CNews n°2454 13 sep 2019
CNews n°2454 13 sep 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2454 de 13 sep 2019

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Matin Plus S.A.

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 17

  • Taille du fichier PDF : 6 Mo

  • Dans ce numéro : quand les pesticides sèment la colère.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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6 J.-M. NOSSANT/SIPA Entre les impératifs des agriculteurs et les craintes des écologistes, le débat est actuellement plus vif que jamais. Un nouveau chapitre dans la bataille. Paris, Lille, Nantes, Grenoble et Clermont-Ferrand ont annoncé hier avoir signé des arrêtés interdisant immédiatement l’utilisation de pesticides chimiques sur leur commune. Une décision forte sur le plan médiatique, qui vient alimenter un débat déjà bouillant sur le sujet. Des inquiétudes de militants écologiques aux besoins des agriculteurs, en passant par le rôle d’arbitre endossé par l’Etat, la question est actuellement sur toutes les lèvres. Deux visions totalement opposées La démarche des cinq grandes villes se veut essentiellement symbolique. Il est en effet déjà interdit depuis 2017 d’utiliser des produits phytosanitaires chimiques pour les espaces verts et la voirie, et les particuliers sont obligés de n’utiliser que des produits d’origine naturelle pour leur jardin ou leurs plantes. L’annonce d’hier a surtout « pour but de faire plier le gouvernement », a reconnu Stéphane Baly, président du groupe des élus EELV à Lille. Il s’agit pour ces villes de montrer leur soutien aux maires ruraux ayant récemment décidé d’aller GRAND ANGLE N°2454 VENDREDI 13 SEPTEMBRE 2019 CNEWS.FR L’UTILISATION DE CERTAINES SUBSTANCES AU CENTRE DE LA POLÉMIQUE LA GUERRE DES PESTICIDES Un récent projet de décret, qui doit limiter l’épandage aux abords des habitations, est loin de faire l’unanimité. contre l’Etat en interdisant l’utilisation des pesticides sur leur commune. Ils seraient plus de cinquante dans ce cas, ainsi que le département du Val-de- Marne, indique leur collectif. Face à l’importance du mouvement, le gouvernement a dévoilé lundi un projet de décret, mis en consultation jusqu’au 1er octobre. Il fixe une distance de cinq à dix mètres par rapport aux habitations, en fonction de la dangerosité des substances phytosanitaires et du type de culture, où l’épandage est proscrit. Un texte farouchement attaqué par les écologistes, qui dénoncent des mesures minimalistes et une évaluation obsolète de la toxicité. Pour l’ONG Générations Futures, cela démontre une « sous-estimation de [la] dangerosité » des produits utilisés. Les militants s’appuient notamment sur une étude de l’OMS, ayant conclu que des pesticides comme le glyphosate, sont considérés sources « probables » de cancer. Face à cette fronde, l’exécutif peut s’appuyer sur des alliés bienvenus  : les centaines de milliers d’agriculteurs du pays. La FNSEA s’est ainsi dit « satisfaite » des distances proposées par le gouvernement, en indiquant faire confiance aux scientifiques qui ont permis l’élaboration du texte. Car si certains cultivateurs reconnaissent le danger potentiel des pesticides, la grande majorité estime que leur utilisation est utile et, en l’absence d’alternative, presque obligatoire pour leur récolte. Un sujet devenu politique Si les questions écologiques et de santé restent au cœur du débat entre les antipesticides et le gouvernement, le sujet a également une portée politique. A six mois des élections municipales, les arrêtés pris par les maires, comme l’inaction des autres, peuvent ainsi être considérés comme des messages à leurs électeurs. Le gouvernement, qui a ET L’AGRICULTURE BIO ? M. GILE/SIPA EN CHIFFRES 448 500 AGRICULTEURS ont été recensés en France en 2018, en baisse de 1% par rapport à 2017. 7,5% DE LA SURFACE agricole utilisée en France est consacrée à l’agriculture biologique, contre 6,5% en 2017. 12% DE PESTICIDES en plus ont été utilisés en France en 2016 par rapport à 2014. Leur recours avait déjà augmenté de 9,4% de 2013 à 2014. 75,2 MILLIARDS D’EUROS en valeur pour la production agricole française en 2018, en hausse de 4,7%, ce qui fait de la France la première puissance européenne. 54% DE LA SURFACE de la France métropolitaine a un usage agricole, ce qui représente 29 millions d’hectares. souvent parlé d’écologie « pragmatique », n’a d’ailleurs pas tardé à dénoncer, via la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne, le « coup de com » des édiles des cinq grandes villes frondeuses. Le débat sur les pesticides sera en tout cas l’un des thèmes de la campagne à venir, et promet de nouvelles passes d’armes entre chaque camp. n L’INFO EN PLUS Dès 1000 ans avant J.-C., en Grèce antique, du soufre était utilisé pour être brûlé afin de tuer les parasites et chasser les insectes d’une culture. Selon l’Inra (organisme de recherche en agronomie), l’agriculture biologique se définit par le refus de l’utilisation de produits chimiques de synthèse. Pourtant, en regardant de plus près, certaines dérogations sont acceptées par la réglementation européenne, moyennant des quantités limites à ne pas dépasser. Il s’agit de substances tel que la « chaux éteinte » (pour augmenter le PH du sol et accroître le rendement), l’huile de paraffine (un insecticide et fongicide qui provient du pétrole) ou plusieurs « composés de cuivre » (pour lutter contre les maladies comme le mildiou).



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