CNES Mag n°84 mai/jun/jui 2020
CNES Mag n°84 mai/jun/jui 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°84 de mai/jun/jui 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Centre National d'Études Spatiales

  • Format : (180 x 240) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : biodiversité, le temps de la résilience.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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DE LA CRÉATION DE L’AFB À CELLE DE L’OFB LE 1 ER JANVIER 2020, ON VOIT S’AFFIRMER EN FRANCE UNE PRÉOCCUPATION FORTE POUR LA BIODIVERSITÉ  : QUELLES SONT LES MISSIONS DE CE NOUVEL OFFICE ? E. B.  : La biodiversité est en état d’urgence absolue. L’Office français de la biodiversité (OFB) a été créé dans le but de renforcer nos efforts. Avec ses réservoirs de biodiversité marine (2 e espace maritime du monde) et terrestre au cœur des territoires d’outre-mer, la France dispose d’un patrimoine naturel exceptionnel. En fusionnant l’Agence française pour la biodiversité (AFB) et l’Office national de la chasse et la faune sauvage (ONCFS), nous nous dotons d’un outil cohérent pour la restauration de la biodiversité terrestre et marine, la gestion durable de l’eau et de la faune sauvage, et la protection des habitats. L’OFB est l’opérateur unique de la stratégie nationale pour la biodiversité. En parfaite adéquation avec les spécificités des territoires, il ajoute cohérence et lisibilité aux politiques publiques du gouvernement. Il est aussi le « gendarme » qui garantit le respect des règles de protection de l’environnement. D’ailleurs, nous avons renforcé les pouvoirs des inspecteurs pour que les infractions soient plus aisément constatées et plus lourdement sanctionnées. COMMENT SON ACTION SE DÉCLINE-T-ELLE EN RÉGIONS ET EN OUTRE-MER ? E. B.  : L’AFB et l’ONCFS disposaient déjà d’un bon ancrage de terrain. GRAND ORAL L’OFB a structuré, hiérarchisé et responsabilisé les équipes. Les directions et délégations nationales définissent la politique et la stratégie. Les délégations régionales, elles, assurent la coordination et la déclinaison régionale. Quant aux délégations départementales et locales, elles se chargent de la mise en œuvre opérationnelle. L’Office porte aussi la responsabilité de 9 parcs naturels marins, du sanctuaire de mammifères marins Agoa et de 26 réserves naturelles. Dans les départements et régions d’outre-mer (Drom), il va aider à lutter contre les espèces exotiques envahissantes, créer de nouvelles aires protégées et préserver le patrimoine corallien menacé. QUELLES AVANCÉES LES ACTIONS ENTREPRISES CES DERNIÈRES ANNÉES ONT-ELLES DÉJÀ PERMISES EN MATIÈRE DE BIODIVERSITÉ ? E. B.  : En 2018, le plan Biodiversité a fixé les grands axes stratégiques nationaux. Notre ambition ? Viser le zéro perte nette de biodiversité avec un engagement fort pour le « zéro artificialisation nette ». Ce plan prône l’extension du réseau des aires protégées marines et terrestres. J’ai d’ailleurs pu, le 7 novembre 2019, annoncer la création officielle du Parc national de forêts, premier et unique parc national dédié à la forêt, créé après dix ans de concertation avec l’ensemble des acteurs du territoire. Ce 11 e parc national français couvre 241 000 ha en Bourgogne- 1 4 Franche-Comté et Grand Est et sert la valorisation et la préservation des forêts feuillues de plaine. Nous avons aussi obtenu l’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO des 673 000 km 2 des terres et mers australes ; c’est le bien le plus étendu y étant inscrit ! QUELS SONT LES AXES D’ACTION QUE VOUS JUGEZ AUJOURD’HUI PRIORITAIRES POUR LA FRANCE ? E. B.  : Nous sommes dépendants du bon fonctionnement climatique et d’une biodiversité en bon état. La crise actuelle en est malheureusement une terrible illustration. Nous devons en tirer les enseignements pour accompagner notre économie et notre société et nous relever. Je souhaite que l’ambition de la transition énergétique et environnementale s’intensifie. En termes de biodiversité, cela suppose de garder le cap sur la protection des espaces naturels sur 30% de notre territoire, et 10% en protection forte, sur la réduction de l’artificialisation, sur la limitation des pollutions, notamment du plastique. Par exemple, d’ici à 2021, les habitats naturels du sommet du mont Blanc seront sous protection. Et avant fin 2022, 4 parcs naturels régionaux supplémentaires seront créés. Les îles Glorieuses, qui abritent de nombreuses espèces en danger d’extinction classées dans la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), seront, elles, placées en réserve naturelle nationale.
ÉLISABETH BORNE MINISTRE DE LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE ET SOLIDAIRE « LA PRÉSERVATION DE LA BIODIVERSITÉ PASSE PAR UNE MEILLEURE CONNAISSANCE DES ÉCOSYSTÈMES GRÂCE À L’ACQUISITION DE NOUVELLES DONNÉES, À LEUR TRAITEMENT ET À LEUR MISE À DISPOSITION. » QUELLE PLACE OCCUPENT AUJOURD’HUI LES OUTILS SPATIAUX DANS L’ARSENAL DÉPLOYÉ POUR LUTTER CONTRE LE DÉCLIN DE LA BIODIVERSITÉ ? E. B.  : Ils sont essentiels ! L’instrumentation spatiale contribue à l’analyse fine de l’état des habitats et au suivi de la biodiversité au regard notamment du changement climatique. Elle aide à réprimer la surpêche, à géolocaliser les espèces menacées, à étudier leur évolution… Le plan d’application satellitaire 2018-2022 prévoit notamment de cartographier les habitats naturels pour les protéger de l’artificialisation, de caractériser GRAND ORAL le trafic maritime, de mesurer ses impacts sur la faune et la flore et d’améliorer le suivi d’animaux marins comme les tortues, les fous de Bassan ou les petits cétacés comme les dauphins. La préservation des forêts est aussi une priorité  : stress hydrique, incendies, déforestations d’origine anthropique… les menaces sont multiples ! La combinaison des technologies radar, lidar et optique rend possibles le suivi de leur état et celui de la biomasse grâce à une cartographie précise, notamment via les données des satellites Sentinel de Copernicus. PLUS GÉNÉRALEMENT, QUEL EST SELON VOUS LE RÔLE D’UN ÉTABLISSEMENT COMME LE CNES POUR PRÉSERVER LA BIODIVERSITÉ ? E. B.  : Il est, pour l’État, un opérateur au service de la connaissance et de la recherche grâce à la mobilisation de technologies de pointe. Disposer de cette connaissance est fondamental, car je crois à l’action étayée par la science. Or la préservation de la biodiversité passe par une meilleure connaissance des écosystèmes, grâce à l’acquisition de nouvelles données, à leur traitement, et à leur mise à disposition au bénéfice de la communauté des chercheurs, mais également du secteur privé. En créant l’Observatoire spatial du climat (SCO) avec les grands opérateurs de l’État compétents, dont ceux dont mon ministère a la tutelle comme l’Ademe, Météo France et l’IGN, le CNES fédère des expertises autour de projets portant spécifiquement sur la 1 5 biodiversité et la gestion de l’eau. Il travaille étroitement avec les services de mon ministère, au sein du Commissariat général au développement durable pour que nos politiques publiques soient efficacement outillées et profitent de l’expertise des industries du spatial. QUELLES NOUVELLES PERSPECTIVES CES NOUVEAUX OUTILS SPATIAUX OUVRENT-ILS ? E. B.  : Toutes ces R&D aboutissent à des programmes comme Swot, CFOSat ou Biomass. Demain, des actions plus pertinentes pourront être engagées dans la sauvegarde de la biodiversité, la protection de l’environnement et le changement climatique. Progressivement, ces missions vont s’interfacer avec d’autres moyens dronotiques, aéroportés ; cette complémentarité est déjà nécessaire. L’intégration d’images multi-sources, multirésolutions et multi-temporelles amènera une connaissance approfondie des milieux naturels. Profil 2019 Ministre de la Transition écologique et solidaire 2017 Ministre auprès du ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire, chargée des Transports 2015 PDG de la RATP 2013 Préfète de la région Poitou- Charentes



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