CNews n°2492 25 nov 2019
CNews n°2492 25 nov 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2492 de 25 nov 2019

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Matin Plus S.A.

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 25

  • Taille du fichier PDF : 7,0 Mo

  • Dans ce numéro : interview de Marlène Schiappa au sujet des violences contre les femmes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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6 N. REVELLI-BEAUMONT/SIPA POUR CNEWS GRAND ENTRETIEN N°2492 LUNDI 25 NOVEMBRE 2019 CNEWS.FR MARLÈNE SCHIAPPA, CHARGÉE DU GRENELLE DES VIOLENCES CONJUGALES « TOUT FAIRE POUR PROTÉGER » Sous pression, la secrétaire d’Etat à l’Egalité femmes-hommes reste confiante et défend l’action du gouvernement. Alors que la marche de ce week-end a été très suivie, une ambitieuse série de mesures va être dévoilée ce matin. C’est l’heure du bilan pour Marlène Schiappa. Trois mois après avoir lancé le Grenelle des violences conjugales, le 3 septembre dernier, en écho au numéro d’urgence 3919, la secrétaire d’Etat à l’Egalité femmes-hommes conclut aujourd’hui cette vaste concertation, pour la Journée internationale de l’élimination de la violence à l’égard des femmes. En première ligne sur ce dossier, elle sera entourée pour l’occasion d’une douzaine d’autres ministres (Justice, Education…) pour officialiser de nouvelles mesures annoncées par le Premier ministre, Edouard Philippe. Mais après la marche de samedi, qui a mobilisé des milliers de personnes à Paris, au-delà de la volonté affichée, il va falloir surtout convaincre. Quel bilan dressez-vous du Grenelle des violences conjugales ? Ce Grenelle a d’abord permis de parler des féminicides et des violences conjugales comme jamais auparavant. En ayant réuni autour de la table tous les acteurs (associations, magistrats, policiers...), le Premier ministre et l’ensemble du gouvernement ont voulu adresser un message fort à la fois aux victimes, pour les protéger en les invitant à s’emparer des dispositifs existants, mais aussi aux auteurs de violences, pour les prévenir que leurs actes ne seront pas impunis. Un collectif recense 138 victimes de féminicides depuis janvier. Qu’est-ce qui va changer ? Il convient d’abord d’être prudent sur ce chiffre, dans la mesure où plusieurs enquêtes sont en cours, elles seules permettront de dire quelles affaires sont des féminicides ou non. Il n’en reste pas moins que, quel que soit le chiffre, il sera bien sûr toujours trop élevé. Je crois que ce qui va changer et le faire baisser, c’est avant tout un changement systémique. Désormais, je pense que tout le monde est déterminé à prendre ses responsabilités. C’est en agissant ensemble que ce Grenelle a été décisif. NousToutes, qui organisait samedi une marche, réclame « un milliard » pour la lutte. Qu’en pensez-vous ? J’observe que leur demande a évolué. Leur revendication était d’abord d’avoir un milliard « comme en Espagne », soit un milliard sur cinq ans, pour l’égalité femmes-hommes. Entre 2012 et aujourd’hui, le budget consacré à l’égalité femmes-hommes a été multiplié par deux et pour 2020, il sera de 1,116 milliard d’euros. Donc, c’est cinq fois plus que l’Espagne. Aujourd’hui, leur revendication est d’obtenir un milliard par an contre les violences et plus uniquement pour l’égalité femmes-hommes. Je ne suis pas dans la surenchère des moyens. Le bracelet anti-rapprochement va-t-il devenir une réalité ? Ce dispositif, qui permet de maintenir à distance les conjoints ou ex-conjoints violents en alertant automatiquement les forces de l’ordre, sera généralisé dès L’autorité parentale sera suspendue dans les cas de féminicides. N. REVELLI-BEAUMONT/SIPA POUR CNEWS REPÈRES 1989. Les pouvoirs publics lancent la première campagne nationale sur les violences conjugales. 1990. La Cour de cassation reconnaît le viol entre époux. Une première en matière judiciaire. 1994. Le nouveau code pénal accorde une spécificité aux violences conjugales, et prévoit des peines aggravées pour leurs auteurs. 2004. Le premier plan interministériel de lutte contre les violences faites aux femmes est lancé. Quatre autres se sont depuis succédé. 2010. L’ordonnance de protection, qui interdit à l’auteur de violences de contacter la victime, est créée. 2017. Emmanuel Macron déclare l’égalité femmes-hommes « grande cause du quinquennat ». l’an prochain. Pour cela, ce sont plus dee 5,6 millions d’euros qui sont engagés. Cee bracelet vient en complément du télé-phone grave danger qui, lui, existe déjà mais qui doit être actionné par la victimee pour alerter les policiers. Nous faisonss d’ailleurs en sorte que ces téléphoness soient mieux distribués. Les conjoints violents sont parfois aussi des parents. Allez-vous revoir l’autorité parentale ? La suspension automatique de l’autoritéé parentale pour les hommes qui ont tuéé la mère de leurs enfants fait bien partiee des mesures présentées. Une proposi-tion de loi sera portée très prochaine-ment par des députés LREM avec l’appuii du gouvernement. Pour les hommes au-teurs de violences conjugales, elle pré-voit en outre un aménagement de l’au-torité parentale. Ils conserveront leurss devoirs, notamment celui de payer laa pension alimentaire, mais ils perdrontt certains droits comme les droits de visitee et d’hébergement, parce qu’ils représen-tent une menace pour leurs enfants. On sait que les armes des conjointss violents seront désormais saisies. Comment cela va-t-il se passer ? Suite à une plainte pour violences conju-gales, les armes à feu seront saisies dèss le début de l’enquête. Cela fait partie duu protocole mis en œuvre dans les com-missariats et les gendarmeries et appli-cable dès aujourd’hui. On dit souventt
CNEWS.FR N°2492 LUNDI 25 NOVEMBRE 2019 7 qu’une femme est « morte sous les coups de son conjoint » mais, en réalité, les armes à feu et les armes blanches constituent, de loin, le premier mode opératoire. Cette méthode s’applique déjà en Espagne avec succès et nous la mettons donc également en place. Beaucoup de plaintes sont classées sans suite. Faudrait-il des sanctions en cas de manquements ? Je crois que le rôle du gouvernement n’est pas tant de blâmer les forces de l’ordre que de leur donner de meilleurs outils. C’est pourquoi, vendredi, avec le ministre de l’Intérieur Christophe Casta- nous nous sommes aussi rendus à ner, l’école de gendarmerie de Chaumont (Haute-Marne) pour présenter une grille d’évaluation du danger. Elle permet aux forces de l’ordre de bien cerner le danger pour mieux protéger les femmes. Le but étant de mieux instruire les plaintes, d’avoir partout la même prise en charge et de les transmettre aux parquets. Quel suivi faut-il pour les auteurs de féminicides en matière d’alcool, présent dans 30% des cas ? Désormais, dès l’ouverture d’une en- une évaluation médico-psycholo- quête, gique sera faite pour permettre une prise en charge rapide de l’auteur. Je précise néanmoins que, si l’alcool peut être l’élé- 5tt nove 15tï... "- LA GRANDE BRADERIE DE LA MODE Vendredi 29 Novembre de 11h à 2Dh. Samedi 30 Novembre de 11 h à 18h. Dirmandie 1. Décembre de 11 h à 18h. BETC Les Magasins généraux, 1, rua de l'Ancien canal - 92S00PAT3TIFT Mens Église de Penh,. Plus dWormatbris sur aldes.orgibraderle Ai BETC " wParisien F I 1:1nEws coiean GRAND ENTRETIEN ment déclencheur des violences conjugales, ce n’en est pas la cause. Il y a des gens qui boivent de l’alcool, parfois en grande quantité, et qui ne seront pourtant jamais violents. Faut-il revoir la définition du viol en France, comme l’a récemment préconisé le Conseil de l’Europe ? Nous avons déjà soulevé ce débat l’an dernier à l’occasion d’une loi contre les violences sexistes et sexuelles. Aujourd’hui, la définition du viol en France consiste en un rapport sexuel avec pénétration obtenu sous la menace, la contrainte ou la surprise. Il y a des standards européens qui veulent plutôt que l’on se base sur une définition à la suédoise, et que l’on considère qu’il y a viol dès l’absence de consentement explicite. Je pense pour ma part que la définition française du viol est solide et constitue un bon compromis. Mais elle doit être davantage suivie d’effets. —Des Mato dela Cculiloseiternacenak Rida Il faut avancer sur le secret médical. Les soignants doivent protéger les victimes sans être inquiétés. Le secret médical doit-il être levé pour signaler, même contre leur gré, les victimes de violences ? C’est une proposition que je porte avec la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, et qui est une demande de beaucoup de professionnels de santé. J’ai d’ailleurs rendez-vous cette semaine avec le président de l’Ordre des médecins pour avancer sur ce sujet. Lorsque les soignants savent que quelqu’un est en danger, ils doivent pouvoir protéger la victime sans être inquiétés. Cinq plans ministériels se sont déjà succédé. Diriez-vous que, cette fois, il y aura moins de victimes ? Force est de constater que les précédents plans ministériels n’ont pas fonctionné. Je ne les mets pas pour autant en cause car ils ont, je pense, à chaque fois permis de renforcer la protection des femmes, mais cela n’a pas été porté à son terme. Prenons le numéro 3919. Créé sous une autre forme il y a une dizaine d’années, seuls 8% de la population le connaissaient, contre 59% aujourd’hui grâce au Grenelle. n L’INFO EN PLUS À UNIVERSITÉ PARIS 1 PANTHÉON SORBONNE FORMATION CONTINUE La première de la pièce « Violences conjugales », procès fictif d’un viol conjugal, aura lieu ce soir à Paris, en présence de Marlène Schiappa. COURS DE LANGUES FRANÇAIS LANGUE ÉTRANGÈRE CFLE) Public salariés ou étudiants francophones ou étrangers (niveaux CI ou C2) Améliorer ses écrits (16h) 13 et 20/12119 ou 10 et 17/01120 TARIF 272 11‘. Préparation au diplôme d'études en langue française I DELF (40h par cours de 2h) Ou 08106120 au 03/07/20 TARIF  : 884  € RENSEIGNEMENTS ET INSCRIPTIONS formations-courtes-fcpsPuniv- paristfr Tél  : 01 53 55 27 69 Service Formation continue 21 rue Broca 175005 Paris N. REVELLI-BEAUMONT/SIPA POUR CNEWS



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