CNES Mag n°85 jui/aoû 2020
CNES Mag n°85 jui/aoû 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°85 de jui/aoû 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Centre National d'Études Spatiales

  • Format : (180 x 240) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : origines de la vie, l'ultime recherche.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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RENCONTRES SYLVESTRE MAURICE Astrophysicien à l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie (IRAP) « Rien dans notre système solaire ne ressemble à la Terre » Saturne, Jupiter, la Lune, Mercure, Mars : à la recherche d’eau et d’habitabilité dans le système solaire, Sylvestre Maurice se définit comme « un sourcier planétaire ». « Je voyage dans notre système solaire grâce aux agences spatiales qui embarquent nos instruments », décrit-il. Au sein de l’Irap, laboratoire d’instrumentation spatiale sous l’égide de l’université Toulouse 3 Paul Sabatier, du CNRS et du CNES, son équipe est notamment à l’origine de ChemCam, à l’œuvre sur Curiosity depuis 2012, et de SuperCam, qui part cet été à bord du rover Perseverance. « ChemCam, c’est vingt ans de ma vie ! s’exclame le chercheur. Parmi ses nombreuses révélations, son résultat le plus impressionnant est d’avoir montré que dans le passé, Mars était habitable. » Mais était-elle habitée ? C’est tout l’intérêt de la mission Mars 2020 : trouver des traces de vie, si possible in situ, sinon dans des échantillons ramenés sur Terre. À cet effet, SuperCam aura pour mission de choisir les échantillons en question et de caractériser leur environnement martien. « En étroite collaboration avec le CNES, les laboratoires spatiaux français possèdent un ensemble de savoir-faire que nous cultivons avec le temps. Pour Super- Cam, l’équipe a réalisé une prouesse car, pour les mêmes poids et dimensions que ChemCam, il embarque non pas deux mais cinq technologies. À 3 2 l’analyse chimique par laser et à l’imageur (cette fois en couleur) ont été ajoutés un micro acoustique et deux techniques de spectroscopie, pour connaître la composition et l’architecture moléculaires des roches », détaille le chercheur. Si Mars 2020 ou ses échantillons rapportés ultérieurement révèlent des traces de vie, « cela signifiera que la vie est née deux fois dans un seul système solaire, et l’on pourra par conséquent imaginer qu’elle est partout dans l’Univers », expose Sylvestre Maurice. Pour sûr, les missions suivantes dépendront largement de ces résultats avec, déjà en ligne de mire, une exploration moins robotique et plus humaine.
Historien des sciences et théologien, Jacques Arnould est chargé de mission pour les questions éthiques au CNES. À ceux qui lui demandaient pour quelle raison il tenait tant à escalader le mont Everest, George Mallory répondait : « Because it is there! » (Parce qu’il est là !) Le mot de l’alpiniste britannique sert aujourd’hui de leitmotiv à tous ceux qui promeuvent et défendent l’exploration de l’espace : elle leur paraît aussi évidente que l’imposante présence du sommet himalayen. En réalité, les motifs de lancer des missions, habitées ou non, afin d’explorer l’univers qui nous entoure ne manquent pas et le moindre d’entre eux, en dehors de l’argument de Mallory, est certainement la quête de nos origines, des origines de la vie. Nous avons de bonnes raisons de penser que la recherche de formes de vie extraterrestre, présentes ou passées, constitue une contribution majeure à la connaissance des processus qui ont permis l’émergence et l’évolution de la vie sur notre planète et celle, plus hypothétique, de son avenir. À LA RENCONTRE DE « L’AUTRE » La naissance et le développement des sciences astrobiologiques constituent très certainement un événement majeur dans l’histoire des sciences modernes : l’association de cultures scientifiques aussi étrangères que le sont les sciences physiques et les sciences biologiques a permis de véritables avancées dans la recherche de planètes habitables, ESPACE ÉTHIQUE j.A. JACQUES ARNOULD « VOUS N’ÊTES PAS SEULS ! » Longtemps considéré comme impossible et même interdit, le voyage dans l’espace nous ouvre aujourd’hui la possibilité de découvrir et de rencontrer des formes de vie extraterrestres. Y sommes-nous préparés ? 3 3 voire habitées, aussi bien que dans la connaissance des formes de vie qui peuplent notre propre planète, parfois dans des lieux ou des situations considérés jusqu’à présent comme impropres à la vie. Explorer l’espace nous a d’ores et déjà permis de mieux nous connaître nous-mêmes. Ce faisant, nous avons en quelque sorte inversé l’habituelle interpellation des sentinelles : « Qui va là ? » Nous ne nous contentons plus d’attendre que « l’autre » se présente à notre porte, de guetter l’hypothétique manifestation d’un ennemi ou d’un allié venu du ciel. Avec le début de l’ère spatiale, nous avons pris l’initiative de franchir les antiques limites de notre atmosphère et même celles marquées par la Lune. Nos engins, nos vaisseaux, nous-mêmes sommes devenus extraterrestres pour tenter de découvrir, de rencontrer ceux que nous qualifions déjà de tels. Ce retournement n’est pas sans conséquence. Hier déjà, aujourd’hui encore, nous prenons garde à tout ce qui franchit les frontières et les protections successives de nos existences, collectives et individuelles. Désormais, nous sommes aussi responsables des actions que nous menons au-delà d’elles. Pouvons-nous mettre en danger les existences auxquelles, un jour peut-être, nous annoncerions : « Vous n’êtes pas seuls » ? N’attendons pas demain pour nous poser cette question, elle appartient déjà à notre conscience et à notre responsabilité d’êtres humains.



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