CNews n°2489 20 nov 2019
CNews n°2489 20 nov 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2489 de 20 nov 2019

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Matin Plus S.A.

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 25

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : crise de l'hôpital, le plan d'urgence.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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8 P.HUGUEN/AFP Plusieurs pistes sont envisageables pour venir au secours de l’institution et mettre fin à une très longue crise. Des hôpitaux publics à réanimer. Depuis le mois de juin, deux plans ont été proposés par l’Etat  : une aide de 70 millions d’euros pour les urgences et une autre de 750 millions d’euros sur quatre ans pour l’ensemble du milieu hospitalier. Trop peu à en croire la mobilisation continue des professionnels. Après la manifestation du 14 novembre, où 268 établissements étaient en grève, Emmanuel Macron a donc promis des décisions fortes. C’est d’ailleurs son Premier ministre, Edouard Philippe, qui a pris la main sur le dossier, chargé d’annoncer ce matin, à l’issue du Conseil des ministres, « le montant, l’ampleur, les modalités techniques et le calendrier » du « plan renforcé ». Si les détails ne sont pas connus, des tendances se dégagent sur les mesures qui devraient être prises. Des moyens financiers et humains Dans un premier temps mise de côté par Bruno Le Maire, la possibilité d’un rachat de la dette des hôpitaux (29,5 milliards d’euros l’an dernier), a pris de l’épaisseur ces derniers jours. Cette mesure permettrait aux établissements de soulager leurs finances et d’investir. Elle GRAND ANGLE N°2489 MERCREDI 20 NOVEMBRE 2019 CNEWS.FR LE GOUVERNEMENT DOIT ANNONCER CE MATIN UNE SÉRIE DE MESURES UN REMÈDE POUR L’HÔPITAL L’Etat pourrait vouloir reprendre, au cas par cas, la dette des établissements qui s’élève à plusieurs milliards d’euros. représente en effet 42% du chiffre d’affaires annuel des hôpitaux publics et plombe les finances. Chaque année, son remboursement leur coûte 840 millions d’euros aux hôpitaux et les empêche d’investir. Toutefois, elle ne devrait pas être rachetée dans sa globalité, mais au cas par cas, selon les établissements. L’autre piste concerne l’Objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam). Il s’agit d’un montant de dépenses à ne pas dépasser, voté chaque année par le Parlement au moment de la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS). Pour l’année prochaine, il a été fixé à 2,1% des dépenses globales d’assurance maladie et pourrait obliger les hôpitaux à faire des économies car les dépenses, elles, ne cessent d’augmenter. La Fédération hos pitalière de France (FHF) a fait part de son inquiétude et une aide de 250 millions d’euros devrait être actée pour 2020. Le gouvernement planche aussi sur une revalorisation des salaires pour faire face à la concurrence du privé et à une hausse des effectifs pour combler les postes vacants (400 en région parisienne). Cependant, des contreparties sont attendues. Elles devraient concerner la lutte contre l’absentéisme ou une nouvelle organisation dans les établissements. QUID DES VIOLENCES ? O. MORIN/AFP REPÈRES 18 MARS 2019. A la suite d’une série d’agressions, les personnels des urgences de Saint-Antoine, à Paris, se mettent en grève. En trois mois, plus de 150 services les rejoignent. 14 JUIN. L’Etat débloque 70 millions d’euros d’aides. Une « goutte d’eau dans un océan », selon les soignants. 2 JUILLET. Les grévistes manifestent à nouveau à Paris, revendiquant toujours davantage de moyens (hausse des salaires, embauches, lits...). 9 SEPTEMBRE. Face aux 250 services d’urgences en grève (soit plus d’un tiers), l’Etat annonce un plan de 754 millions d’euros jusqu’en 2022. Sans convaincre les grévistes. 14 NOVEMBRE. Huit mois après le début de leur mouvement, quelque 10 000 soignants manifestent à Paris pour défendre « l’hôpital public ». Le spectre de nouvelles grèves Si certaines revendications devraient donc être entendues, d’autres pourraient avoir plus de mal à être appliquées. Le personnel hospitalier demande par exemple 300 euros net. Une demande qui sera compliquée à satisfaire. Afin d’avoir des établissements plus efficaces, les syndicats souhaitent l’abandon de la tarification à l’activité. Une mesure datant de 2007 et qui récompense financièrement les hôpitaux qui font plus d’interventions. Enfin, le personnel de santé voudrait que tous les soignants soient associés à la gouvernance de l’hôpital. En cas de déception sur les réponses apportées au malaise des hôpitaux, le personnel a notamment fait savoir par la voix du collectif Inter-urgences, qui regroupe plusieurs centaines de soignants, qu’il était prêt à un long bras de fer. La grève du 30 novembre serait maintenue, avant de rallier le mouvement social national du 5 décembre. n L’INFO EN PLUS En 2018, la France a dépensé en moyenne 3 037 euros par habitant pour assurer les soins de santé. Un des chiffres les plus hauts de l’UE. Si elles ne devraient pas être au programme du plan présenté aujourd’hui par le gouvernement, les violences contre le personnel hospitalier restent monnaie courante. Le week-end dernier, encore, un patient en état d’ivresse a tenté d’étrangler un soignant aux urgences de Rennes. Selon une étude de l’Observatoire national des violences en milieu de santé (ONVS), une agression, physique ou verbale, a ainsi lieu toutes les trente minutes  : 60% concernent la prise en charge des patients, 12% une forte alcoolisation de ces derniers et 11% un temps d’attente jugé trop long.
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