CNews n°2503 12 déc 2019
CNews n°2503 12 déc 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2503 de 12 déc 2019

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Matin Plus S.A.

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 25

  • Taille du fichier PDF : 5,8 Mo

  • Dans ce numéro : la crise s'enlise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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6 T. SAMSON/AFP Si l’exécutif a fait hier des concessions, elles sont loin d’avoir calmé la colère, faisant s’éloigner une sortie de crise. Le verdict est tombé mais la colère ne faiblit pas. Au septième jour de grève dans les transports, ponctuée de mobilisations en série, Edouard Philippe a dévoilé, hier, les grandes lignes de la future réforme visant à remplacer les 42 régimes actuels de retraite par un système universel par points. Dans un discours solennel, le Premier ministre a, sans surprise, officialisé une série de concessions. Il a par exemple indiqué que les générations nées avant 1975 ne seraient finalement pas concernées par la réforme. Mais si le chef du gouvernement a assuré que « ces garanties données » justifient que le mouvement « s’arrête », les annonces sont loin d’avoir convaincu les grévistes qui, au contraire, ont appelé à le renforcer. Les opposants très remontés Sans surprise, les réactions les plus virulentes sont venues de la CGT, dont la branche cheminots, premier syndicat de la SNCF, veut, au côté de l’Unsa, organisation majoritaire à la RATP, durcir la grève. « Le gouvernement s’est moqué du monde », a ainsi réagi Philippe Martinez. L’exécutif a en effet confirmé que GRAND ANGLE N°2503 JEUDI 12 DÉCEMBRE 2019 CNEWS.FR LE PROJET DE RÉFORME DES RETRAITES N’A PAS SATISFAIT LES SYNDICATS LE BRAS DE FER CONTINUE Après avoir présenté son grand plan, le Premier ministre a assuré que sa porte restait « ouverte » à la discussion. les régimes spéciaux – dont les bénéficiaires sont les plus actifs depuis le début du mouvement – allaient bien disparaître, même si la transition devrait être plus longue que celle initialement envisagée. A ce stade, dans le secteur, seuls les salariés nés à partir de 1980 (pour ceux qui liquident leurs droits à 57 ans) et 1985 (pour ceux qui partent à 52 ans) sont en effet concernés. Autre sujet sensible  : la mise en place d’un « âge d’équilibre », selon les termes du gouvernement, fixé à 64 ans. Les travailleurs qui choisiront de partir à la retraite avant cet âge seront pénalisés financièrement (malus), alors que ceux qui choisiront de partir après seront, à l’inverse, avantagés (bonus). « Une ligne rouge a été franchie », a tonné Laurent Berger, le numéro un de la CFDT. Car, dès le début des négociations, son syndicat – le plus important parmi ceux favorables à la réforme par points – avait en effet jugé que cet « âge pivot » allait pénaliser ceux qui ont commencé leur carrière tôt. « Le mécontentement et la détermination restent entiers », résume la FSU, premier syndicat chez les enseignants dont le futur système, s’il est censé « sanctuariser » le niveau de leur pension, a toutefois été un « électrochoc », révélant un malaise plus profond. Même son de cloche chez les policiers, qui, malgré la promesse de dérogations, ont eux aussi appelé à « durcir » le mouvement. De minces marges de manœuvre Devant une telle levée de boucliers, la voie vers une sortie de crise semble nettement se boucher pour le gouvernement. Une fois la réforme des retraites présentée, Edouard Philippe a toutefois assuré au Sénat que sa porte était « ouverte » à la discussion et sa main « tendue » aux organisations syndicales. « En l’état, la stratégie de l’exécutif pourrait consister à continuer de rassurer les Français en offrant des garanties sur le REPÈRES MARTINEZ OPPOSANT EN CHEF B. GUAY/AFP 1945. La Sécurité sociale est créée. Les retraites par répartition sont instaurées mais certaines professions ne sont pas affiliées. 1982. Les socialistes abaissent l’âge de la retraite à 60 ans, contre 65, pour une carrière complète. 1993. Dans le privé, le calcul de la retraite se fait dorénavant sur les vingt-cinq meilleures années (au lieu des dix), et il faut cotiser quarante ans (au lieu de trente-sept et demi) pour une pension complète. 1995. Alain Juppé veut réformer les retraites des fonctionnaires et celles des régimes spéciaux. Il retire son projet après trois semaines de grève. 2010. Pour tenter de résorber un déficit de 32 milliards d’euros, l’âge de départ à la retraite passe progressivement à 62 ans. futur système », analyse le spécialiste des mouvements sociaux Rémi Bourguignon. Ce faisant « ne resteraient mobilisés que les régimes spéciaux », expli quet-il. Dans ce contexte, le soutien de l’opinion aux grévistes, jusque-là majoritaire, pourrait être renversé. La journée d’aujourd’hui, avec de nouvelles mobilisations, constituera ainsi un vrai test pour la suite du mouvement. n L’INFO EN PLUS Parmi les Etats de l’OCDE, sur la période 2008-2017, la France a été le pays le plus en grève (118 jours de travail concernés pour 1000 salariés). Philippe Martinez s’est affirmé en opposant numéro un à la réforme des retraites. Le week-end dernier, il avait notamment affirmé que son syndicat tiendrait « jusqu’au retrait » pur et simple du projet, fustigeant l’exécutif qui, selon lui, « fait tout pour que les grèves » durent. Opposant « frontal », comparativement à la CFDT jugée plus « réformiste », il a en outre, durant les dix-huit mois de concertation avec Jean-Paul Delevoye, maintenu la même pensée  : « Oui au maintien des régimes spéciaux, non au système de retraite universel. » Une position claire mais risquée.
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