CNews n°2458 19 sep 2019
CNews n°2458 19 sep 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2458 de 19 sep 2019

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Matin Plus S.A.

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 25

  • Taille du fichier PDF : 6,8 Mo

  • Dans ce numéro : particules fines, la peur dans l'air.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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4 R. DE LA MAUVINIÈRE/AP/SIPA Les études faisant état d’une pollution tout aussi insidieuse que préoccupante sur l’ensemble du pays se multiplient. On les respire à longueur de temps. Elles sont dans l’air de nos logements, de nos moyens de transport, sur notre lieu de travail… Les particules fines, dites PM 2,5 (d’un diamètre inférieur à 2,5 μm), et a fortiori ultrafines (PM 0,1) constituent un risque majeur. Les études scientifiques se multiplient, mettant toujours plus en garde sur leurs effets néfastes. Un constat qui a même poussé la ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne, à annoncer, hier, que l’indice Atmo de la qualité de l’air allait être révisé sur l’ensemble du territoire pour mieux prendre en compte le risque. A l’extérieur comme à l’intérieur Si de nombreuses mesures sont prises pour réduire la concentration en particules fines dans notre environnement, le trafic routier reste malgré tout l’un des grands responsables. A lui seul, il émet environ 50% des particules fines et ultrafines. « Ces dernières, qui sont six fois moins épaisses qu’un cheveu, rentrent non seulement dans le système respiratoire, mais peuvent pénétrer jusqu’au système sanguin », précise GRAND ANGLE N°2458 JEUDI 19 SEPTEMBRE 2019 CNEWS.FR LES PARTICULES FINES, DANGEREUSES POUR LA SANTÉ, SONT PARTOUT DE L’INQUIÉTUDE DANS L’AIR Les effets peuvent être limités (irritations, toux, fatigue…) plus graves (asthme) ou même dramatiques (cancers). Charlotte Songeur, ingénieur à Airparif, l’organisme qui scrute la qualité de l’air dans la capitale. Et si l’on pense pouvoir éviter le danger en prenant les transports en commun, c’est un leurre. Selon une étude publiée hier par l’association Respire, les concentrations de particules fines peuvent carrément atteindre des niveaux dix fois plus élevés à l‘intérieur d’une rame de métro qu’à l’extérieur. La concentration peut parfois égaler les 300 μg/m 3 – le seuil d’alerte étant fixé à 40 μg/m 3 par jour, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Et l’environnement des plus jeunes est loin d’être épargné. En effet, une étude réalisée entre mars et mai par la fédération France nature environnement (FNE) dans des cours d’école et des salles de classe de Paris révèle, pour plus de la moitié d’entre elles, la présence de polluants comme les particules fines, le dioxyde de carbone (CO 2) ou le dioxyde d’azote (NO 2). Enfin, si certains pensent être à l’abri en étant protégés par la climatisation de leur bureau ou bien au chaud chez eux, là encore le constat est sans appel. L’air y est souvent cinq à dix fois plus pollué que l’air extérieur. La raison  : des polluants diffusés en continu à cause de l’utilisation de produits ménagers, de meubles dégageant des composés volatils, le tabac, ou encore une ventilation insuffisante. L’EXEMPLE MADRILENE G. BOUYS/AFP EN CHIFFRES 48 000 DÉCÈS prématurés par an seraient causés en France par la pollution de l’air, selon Santé publique. Soit davantage que le nombre de morts dus à l’alcool (41 000). 29,4% DES ÉMISSIONS de gaz à effet de serre du pays sont causées par les transports, devant l’agriculture, le logement et l’industrie. 100 MILLIARDS D’EUROS de coûts par an environ sont liés à la pollution de l’air (soins, recherche, etc.). 9 MOIS D’ESPÉRANCE de vie sont en moyenne perdus en raison de la pollution de l’air dans les logements en France, selon l’organisme OQAI. 33,4% DES FRANÇAIS estiment que la pollution de l’air constitue le premier problème environnemental, derrière le réchauffement climatique, selon un récent sondage. Des risques sanitaires importants Le résultat ? Des conséquences dévastatrices pour la santé. Au total, la pollution de l’air est responsable en France de 48 000 décès prématurés par an, d’après l’Agence nationale de santé publique. Les effets peuvent se manifester à court ou long terme et peuvent aller d’affections bénignes (fatigue, toux, irritation des yeux) à des maladies plus graves (asthme, allergies), voire à des pathologies mortelles, comme des maladies cardio-vasculaires, ou des cancers. « Chez les enfants, on peut même avoir des problèmes de maturation pulmonaires et de croissance pulmonaire », alerte la pneumologue et allergologue Madiha Ellaffi. Au-delà des risques pour la santé, la pollution de l’air représente également un coût gigantesque  : jusqu’à 100 milliards d’euros par an. Une raison de plus, s’il en fallait, d’agir urgemment. n L’INFO EN PLUS Le mot « pollution » a été employé pour la première fois dans son sens moderne en 1874. Il qualifiait alors la contamination des eaux de la Seine. Contre la pollution de l’air, Madrid a frappé fort. Depuis novembre 2018, aucune voiture, hormis celles des résidents, les transports en commun, ou les véhicules d’urgence, n’a en effet le droit de circuler dans le centre historique de la capitale espagnole. Et gare aux contrevenants, qui s’exposent à une amende d’un montant de 90 euros. Dans sa lutte contre les particules fines, la ville a par ailleurs engagé une grande réflexion dans le but de remplacer les quelque 200 chaudières à charbon recensées dans le centre.



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