CNES Mag n°84 mai/jun/jui 2020
CNES Mag n°84 mai/jun/jui 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°84 de mai/jun/jui 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Centre National d'Études Spatiales

  • Format : (180 x 240) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : biodiversité, le temps de la résilience.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Comme n’importe quelle espèce, l’homme peut tirer profit de son environnement dans un échange de bons procédés. Dans le Haut-Béarn, territoire de pastoralisme où 95% du foncier appartient aux communes, les habitants le savent bien. Enfant du pays, l’ingénieur agronome Didier Hervé a construit l’IPHB avec son ami Jean Lassalle en 1994  : « Nous n’avons pas besoin de protéger notre nature, en pleine santé, mais de la gérer intelligemment pour mener aussi bien des activités agricoles que du tourisme, explique-t-il. Scellée par une charte rédigée par les gens des vallées, l’IPHB est un facilitateur territorial pour le développement local en matière d’agropastoralisme, RENCONTRES DIDIER HERVÉ Directeur de l’Institution patrimoniale du Haut-Béarn(IPHB) « Il n’y a pas mieux que la dent de nos animaux pour entretenir nos territoires » de forêt, d’eau et d’environnement. » 65% du Haut-Béarnse consacrant aux pâturages, l’IPHB fait appel aux images satellite Sentinel-2 pour développer, avec l’aide du Cesbio, un outil de diagnostic adapté aux prairies d’altitude. Objectif  : suivre plus finement l’évolution des estives et les résultats de la transhumance. Au contact de cet homme du terroir, il devient évident que les natures sauvage et domestique s’autoalimentent dans un cercle vertueux et fécond. « Les pâturages sont le prolongement des exploitations des vallées, au bénéfice de la biodiversité locale. La brebis broute l’herbe fine, la vache prend ce que ne mange pas la brebis, le cheval attaque des plantes 3 0 plus dures et la chèvre va encore plus loin pour débroussailler et nettoyer. » Au final, une estive bien pâturée génère plus de 200 espèces botaniques riches d’« oligo-aliments » utiles aux animaux. « Sans la dent des ruminants, complète Didier Hervé, les noisettes de montagne si prisées des sangliers seraient étouffées par une végétation réduite à une vingtaine d’espèces invasives, et les jeunes gallinacés friands de micro-insectes des pelouses de pâturages disparaîtraient. Ours, aigle royal, gypaète barbu, desman des Pyrénées... toutes ces espèces sont des marqueurs qui résultent de nos pratiques et usages, pour le plus grand bonheur des habitants comme des visiteurs. »
RENCONTRES AURÉLIE DEHOUCK Présidente d’i-Sea « Qui dit milieux naturels dit politique nationale et européenne, et donc cartographie ! » Phénologie  : le mot est lancé. A priori, l’étude des variations périodiques de la vie végétale relève plus d’une discipline de recherche que d’un service commercial. C’est pourtant le cœur de métier d’i-Sea, PME composée de quatre chercheurs qui ont mûri leur projet au sein de la cellule de transfert technologique du laboratoire d’océanographie de Bordeaux. « Nous sommes un pur produit du parcours d’innovation, affiche Aurélie Dehouck. Incubé dans le réseau ESA-BIC, nous avons bénéficié du soutien sans faille du CNES à chaque étape. » Dédiés à la surveillance de l’eau, de la biodiversité et du littoral, leurs produits répondent aux obligations réglementaires des 3 1 acteurs publics et privés de l’environnement, qu’il s’agisse de réaliser l’étude préalable d’impact environnemental nécessaire à tout projet maritime ou un état de santé régulier des milieux naturels protégés tels que les sites du réseau Natura 2000. « La cartographie est la première étape, indique l’experte. Pour cartographier la végétation et les habitats naturels, comme cela est demandé par les parcs marins notamment, nous mettons en œuvre des algorithmes de classification supervisée appliqués à des données satellite très haute résolution (surtout Pléiades et Spot) selon trois ou quatre dates saisonnières. En matière de protection, les gestionnaires de la biodiversité peuvent solliciter ce type d’observations plus fréquemment que les six ans réglementaires. » Pour d’autres, les services d’i-Sea permettent de saisir un problème à bras-le-corps. Dans le bassin d’Arcachon, « le syndicat intercommunal nous a demandé une carte des populations de spartines pour structurer la lutte contre cette plante, dont l’espèce Spartina anglica colonise le littoral à grande vitesse », relate Aurélie Dehouck. L’océanographe précise que « le spatial offre en outre le bénéfice de quarante ans de données pour retracer l’évolution qui a mené certains milieux ou habitats à leur état actuel ».



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