CNews n°2455 16 sep 2019
CNews n°2455 16 sep 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2455 de 16 sep 2019

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Matin Plus S.A.

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 25

  • Taille du fichier PDF : 5,3 Mo

  • Dans ce numéro : jours de grogne sur les retraites.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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4 J.WITT/SIPA La réforme souhaitée par le président suscite la colère de certains secteurs, poussant l’Etat à rouvrir le dialogue. Serpent de mer qui a toujours suscité la grogne, la réforme des retraites portée par l’Elysée est plus que jamais dans la ligne de mire. Après la grève de la RATP vendredi, c’est au tour des avocats, des pilotes de ligne, des hôtesses de l’air, des médecins, ou encore des infirmières de descendre aujourd’hui dans la rue pour dénoncer le projet de loi controversé. Alors que celui-ci prévoit de remplacer les 42 régimes actuels par un « système universel » par points, ces professions comptent bien défendre coûte que coûte la préservation de leurs « régimes autonomes ». D’autres mobilisations leur emboîteront le pas dans les prochains jours. De quoi laisser présager un « septembre noir » ? L’union contre le texte Si Emmanuel Macron réunit ce soir l’ensemble du gouvernement et des élus de la majorité pour faire le point sur la réforme, le Premier ministre, Edouard Philippe, l’a confirmé la semaine dernière  : le futur système de retraite « conduira à la disparition des régimes spéciaux et de multiples dérogations qui, à quelques exceptions près, n’ont plus GRAND ANGLE N°2455 LUNDI 16 SEPTEMBRE 2019 CNEWS.FR PLUSIEURS MANIFESTATIONS SONT PRÉVUES DANS LES PROCHAINS JOURS LA FRONDE DES RETRAITES Aujourd’hui, c’est au tour des professions libérales de se faire entendre, avant les salariés d’EDF, jeudi prochain. lieu d’être ». Une perspective rejetée en bloc par les intéressés, rassemblés sous le collectif SOS Retraites. Au cœur de leurs préoccupations  : le doublement de leur taux de cotisation, que la réforme ferait passer de 14 à 28%, mais aussi la suppression des caisses de retraite propres à chaque secteur, qui atteignent par exemple deux milliards d’euros pour l’organisme gérant les pensions des avocats. « Ce qui est en jeu, c’est l’avenir de notre profession », résume Christiane Féral-Schuhl, présidente du Conseil national des barreaux. Selon elle, cette mobilisation constitue une ébauche de convergence des luttes  : « Pour la première fois dans l’histoire sociale, nous sommes réunis pour dénoncer un projet de captation de nos retraites. » Car les libéraux ne sont pas les seuls à protester. Après la journée d’action annoncée des salariés d’EDF, jeudi, les syndicats prendront le relais de la colère, en défilant ce samedi (FO) et le 24 septembre (CGT et Solidaires) contre cet « enfumage déguisé » qui, dans les faits, fera « 100% de perdants ». Quant au mouvement à la RATP, certains envisagent de le poursuivre, en « grève illimitée » cette fois. REPÈRES LES GILETS JAUNES EN RENFORT V. LOISON/SIPA 1993. Le gouvernement d’Edouard Balladur relève à 40 ans la durée de cotisation pour une retraite à taux plein chez les salariés du privé. 1999. Lionel Jospin crée le Fonds de réserve des retraites pour amortir le choc du départ à la retraite des baby-boomers. Mais c’est un échec. 2003. La réforme Fillon aligne les règles des fonctionnaires sur celles des salariés du privé. En 2008, le président Nicolas Sarkozy retouche les régimes spéciaux, jusqu’ici épargnés. 2010. Le gouvernement de François Fillon relève progressivement l’âge minimum légal de départ à la retraite pour atteindre 62 ans en 2018. 2014. Les socialistes instaurent le compte personnel de pénibilité, permettant un départ précoce pour les salariés aux métiers dits « pénibles ». Des consultations citoyennes Pour déminer ce terrain explosif, l’Etat s’emploie à multiplier les mains tendues. Le Haut-commissaire à la réforme, Jean- Paul Delevoye, doit ainsi rencontrer les représentants des 42 régimes spéciaux « d’ici au 15 octobre » et les responsables des avocats dès demain matin, arguant un fonctionnement au cas par cas. « Il y a des solutions pour chacune des professions, [avec] des durées de transition adaptées », détaille celui qui siège depuis quinze jours au gouvernement. En parallèle, des « consultations citoyennes » vont être organisées tout l’automne, via des réunions et une plate-forme numérique, tandis que les discussions avec les partenaires sociaux, amorcées il y a deux ans, vont reprendre « jusqu’à décembre »  : aujourd’hui avec le patronat, mercredi avec l’Unsa, jeudi avec la FNSEA… Un calendrier débouchant sur un projet de loi dévoilé « avant les municipales », promet Matignon. En attendant, ce dernier va devoir surmonter l’obstacle principal  : la défiance des Français, alors que, selon un sondage Odoxa, 72% d’entre eux ne pensent pas que l’exécutif proposera une bonne réforme. n L’INFO EN PLUS Le premier système de retraite français date de 1673. La « Caisse des inva lides de la marine royale » assurait une pension pour tous les marins. Moins nombreux mais toujours debout après dix mois de mobilisation, les gilets jaunes devraient se mêler à plusieurs journées d’action contre la réforme des retraites, le samedi étant leur jour traditionnel de mobi lisation. Au-delà des rendez-vous hebdomadaires habituels, c’est le 21 septembre, à Paris, qu’ils prévoient de faire leur « rentrée » officielle. Dans une récente tribune publiée sur le site Reporterre, plusieurs collectifs de gilets fluo appellent d’ailleurs à tisser des liens avec les militants écologistes ce jour-là, ces derniers ayant prévu une marche en faveur du climat.
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