CNews n°2450 9 sep 2019
CNews n°2450 9 sep 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2450 de 9 sep 2019

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Matin Plus S.A.

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 25

  • Taille du fichier PDF : 6 Mo

  • Dans ce numéro : un plan d'urgence pour les urgences.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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6 E. FEFERBERG/AFP En grève depuis près de six mois, les personnels soignants attendent des gestes forts du gouvernement. La colère des blouses blanches ne faiblit pas. Près de six mois après le lancement d’une grève dans les services d’urgences des hôpitaux du pays, Agnès Buzyn doit dévoiler, aujourd’hui, un plan d’attaque pour mettre fin à la crise. Alors que l’on recensait, hier, 249 hôpitaux publics touchés (sur 474), la ministre de la Santé réunit à son ministère, les principales fédérations hospitalières et syndicats, dont le collectif Inter-Urgences, à l’origine de la contestation. Mais si elle assurait, hier encore, « comprendre l’impatience » des médecins, ses mesures vont devoir convaincre des professionnels au bord du burn out. Un traitement de choc attendu En dépit de deux séries d’annonces – la première, en juin, avait consisté en l’octroi d’une prime de 100 euros net, tandis que la deuxième, début septembre, prévoit l’admission directe des patients âgés à l’hôpital ou de nouvelles missions pour les infirmières – les professionnels restent sur la défensive. Interrogée hier sur France Inter, Agnès Buzyn a donc cette fois promis qu’elle allait « mettre de l’argent » pour « régler GRAND ANGLE N°2450 LUNDI 9 SEPTEMBRE 2019 CNEWS.FR LA MINISTRE DE LA SANTÉ PROMET UN PLAN AMBITIEUX POUR L’HÔPITAL DES REMÈDES D’URGENCE Agnès Buzyn est confrontée à un mouvement qui réclame plus de moyens et de meilleures conditions de travail. le problème ». En ce sens, la ministre de la Santé devrait d’abord annoncer un « budget dédié » à la crise et mettre fin à un tabou en rouvrant des lits à l’hôpital. Une réouverture qui, si elle devrait se faire sous conditions et dans certaines régions, répondrait toutefois à la revendication première des grévistes qui continuent de réclamer un effort budgétaire conséquent. Deuxième mesure phare du projet, la probable fin de la tarification à l’acte ou T2A. Instauré en 2008, ce système veut que chaque examen ou consultation soit facturé. Mais il a engendré des effets pervers en incitant des hôpitaux déjà surchargés à multiplier les actes « inutiles ». Pour la remplacer, le gouvernement pourrait donc mettre en place une rémunération au forfait (en fonction du temps passé) ou instaurer des barèmes selon les pathologies (un tarif pour une grippe, l’autre pour une fracture, etc.). La ministre pourrait également réduire le nombre de praticiens en intérim, ce qui permettrait de dégager des marges de manœuvre dans les services les plus surchargés. Dans de nombreux petits hôpitaux ruraux, des intérimaires peuvent en effet être payés jusqu’à 2 000 euros par jour – contre 1 500 euros par mois pour un infirmier. Une dernière mesure choc pourrait enfin consister en l’annonce d’un numéro de téléphone d’urgence unique commun au Samu, aux pompiers et à la police. Un sujet d’achoppement entre le ministère de la Santé, dont dépendent les Samu départementaux, et l’Intérieur, qui gère la sécurité civile et les forces de l’ordre. La grogne prête à déborder Reste que malgré ces nouvelles annonces tant attendues, rien ne dit que la pilule passe, tant le malaise est profond. Face à la multiplication des agressions et au manque chronique de moyens, le collectif Inter-Urgences dit « réfléchir à de nouveaux arrêts maladie groupés » LA SOLUTION DANOISE RUFFER/CARO FOTOS/SIPA EN CHIFFRES 21 MILLIONS DE PATIENTS ont été accueillis aux urgences en 2016, contre 10,1 millions vingt ans plus tôt. En moyenne, le nombre de passages croît de 3,5% chaque année. 102 600 GÉNÉRALISTES étaient installés en 2018, soit 1 300 de moins que dix ans auparavant. Une situation qui se ressent aux urgences. 55% DES MALADES ont attendu plus de deux heures aux urgences en 2013, contre 45% dix ans plus tôt, selon le ministère de la Santé. 6% DE LA POPULATION vivait, en 2015, à plus d’une demi-heure d’un service d’urgences. Cela représente, environ, 4 millions de personnes. 3 323 AGRESSIONS physiques ont été signalées en 2017, selon une étude de l’Observatoire national des violences en milieu de santé (ONVS). cet automne si l’Etat ne répond pas à ses revendications, a prévenu, hier, son président, Hugo Huon, dans Le JDD. Alors que l’organisation tient demain son assemblée générale, un risque que la grogne se propage à l’ensemble des hôpitaux et des Ehpad, n’est pas non plus à exclure. Une situation très observée par la CGT Santé qui prévoit, mercredi, une journée nationale d’action… n L’INFO EN PLUS Pour alerter l’opinion, les infirmières de Valence ont tourné un clip. Intitulé « Y’a de la colère dans le cathéter », il a dépassé les 15 millions de vues. Face au manque de moyens et devant des patients toujours plus nombreux, le Danemark a mis en place des solutions innovantes. Depuis 2014, sauf urgence vitale, personne ne peut ainsi se présenter aux urgences sans avoir contacté avant une plate-forme téléphonique. Déployée dans chaque région, celle-ci a accès, en temps réel, au taux de remplissage de tous les hôpitaux locaux. Résultat  : alors que le temps d’attente pouvait aller jusqu’à trois heures, il est aujourd’hui de 15 minutes. Dans le même temps, le taux d’absentéisme des soignants a été divisé par deux.
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