CNES Mag n°84 mai/jun/jui 2020
CNES Mag n°84 mai/jun/jui 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°84 de mai/jun/jui 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Centre National d'Études Spatiales

  • Format : (180 x 240) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : biodiversité, le temps de la résilience.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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CORAUX ÉCOSYSTÈMES EN DANGER L a régression mondiale et constante des coraux, siège d’une biodiversité exceptionnelle, alarme. Conséquence du changement climatique, la modification de la chimie des océans en est une cause majeure mais pas l’unique. Lors d’une première étude, en 2009, une cartographie hyper-spectrale avait déjà été établie sur les coraux de la plateforme récifale de La Réunion. Une observation à la fois plus fine et plus globale est venue la compléter en 2015. S’appuyant sur des données spatiales croisées (Pléiades et lidar), elle a caractérisé des composants de l’écosystème réunionnais (algues, sable, corail vivant, herbiers) avec une résolution de 40 cm. De même, l’imagerie hyperspectrale a révélé les changements survenus sur la zone récifale de Saint-Gilles sur une période de six ans 1. Cette imagerie va désormais être utilisée par les chercheurs pour mener des études sur les coraux plus profonds grâce à des capteurs déployés par drones sous-marins. Ces nouvelles études contribueront à la compréhension des phénomènes mondiaux de régression des récifs coralliens. 1. Bajjouk et al. 2019, Ecological Indicators, 96. L’ESSENTIEL CORRIDORS ÉCOLOGIQUES PASSAGES OBLIGÉS POUR LA BIODIVERSITÉ Dispersion de graines, pollinisation… au cours de leurs pérégrinations, les espèces animales participent à l’équilibre de la biodiversité. Pour se déplacer, l’homme a besoin de routes ; les mammifères, oiseaux et insectes ont, eux, besoin de corridors écologiques. La continuité de ces « trames » vertes (végétales) ou bleues (aquatiques) est vitale pour l’équilibre des écosystèmes. Or la fragmentation des paysages, le morcellement des habitats et le cloisonnement des propriétés privées mettent à mal ce continuum naturel. Il faut donc d’urgence le reconstituer. Les lois Grenelle I et II en ont fait une priorité réglementaire. Pour sauvegarder l’intégrité de ces passages dans les programmes d’urbanisation, le droit de l’environnement en impose le tracé à l’échelon local dans les SCoT 1 et les PLU 2. En offrant des cartographies actualisées des territoires, la télédétection apporte un large panel d’« outils »  : résolution spatiale, temporelle, spectrale… Avec le croisement des données (Spot, Pléiades), il devient possible de proposer un schéma directeur national ou de zoomer jusqu’à la parcelle pour détecter les prairies, haies, arbres ou arbustes qui facilitent le déplacement des animaux. Avec toutes ces informations, les pouvoirs publics disposent de données utiles à l’établissement de plans d’action, de valorisation ou de conservation de ces trames. 1. Schémas de cohérence territoriale. 2. Plans locaux d’urbanisme. 0 8
PRAIRIES LA DIVERSITÉ VÉGÉTALE À L’ÉPREUVE DE LA TÉLÉDÉTECTION L es prairies qui peuplent les zones rurales s’insèrent dans une mosaïque agricole alternant parcelles cultivées, bois et haies. Zones de pâturage, elles constituent aussi de véritables écosystèmes. Leur impact sur l’environnement et la production agricole varient selon qu’elles sont permanentes (au-delà de 5 ans) ou temporaires (assolement). Les prairies permanentes peuvent abriter plusieurs dizaines d’espèces de fleurs, elles-mêmes ressources pour des espèces variées d’insectes et d’animaux. Longtemps, leur étude n’a pas pu se faire à grande échelle. Aujourd’hui, les données Sentinel-1 ou 2 ouvrent de nouvelles perspectives. Des séries temporelles acquises sur une période de 18 mois et couplées à des mesures de terrain sur 83 parcelles ont par exemple permis d’estimer la diversité des plantes dans les prairies sur une emprise d’environ 40 000 km², avec une précision d’environ 50%. Ces indicateurs intéressent des acteurs publics, mais aussi des agriculteurs souhaitant connaître le potentiel d’accueil de la biodiversité et les services écosystémiques associés offerts par leurs prairies. L’ESPACE AU SERVICE DE LA BIODIVERSITÉ 2002 SPOT 5 Cartographie des habitats naturels et semi-naturels, du couvert forestier et du cycle de l’eau. 2009 SMOS Mesure de l’humidité du sol et de la salinité des océans. 2014 SENTINEL-2 Suivi de l’état des milieux naturels, de la couverture végétale, mesure de variables biophysiques (indice foliaire, biomasse). 0 9 10 Pour comprendre les variations de biodiversité, la communauté scientifique internationale a déterminé des indicateurs objectifs  : les variables essentielles de biodiversité (EVB), à l’instar de celles définies pour le climat (EVC). Depuis la composition génétique jusqu’à la structure de l’écosystème, 22 EVB ont été répertoriées ; 10 ne peuvent être étudiées que via la télédétection spatiale. 4 + 1 Infrastructure de recherche, Data Terra met des données à valeur ajoutée à la disposition des scientifiques et acteurs publics pour observer et prévoir l’évolution de la biodiversité. Elle s’appuyait jusqu’ici sur quatre pôles, dont deux dédiés à la biodiversité  : Odatis (suivi des océans et du littoral) et Theia (surfaces continentales). Un cinquième réseau, Ecoscope, a vu le jour. Sa mission  : livrer des données d’observation sur les écosystèmes. 2017 VENµS Suivi de la végétation, étude de la biodiversité. 2022 BIOMASS Observation de l’état des forêts et de leur évolution, mesure de la biomasse, lutte contre la déforestation.



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