit +70%) Total mondial de nouveaux cas : 12,4 millions Total mondial de personnes vivant avec le cancer : 25 millions Total mondial de décès : 7,6 millions Àl’échelle mondiale, 25 millions d’hommes et de femmes sont atteints d’un cancer et trente nouveaux cas sont diagnostiqués à chaque minute. Le fléau le plus répandu ? Le cancer des poumons (1,2 million de nouveaux cas par an), suivi par le cancer du sein (un peu plus d’un million), le cancer du colon ou du rectum (940000), le cancer de l’estomac (870000) et le cancer du foie (560000) 1. Rien que dans notre pays, à l’heure où se met en place le plan Cancer 2009-2013 2, 1 200 000 personnes vivent avec un cancer ou après un cancer, lequel est aujourd’hui la première cause de mortalité, responsable de plus de 145 000 décès en 2008 3. La conclusion s’impose d’elle-même : le cancer est loin d’être vaincu. Nos sociétés sont même confrontées à une épidémie de cancer, la chose s’expliquant en partie par le fait que nous sommes de plus en plus nombreux à 3 40 1 800 000 Nouveau regard 500
0 000 700 000 500 000 300 000 AFRIQUE EUROPE 000 900 000 (soit +80%) 2 600 000 (soit +44%) RÉGION EST-MÉDITERRANÉENNE 600 000 (soit +100%) 1 100 000 1 600 000 LÉGENDES ASIE DU SUD-EST 1 900 000 (soit +72%) Nouveaux cas de cancer en 2008 Décès dus au cancer en 2008 Décès dus au cancer prévus en 2030 Source : Centre international de recherche sur le cancer de l’OMS. 3 700 000 LE CANCER DANS LE MONDE 2 600 000 sur une épidémie vivre plus vieux (c’est-à-dire assez longtemps pour développer une maladie cancéreuse, un cancer sur deux se déclarant, en France, après 61 ans). LE MODE DE VIE MIS EN CAUSE Par ailleurs, 15% des cancers, selon les experts, sont dus à des facteurs génétiques et 85% à des déterminants environnementaux (tabagisme, alcool, polluants, habitudes alimentaires…) donc au mode de vie. D’où la nécessité de multiplier les travaux en épidémiologie socioculturelle pour dénouer l’écheveau des causes à l’origine de la plupart des cancers et planifier au cas par cas des mesures préventives avec les acteurs de santé publique, plaide l’anthropologue Annie Hubert, directrice de recherche émérite au CNRS 4. « Ce type d’enquêtes complète les études épidémiologiques quantitatives qui localisent uniquement les populations à risques », dit cette cher- PACIFIQUE OUEST 4 400 000 (soit +70%) cheuse qui connait son sujet. Elle fut en effet la première à prouver, dans les années 1980, que certaines substances chimiques particulièrement présentes dans l’alimentation des Chinois du Sud, des jeunes Maghrébins et des Groenlandais, expliquait la fréquence élevée du cancer du rhinopharynx (voir carte p.20), associé au virus d’Epstein-Barr, dans ces trois populations. « L’application de l’anthropologie en prévention des cancers, qui éclaire les habitudes et les comportements d’individus partageant une même culture mais qui n’est pas assez reconnue en France, permettrait de comprendre pourquoi certaines populations développent plus fréquemment certains cancers que d’autres (cancers du col de l’utérus chez les Vietnamiennes, du poumon chez les Écossais, du côlon chez les Argentins…) », explique Annie Hubert. Reste que, grâce à des dépistages plus fréquents, des diagnostics plus précoces et des protocoles thérapeutiques plus efficaces, un nombre > Les pays développés sont les plus touchés actuellement. Mais le nombre de décès prévus en 2030 augmente beaucoup plus fortement pour les pays en développement. Selon l’anthropologue Annie Hubert, cela est dû en partie aux infections liées à certains cancers (col de l’utérus, rhinopharynx, etc.) favorisées dans ces pays par de mauvaises conditions d’hygiène. Par ailleurs, ces pays adoptent de plus en plus les habitudes des pays développés (tabagisme, alimentation, etc.) qui leur « apportent » ainsi de nouveaux facteurs de risques. Cancer du sein, du colon et du poumon ne sont par exemple apparus au Japon qu’après l’occupation américaine durant la Seconde Guerre mondiale. LE CANCER EN FRANCE (source : INVS) PROSTATE 66000 (35%) POUMON 24000 (12,7%) COLON-RECTUM 20500 (10,8%) AUTRES 78500 (41,5%) PROSTATE 9900 (11,6%) POUMON 21000 (24,7%) COLON-RECTUM 9100 (10,7%) AUTRES 45000 (53%) 333 000 nouveaux cas en 2008 189000 145500 décès en 2008 85000 60500 L’ENQUÊTE 19 144000 En France, comme dans tous les pays développés, plus de la moitié des cas et des décès sont dus à trois types de cancer seulement. Point positif : selon l’étude Eurocare-4 menée sur 23 pays, la France se classe en 2008 nettement au-dessus de la moyenne européenne pour la guérison 1 : 58,6% des femmes tous cancers confondus et 57,9% des hommes pour le cancer de la prostate, taux le plus élevé d’Europe. 1. On parle de guérison lorsque le risque de décès retombe au même niveau que celui de la population du même âge et de même sexe. SEIN 51000 (35,4%) COLON-RECTUM 18500 (13%) POUMON 8200 (5,6%) AUTRES 66300 (46%) SEIN 12000 (19,8%) COLON-RECTUM 8200 (13,6%) POUMON 6900 (11,4%) AUTRES 33400 (55,2%) Le journal du CNRS n°238 novembre 2009



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