CNES Mag n°84 mai/jun/jui 2020
CNES Mag n°84 mai/jun/jui 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°84 de mai/jun/jui 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Centre National d'Études Spatiales

  • Format : (180 x 240) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : biodiversité, le temps de la résilience.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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CSG LA BIODIVERSITÉ COMME POINT FOCAL Quand il s’installe en 1965 sur le sol guyanais, le CNES choisit un site conforme aux exigences dictées par ses activités de lancement. Il en devient propriétaire en même temps que garant des espèces qui y demeurent. Une biodiversité exceptionnelle qu’il ne se lasse pas de découvrir et de protéger. orêt primaire conservée à F 90%, savanes sèches et humides, mangroves, vasières, îlots rocheux… continuum écologique entre océan et forêt tropicale, le site du Centre spatial guyanais (CSG) recèle une diversité floristique et faunistique exceptionnelle, représentation exhaustive des écosystèmes guyanais. Quand il s’implante dans ce décor quasiment vierge, le CNES est conscient qu’il apporte avec lui une activité industrielle à haut potentiel de risques et de pollution. Propergol, alumine, monoxyde et dioxyde de carbone, gaz chlorhydrique… Un cocktail détonant. Il s’engage alors très tôt à contrôler son impact. DES EXIGENCES DRASTIQUES « Certaines zones du site de Kourou sont classées en zone naturelle d’intérêt écologique faunistique et floristique (ZNIEFF) et le CNES veille à leur préservation », précise Sandrine Richard, ingénieur Environnement au CSG. Il est aussi soumis à la réglementation drastique ICPE du code de l’environnement pour les installations classées. Pour LE CNES EN ACTIONS L’ONCFS, en collaboration avec le Muséum national d’histoire naturelle, va entamer dans l’enceinte de la base une étude sur les cervidés, notamment sur le daguet rouge endémique de Guyane. 100 Un plan de mesures comprend environ 100 points de mesure, soit environ 600 échantillons. 2 4 chaque extension, il réalise, bien sûr, des études préparatoires visant à limiter l’impact des lancements sur l’environnement. Bonne nouvelle  : les analyses ont montré que cet impact est circonscrit sur une zone de moins d’un kilomètre autour de chaque site de lancement. Le CNES s’astreint à des plans de mesures réguliers, appliqués avec l’aide de partenaires experts de l’environnement comme Hydreco(milieux aquatiques), LHE-Institut Pasteur (retombées chimiques), Antea (suivi des rejets industriels), l’IRD (impact du site de lancement), le BRGM (ressources du sol et mouvements de terrain) ou Biotope (impact des chantiers sur la faune et la flore). Avec l’ONF, il assure une surveillance de la forêt ; avec l’ONCFS/OFB, il a reconduit une convention
pour la sauvegarde des grands mammifères, comme le puma ou le jaguar, et l’a étendue à la biche. UN ÉTAT DES LIEUX RASSURANT 33 espèces d’abeilles mélipones sont présentes en Guyane. Le bureau d’études NBC (eau et environnement) les utilise comme « sentinelles de l’environnement » ; la présence de la totalité des 33 espèces dans la proximité immédiate du pas de tir confirme la bonne qualité de l’air. Par ailleurs au catalogue de la flore, parmi les espèces remarquables, le CSG abrite des orchidées et poacées (graminées) rares pour lesquelles il a lancé un programme de recherche. La diversité d’habitats favorise la richesse faunistique  : visibles ou cachées, hormis le singe atèle (ou singe araignée), toutes les espèces de grands mammifères ont été recensées dans ce haut lieu de la biodiversité. Et ce qui ne gâche rien, c’est qu’ici la chasse est interdite ! UNE REMISE EN QUESTION RÉGULIÈRE Le CSG s’appuie sur un plan de gestion 2010- 2020, qu’il est en train d’actualiser. S’il n’est pas administrativement une « réserve naturelle », son plan de gestion est pourtant directement inspiré de cette méthodologie. Établi par l’ONF, il a évolué pour prendre en compte LE CNES EN ACTIONS UNE COMPENSATION FONCIÈRE D’ENVERGURE Pour assurer le lancement d’Ariane 6, le CNES construit un nouveau pas de tir, ELA4. Dans le projet initial, il se situait à 500 m au nord-est de la zone d’implantation actuelle et aurait impacté 51 espèces végétales remarquables. Avec le projet révisé, seules 3 espèces protégées seront touchées. Le CNES a donc proposé une mesure compensatoire foncière profitable à la biodiversité. Il confie en effet au Conservatoire du littoral 617 hectares (dont 165 de savanes sèches) autour de la montagne des Pères et 719 hectares (dont 48 de savanes sèches) sur le secteur de Wayabo, deux secteurs situés en ZNIEFF. Il s’engage aussi à lutter contre les espèces végétales envahissantes. Enfin, il a lancé des études préparant les plans d’action en faveur d’orchidées et de plantes rares, ainsi que du tyranneau barbu et du leptodactyle ocellé, un oiseau et une grenouille emblématiques du CSG. Grâce au service Environnement du CSG, des moutons paresseux réintroduits sur le site se reproduisent maintenant à l’abri des braconniers. 2 5 ELA4 la création de l’ensemble de lancement ELA4 d’Ariane 6 (cf. encadré). Pour ses nouvelles installations, le CNES s’inscrit dans la démarche ERC (Éviter, réduire, compenser), une obligation renforcée par la loi biodiversité de 2016. Cette démarche replace le milieu naturel au cœur de la conception initiale d’un projet. À défaut, l’auteur du projet s’engage à compenser le dommage environnemental qu’il occasionne.



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