CNews n°2448 5 sep 2019
CNews n°2448 5 sep 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2448 de 5 sep 2019

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Matin Plus S.A.

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 25

  • Taille du fichier PDF : 4,6 Mo

  • Dans ce numéro : le casse-tête des retraites.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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4L. MARIN/AFP La réforme voulue par le gouvernement entame ce matin une nouvelle phase, mais des zones d’ombre subsistent. Une refonte à clarifier. Promesse de campagne d’Emmanuel Macron, la réforme des retraites reste, après dix-huit mois de débats, entourée du plus grand flou, ni son contenu ni son agenda n’ayant encore été tranchés par l’exécutif. Pour y remédier, syndicats et patronat sont attendus aujourd’hui et demain à Matignon pour un nouveau round de négociations, en présence du haut-commissaire chargé du dossier, Jean-Paul Delevoye, qui a fait son entrée au gouvernement hier. Un chantier d’envergure destiné, selon l’exécutif, à « financer la dépendance » dans le futur alors que l’espérance de vie ne cesse d’augmenter, mais qui s’annonce déjà explosif. De multiples inconnues La première incertitude tient au contenu de la réforme. En effet, si c’est bel et bien un « système universel » par points qui se profile pour remplacer les 42 régimes actuels (chaque euro cotisé donnera les mêmes droits à tous), la question du départ à la retraite, elle, ne fait pas l’unanimité au sommet de l’Etat. Alors que le rapport Delevoye de juillet préconisait un âge incitatif de 64 ans pour une re- GRAND ANGLE N°2448 JEUDI 5 SEPTEMBRE 2019 CNEWS.FR MATIGNON LANCE DES CONCERTATIONS CRUCIALES AVEC LES SYNDICATS DES RETRAITES À REPENSER Prudent, Edouard Philippe souhaite rencontrer les partenaires sociaux avant de dévoiler le calendrier du projet. traite « à taux plein », le président a créé la confusion en disant préférer « un accord sur la durée de cotisation » plutôt que sur l’âge, afin de ne pas pénaliser ceux qui auraient commencé à travailler tôt. Une volte-face elle-même nuancée par la porte-parole de l’exécutif, Sibeth Ndiaye, selon qui « l’idée de l’âge pivot » n’est « pas enterrée ». Autre sujet de cacophonie  : l’agenda de la réforme, que le Premier ministre, Edouard Philippe, dévoilera « la semaine prochaine ». Après qu’un ministre a parlé d’une concertation « d’un peu moins d’un an » – au grand dam de l’opposition, qui dénonce une stratégie pour enjamber les municipales de mars –, Matignon a démenti, évoquant un examen du projet de loi au Parlement « dans les mois qui viennent ». Autre preuve que l’exécutif avance à pas feutrés, il a promis de lancer, dès cet automne, une « consultation citoyenne » pour trouver un compromis avec la société civile, à l’image du grand débat national. Un déminage de terrain propre au « changement de méthode » vanté par le chef de l’Etat, mais qui n’est autre qu’un « coup de communication » pour « noyer le poisson », selon ses détracteurs. Les opposants sur le qui-vive S’il se dit confiant, l’exécutif est à l’aube d’une bataille difficile. D’une part, seuls un tiers des Français (34%) lui font confiance pour modifier le système de retraites, et près de la moitié (41%) sont hostiles à toute réforme, selon un sondage Ifop. D’autre part, le projet de loi est, pour l’heure, rejeté par la plupart des syndicats hors patronat. Si certains réformistes, comme la CFDT, attendent de « voir comment ça va bouger » après les négociations, d’autres plus contestataires, comme la CGT ou Solidaires, sont frontalement opposés au texte, le qualifiant d’« enfumage déguisé » qui, dans les faits, fera « 100% de perdants ». Afin d’allier l’action à la parole, une série de journées d’actions sont annoncées dès DELEVOYE À LA MANŒUVREC. ENA/AP/SIPA EN CHIFFRES 17,2 MILLIONS DE RETRAITÉS étaient recensés par l’Hexagone fin 2017, dont 1,62 million d’expatriés, d’après les chiffres de la Drees. Soit environ un Français sur quatre. 62 ANS, c’est l’âge de départ légal à la retraite. En 2018, l’âge de départ moyen était toutefois de 63,3 ans (hors départs anticipés), selon l’Etat. 1 399 EUROS NET, c’est le montant moyen de la pension mensuelle d’un retraité résidant en France fin 2017, d’après la Drees. 52% DES RETRAITÉS étaient des femmes fin 2016. Une proportion en constante hausse du fait de leur participation au marché du travail. 314 MILLIARDS D’EUROS étaient consacrés aux pensions (droit direct, droit dérivé, allocations…) en 2017. Soit l’équivalent de 13,7% du PIB. le 13 septembre. Avec d’un côté les syndicats en ordre dispersé, et de l’autre des avocats, des infirmières et des pilotes prêts à défendre leurs régimes spécifiques. Et, parce que la retraite concerne tout le monde, les cortèges pourraient être rejoints par les urgentistes, les enseignants ou encore les pompiers, tous mobilisés depuis des mois pour réclamer de meilleures conditions de travail. n L’INFO EN PLUS Selon un palmarès des meilleurs systèmes de retraite au monde établi en 2017, la France arrive en 16 e position. Le Danemark tient la première place. Haut-commissaire chargé de la réforme des retraites depuis 2017, Jean-Paul Delevoye siégera dorénavant au Conseil des ministres. Souhaitant rester « l’interlocuteur privilégié » des syndicats, il pilotera la « concertation citoyenne » voulue par l’Elysée, avant d’« écrire la future loi ». Une tâche qui échappera donc à la ministre des Solidarités, Agnès Buzyn, déjà mobilisée sur de nombreux fronts (bioéthique, urgences…). Vieux loup de mer politique, l’ancien ministre de la Fonction publique sous Chirac, 72 ans, a salué la « confiance que [lui] montre le président par [sa] nomination ».



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