CNews n°2473 10 oct 2019
CNews n°2473 10 oct 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2473 de 10 oct 2019

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Matin Plus S.A.

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 25

  • Taille du fichier PDF : 6,5 Mo

  • Dans ce numéro : la crise sans fin...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 6 - 7  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
6 7
6 MOHD RASFAN/AFP La contestation des pro-démocratie semble être sans issue dans l’immédiat, et fait même tache d’huile à l’étranger. La crise s’enlise. Depuis quatre mois, les Hongkongais protestent plusieurs fois par semaine pour lutter contre l’influence grandissante de Pékin dans la vie politique du territoire autonome. La colère, qui était originellement concentrée sur le projet de loi autorisant les extraditions vers la Chine, s’est étendue et dénonce également le manque de démocratie et de libertés individuelles à Hong Kong. La stratégie du pourrissement Malgré un dialogue organisé par Carrie Lam, la chef de l’exécutif pro-Pékin, avec 150 Hongkongais en septembre, la situation politique stagne. Ce territoire rétrocédé à la Chine en 1997, après un siècle et demi sous drapeau britannique, possède théoriquement les garanties d’un système autonome. C’est pourquoi les militants demandent aujourd’hui des élections libres ou encore la démission de Carrie Lam. Cependant, la Chine ne cède pas et a mis en place une stratégie du statu quo pour essouffler le mouvement. « Ils espéraient le même résultat que lors des manifestations pro-démocratie de 2014, qui avaient duré 79 jours, GRAND ANGLE N°2473 JEUDI 10 OCTOBRE 2019 CNEWS.FR PÉKIN ET HONG KONG DOS À DOS APRÈS QUATRE MOIS DE TENSIONS DANS L’IMPASSE CHINOISE Les scènes de guérilla urbaine sont devenues monnaie courante depuis le début du mouvement, au mois de juin. sans succès », explique Michel Bonnin, chercheur au CNRS et spécialiste de la Chine. Seulement, les Hongkongais ont retenu la leçon. La colère n’a fait que se renforcer et les contestataires se sont radicalisés. Les scènes de guérilla urbaine sont quotidiennes, avec des jets de cocktails Molotov ou de pierres en réaction aux gaz lacrymogènes des forces de l’ordre, qui ont remplacé les sit-in pacifiques et les chaînes humaines. Les lasers uti - lisés pour aveugler les policiers ont disparu, pour laisser place à des affron - tements parfois sanglants, comme lors - qu’un participant a pris une balle policière à bout portant, le 1er octobre. Seuls les parapluies, symboles contestataires depuis 2014, restent. Encore loin de demander une intervention militaire, le gouvernement du territoire tente de freiner les rassemblements en fermant les métros, en procédant à des arrestations massives (1 900 depuis juin dernier) ou en interdisant les masques utilisés pour se protéger des gaz et pour garder un certain anonymat. Le but est de saper le moral des participants, et éviter une intervention militaire violente qui serait mal vue à l’étranger. Des conséquences internationales L’autre stratégie de Pékin consiste à censurer les soutiens des militants à l’étranger. Ainsi, dès qu’une entreprise s’exprime sur le sujet, la Chine met une pression maximale. Un tweet, publié la semaine dernière, d’un exécutif des Houston Rockets, franchise de basket américaine, a créé une crise sans précédent avec la NBA. CCTV, la chaîne télévisée officielle chinoise, refuse même de diffuser les matchs de présaison, et menace de continuer lors des rencontres officielles. Hier, c’est Apple qui a été accusée de soutenir les « émeutiers » via une application qui localise les policiers. Les Etats n’ont pas plus de latitude, puisque l’ambassade de Chine en France a dénoncé « la noirceur des intentions de REPÈRES 9 JUIN 2019. Plus d’un million de manifestants défilent dans Hong Kong contre le projet de loi du gouvernement sur les extraditions. 14 AOÛT 2019. Des policiers et des manifestants s’affrontent dans l’aéroport de Hong Kong, alors qu’un sit-in était organisé. 4 SEPTEMBRE 2019. Le gouvernement hongkongais annonce le retrait du texte sur les extraditions. Une concession qui ne suffit pas à calmer les tensions. 26 SEPTEMBRE 2019. Le premier dialogue ouvert entre 150 manifestants et Carrie Lam, chef de l’exécutif, est organisé. 4 OCTOBRE 2019. Carrie Lam, annonce une procédure d’urgence très contestée pour interdire les mas - ques aux manifestants. certains », en visant l’Union européenne, qui avait fait part de son inquiétude. « Le pays a une puissance militaire, mais aussi une force commerciale qu’il compte utiliser pour empêcher les soutiens étrangers à Hong Kong », selon Michel Bonnin. De quoi laisser peu d’espoir quant à l’issue des négociations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis qui doivent reprendre aujourd’hui. n L’INFO EN PLUS UNE ÉCONOMIE EN SOUFFRANCE OBERHAEUSER/CARO FOTOS/SIPA Lors des rassemblements, les Hongkongais chantent parfois « A la volonté du peuple » (Sardou), tirée de la comédie musicale « Les misérables ». Outre l’image du pays qui peut être dégradée par les violences urbaines, l’économie de Hong Kong connaît également des conséquences particulièrement négatives. Le tourisme a diminué de 40% en août, selon Paul Chan Mo-po, secrétaire aux finances de la ville, soit la pire chute depuis l’épidémie de SRAS (Syndrome respiratoire aigu sévère) en 2003. En plus de cela, les magasins, fermés certains jours pour éviter les dégradations, voient leur chiffre d’affaires dégringoler, alors que la croissance de la ville a diminué de 0,4 point au deuxième trimestre.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :