CNRS Le Journal n°232 mai 2009
CNRS Le Journal n°232 mai 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°232 de mai 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : CNRS

  • Format : (215 x 280) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : Les talents cachés de la chimie

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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34 INSITU PROGRAMME À l’origine du son Au centre, un instrument à vent numérique utilisé au cours du programme Consonnes. Il est constitué d’un capteur de gestes qui pilote un logiciel de synthèse sonore reposant sur le fonctionnement des instruments réels. BRÈVE La science entre en Seine Du 26 au 31 mai, la science envahit la capitale ! C’est en effet la 5 e édition du Festival Sciences sur Seine, organisé par la Mairie de Paris et dont le CNRS est partenaire. Une nouvelle fois, le grand public est convié à la découverte des sciences et du patrimoine scientifique parisien, aussi bien dans des salles de spectacles que dans la rue et les jardins publics. Parmi les temps forts du festival : une nuit d’observation du ciel au parc Montsouris, une soirée de projection de courts-métrages scientifiques sur le parvis de l’Hôtel de ville, deux grands débats publics au cloître des Cordeliers Le journal du CNRS n°232 mai 2009 © Ph. Guillemain (voir p. 2), ou encore le 10 e Salon des jeux mathématiques sur la place Saint-Sulpice. Au total, ce sont une cinquantaine de manifestations gratuites et accessibles à tous qui attendent les Parisiens, dont des promenades instructives sur la géologie de la capitale, et des soirées mêlant science et théâtre 1. Franciliens, un autre événement est à noter sur vos agendas : Futur en Seine 2, une grande fête populaire consacrée au numérique. Organisée par la Mairie de Paris, la Région Île-de France et le pôle de compétitivité Cap Digital, elle aura lieu du Le programme Consonnes, auquel participent plusieurs laboratoires du CNRS, s’achève après plus de trois ans d’existence. À la clé : une meilleure compréhension des sons émis par les instruments de musique. Qu’est-ce qui différencie le jeu de Miles Davis de celui d’un trompettiste de fanfare ? Ou celui de Nigel Kennedy d’un violoniste amateur ? Du point de vue artistique, c’est le talent. Du point de vue scientifique, plusieurs éléments, que la trentaine de chercheurs du programme Consonnes 1 ont eu à cœur d’analyser pendant trois ans et demi. Directeur de recherche au Laboratoire de mécanique et d’acoustique (LMA) 2, à Marseille, Jean Kergomard a orchestré les travaux menés avec le Laboratoire « Traitement et communication de l’information » (LTCI) 3 et l’unité « Sciences et technologies de la musique et du son » (STMS) 4, ainsi que des partenaires étrangers. Ce spécialiste du son a les bons mots pour expliquer simplement la teneur du projet : « L’objectif était de comprendre la relation entre les paramètres de jeu d’un instrumentiste et le son produit. » 29 mai au 7 juin à Paris et dans toute l’Île-de-France. À découvrir par exemple : une démonstration par Christian Jacquemin, du Laboratoire d’informatique pour la mécanique et les sciences de l’ingénieur 3, d’un système de « réalité augmentée mobile » : une balade au fil de l’eau dans un univers d’images mouvantes… 1. Retrouvez tout le programme du festival sur www.paris.fr 2. Tous les événements sont sur www.futur-en-seine.org 3. Laboratoire CNRS/Universités Paris-VI et XI. La trompette, le violon, la clarinette et la flûte ont été au cœur des recherches dont les dernières notes se jouent ce mois-ci. Ces instruments à vent et à cordes frottées, dits auto-oscillants, sont complexes à étudier, car l’effet obtenu n’est pas proportionnel à la cause. On parle de non-linéarité. Le son d’une clarinette, par exemple, dépend de l’appui des lèvres sur l’anche et de la pression dans la bouche. Si la démonstration est facilement identifiable à l’oreille, elle ne l’est pas forcément en laboratoire. Surtout lorsqu’il faut composer avec un élément clé : le transitoire. Bien connu des musiciens, ce moment furtif caractérise le début et la fin d’un son. Sans lui, impossible de distinguer une flûte d’un hautbois. Pour décortiquer l’équation sonore de ces instruments, l’équipe du programme Consonnes a donc eu recours à plusieurs artifices. Un contrôleur de souffle par exemple, pour simuler et tester des instruments sur ordinateur en exploitant les derniers modèles physiques de l’équipe. Mais aussi une bouche artificielle, capable de souffler dans une trompette de diverses manières pour obtenir des sons réalistes et reproductibles. Et les résultats sont là. Sur le plan purement acoustique tout d’abord, Consonnes a permis de mieux appréhender ces différents phénomènes, et ainsi de perfectionner les algorithmes de synthèse sonore. En agissant non pas sur le résultat, mais bien en amont, sur les paramètres de jeu. Sur le plan musical ensuite, Consonnes va permettre d’affiner la fabrication de certains instruments, mais va aussi fournir de nouvelles clés pour l’apprentissage de la musique. Dans un avenir plus lointain, Consonnes pourrait aussi contribuer au développement de robots musiciens. Stéphan Julienne ➔ À lire Acoustique des instruments de musique, Jean Kergomard et Antoine Chaigne, éditions Belin, novembre 2008 1. Consonnes est un projet blanc de l’ANR. 2. Laboratoire CNRS/Universite Aix-Marseille-I/Centrale Marseille. 3. Laboratoire CNRS/Éc. nat. sup. telecom Paris. 4. Unité CNRS/Ircam. CONTACT ➔ Jean Kergomard Laboratoire de mécanique et d’acoustique, Marseille kergomard@lma.cnrs-mrs.fr
© P.Olivier/Ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec ENVIRONNEMENT Les mines sous surveillance Altération du paysage, rejets de produits toxiques pouvant affecter la faune et la flore… Les mines peuvent poser de sérieux problèmes environnementaux. C’est encore plus vrai dans les milieux fragiles comme le Grand Nord ou les tropiques, souvent très riches en minerai mais déjà mis à mal par le changement climatique. Comment évaluer les conséquences environnementales d’un projet minier et éviter de nouvelles catastrophes ? Deux instituts du CNRS, l’Institut national des sciences de l’Univers du CNRS (Insu) et l’Institut « Écologie et environnement », en partenariat avec l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et le ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec, ont proposé de construire un observatoire international de l’environnement minier en s’appuyant sur deux sites d’étude : l’un situé sur le complexe minier de Raglan dans la péninsule d’Ungava au Québec et l’autre dans le Sud de la Nouvelle-Calédonie. Cet observatoire, en cours d’achèvement, va permettre la surveillance de l’environnement avant, pendant et après l’exploitation de nouveaux gisements de nickel, avec l’aide des populations locales (Inuit et Kanak). Suivi de la biodiversité, analyses chimiques de l’eau, de l’air et des sols, enquêtes auprès des habitants… Il pourra dresser un bilan complet de l’impact environnemental des mines. « À ce volet consacré à la surveillance in situ viendra s’ajouter la dimension internationale de la recherche », indique Bruno Goffé, directeur adjoint scientifique des sciences de la Terre à l’Insu et initiateur du projet. Les participants au programme étaient d’ailleurs réunis les 23 et 24 mars derniers à Aixen-Provence 1 afin de coordonner les actions scientifiques qui accompagneront le programme. Des appels à projets devraient bientôt être lancés auprès des laboratoires de recherche engagés sur ces thématiques. « Avec ces observatoires, nous disposerons de deux « sondes » comparables sur la planète : toutes deux organisées autour de l’exploitation massive du nickel, elles enregistreront et analyseront les conséquences environnementales des activités humaines sur les milieux naturels fragiles et les populations qui y vivent », précise Bruno Goffé. C’est aussi un bon moyen de faire prendre conscience aux exploitants miniers, partenaires du programme, de l’importance de leurs activités sur un environnement de plus en plus vulnérable du fait du changement global. Fabrice Demarthon 1. Où se situe déjà l’Observatoire Homme-Milieu de la mine de Gardanne. CONTACT ➔ Bruno Goffé Institut national des sciences de l’univers du CNRS (Insu) bruno.goffe@cnrs-dir.fr BRÈVE Nouvel accord avec Bayer Cropscience INSITU 35 Mine de nickel de Raglan, exploitée dans le Nord de la péninsule d’Ungava, au Québec. Au premier plan, l’empilement de pierre – un Inuksuk – révèle la présence Inuit. Le 30 mars dernier, à Paris, le CNRS et Bayer Cropscience – une filiale du groupe Bayer leader dans l’innovation en protection des cultures et en biotechnologie des plantes qui emploie à elle seule 18000 personnes dans le monde – ont reconduit pour quatre ans l’accord-cadre signé en 2005. Les recherches communes porteront sur l’alimentation de la population mondiale dans le cadre du changement climatique, l’idée étant d’améliorer la tolérance au stress des plantes et d’augmenter les rendements des récoltes. L’entreprise investira ainsi environ 4 millions d’euros dans des projets communs avec différents laboratoires du CNRS, dont l’unité « Microbiologie, adaptation et pathogénie » 1. Selon Arnold Migus, directeur général du CNRS, pour qui le bilan des quatre premières années est largement positif, « le renouvellement de cet accord-cadre doit permettre d’accroître les interactions scientifiques et technologiques, notamment dans le domaine de la santé des plantes et des procédés respectueux de l’environnement ». 1. Unité CNRS/Université de Lyon-I/Bayer Cropscience/Insa Lyon. > www2.cnrs.fr/presse/communique/1560.htm Le journal du CNRS n°232 mai 2009



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