CNews n°2629 24 nov 2021
CNews n°2629 24 nov 2021
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2629 de 24 nov 2021

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Matin Plus S.A.

  • Format : (595 x 815) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 14,3 Mo

  • Dans ce numéro : le féleau du crack.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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8 GRAND ANGLE 8 N°2629 MERCREDI 24 NOVEMBRE 2021 CNEWS.FR J. SAGET/AFP DE PLUS EN PLUS RÉPANDU, LE PHÉNOMÈNE EST AU CŒUR DES DÉBATS LE CAUCHEMAR DU CRACK La situation a empiré pour les consommateurs, qui tentent de survivre dans des conditions de plus en plus difficiles. Les problèmes sanitaires et sécuritaires liés aux trafics de drogue s’aggravent, mais les autorités peinent à les régler. L’enfer du crack. Dérivé bon marché de la cocaïne, diluée avec du bicarbonate de soude ou, plus dangereux encore, avec de l’ammoniaque, cette drogue aux effets puissants mais très brefs et particulièrement dévastateurs, fait depuis des années des ravages à Paris et dans d’autres grandes villes françaises comme Bordeaux, Strasbourg ou Lille. Si le nombre de consommateurs est estimé à une dizaine de milliers, une poignée d’entre eux ont sombré et vivent dans la rue. Avec des conséquences parfois tragiques. Une extrême précarité Traités en paria, la plupart des toxicomanes ont souvent tout perdu, ne touchent aucune aide, n’ont plus de famille et survivent en commettant des vols ou en se prostituant. Ils « portent des problématiques de précarité extrêmement importantes », résultat « d’années de consommation à la rue […] avec toutes les violences que l’on peut imaginer », explique le docteur Thomas Dusouchet, responsable de l’association Gaïa à Paris. Autrefois discrète, leur simple présence est désormais devenue un problème, no- tamment dans le centre-ville de Bordeaux ou à Paris depuis le démantèlement, fin 2019, de la colline du crack, où ils avaient trouvé refuge. D’un côté, eux se disent prisonniers de cette drogue ultra-addictive pour laquelle il n’existe aucun traitement de substitution. De l’autre, les riverains des zones ouvertes de consommation manifestent leur colère face à la violence et l’insécurité générées par la présence des consommateurs mais aussi des dealers, se sentant abandonnés des pouvoirs publics. Mais face à ce fléau en explosion, force est de constater que les solutions manquent à l’appel. Il existe pourtant de nombreuses structures pensées pour accueillir les personnes souffrant d’addictions. Une centaine de centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des ris ques chez les usagers de drogues (CAARUD) sont ouverts à tous, principalement dans les grandes villes. Deux salles de consommation à moindres risques (SCMR) – appelées « salles de shoot » – ont également été inaugurées à Paris et Strasbourg en 2016, pour une expérimentation de six ans. Mais tout cet arsenal semble montrer ses limites. QUID DES DEALERS ? SIPA REPÈRES 7 NOVEMBRE 2019. Le ministre de l’Intérieur de l’époque, Christophe Castaner, annonce le démantèlement de la colline du crack. 23 SEPTEMBRE 2021. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, annonce l’expérimentation de Haltes soin addiction, qui offriront « une prise en charge intégrée des usagers ». 24 SEPTEMBRE. Devenus trop encombrants à Stalingrad, puis aux Jardins d’Eole, les toxicomanes sont déplacés vers la Porte de la Villette. 25 OCTOBRE. Le Premier ministre Jean Castex refuse à la maire de Lille, Martine Aubry, l’ouverture d’une salle de consommation dans sa ville. 28 OCTOBRE. Une jeune toxicomane de 28 ans est retrouvée morte square de la Porte de la Villette, décédée d’une overdose d’héroïne. Des solutions à l’étude Souvent accusée de ne rien faire, la municipalité parisienne plaide de son côté pour la mise en place rapide d’un « réseau métropolitain » de lieux d’accueil, proposant consommation supervisée, accès aux soins et hébergement. Un projet ambitieux qu’elle n’entend pas mettre en place seule, dans la mesure où l’accompagnement des toxicomanes est une compétence du ministère de la Santé, et que la lutte contre le trafic de stupéfiants est une compétence du ministère de l’Intérieur. Mi-septembre, le Premier ministre donnait son feu vert pour « la création de nouveaux lieux dédiés à l’accueil et au repos », invitant l’édile parisienne à proposer des sites pour les accueillir, juste avant que le ministre de la Santé annonce à son tour la prochaine expérimentation de Haltes soin addiction (HSA) financées par l’Etat. Un débat qui s’est en outre invité dans la campagne présidentielle, puisque certains candidats ont fait part de leurs idées, à l’instar de Valérie Pécresse qui propose l’ouverture d’un centre de désintoxication. De quoi rendre encore plus complexe ce dossier déjà explosif. n L’INFO EN PLUS Il existe près de 20 salles de consommation en Suisse, soit une pour 500 000 habitants. En France, il y en a deux pour 67 millions de personnes. En parallèle de la recherche de solutions pour les toxicomanes, la préfecture de police de Paris a décidé de mettre le paquet sur le volet « répression » de la lutte contre le crack. Le 13 octobre dernier, le préfet Didier Lallement faisait d’ailleurs état d’un premier « bilan extrêmement significatif », avec 284 personnes interpellées pour trafic de crack, 328 autres pour usages de stupéfiants. Dans le cadre de cet « ensemble très vaste d’interpellations », le préfet se félicitait de la saisie de « quasiment 3 kg de crack » et du démantèlement de « 11 cuisines de crack ».



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