CNES Mag n°84 mai/jun/jui 2020
CNES Mag n°84 mai/jun/jui 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°84 de mai/jun/jui 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Centre National d'Études Spatiales

  • Format : (180 x 240) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : biodiversité, le temps de la résilience.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Appelée la spatule en raison de sa forme, cette partie du sillon se compose d’une succession topographique de sédiments, de sables et de galets particulièrement visible depuis l’espace. SILLON DE TALBERT QUAND LA BIODIVERSITÉ REPREND SES DROITS E xception géologique et curiosité touristique remodelée à chaque marée, le sillon de Talbert (3 km de sable et de galets issus de la dernière glaciation), situé sur la commune de Pleubian, s’est désolidarisé du continent lors de la tempête de 2018. De 10 men 2018, la brèche est aujourd’hui de 60m. Propriétaire du site, le Conservatoire du littoral exerçait déjà une surveillance via des images spatiales et aéroportées ainsi que des relevés de points au sol. Mais faut-il relier coûte que coûte le platier résiduel à la côte ? D’un point de vue scientifique, la réponse mérite réflexion  : avec le temps, partout, les traits de côte se modifient, combler la faille serait donc peine perdue. Surtout, depuis la rupture, ce haut lieu de la biodiversité a rendu à des espèces comme la sterne, l’huîtrier pie ou le goéland marin des îlots de tranquillité qui favorisent leur reproduction. Une observation continue sur le long terme est donc préconisée. Elle est rendue possible grâce aux données spatiales et aéroportées, aux longues séries temporelles de références qui, complétées par des données in situ, éclairent le suivi de cette zone naturelle. Ce sont également les données spatiales qui faciliteront une veille attentive sur l’érosion et l’évolution de ce littoral emblématique des Côtes d’Armor. L’ESSENTIEL OSFACO FORÊTS TROPICALES SOUS SURVEILLANCE éritable pilier de biodiversité, la forêt joue un rôle prépondérant dans la survie de nombreuses V espèces animales et végétales. Son exploitation incontrôlée se révèle donc désastreuse. En Afrique, par exemple, la superficie forestière a diminué de 20% en dix ans ! Préserver la forêt est un enjeu mondial mais aussi un exercice difficile. La question de la gestion durable se pose avec acuité ; elle est d’autant plus complexe que des problèmes transfrontaliers se greffent lorsque plusieurs pays disposent de l’usage du sol. Source de données objectives, la télédétection est le seul moyen d’évaluer, de suivre et de contrôler ce qu’il advient des forêts. Cependant, dans certains pays africains, son usage se heurte à deux freins  : un accès difficile aux données et un manque de techniciens pour les exploiter. C’est pour surmonter ces obstacles que l’observatoire spatial Osfaco 1 est né, porté par l’Agence française de développement et mis en œuvre par l’IGN FI, l’IRD, l’IGN et le CNES. Il est alimenté par des données Spot 6-7. Des images d’archives Spot 1 à 5 et des images en accès libre Landsat et Sentinel ont également été fournies aux huit pays 2 demandeurs d’Afrique centrale et de l’Ouest. Des formations et l’accompagnement de projets locaux sont venus renforcer cette expertise locale naissante. 1. Observatoire spatial des forêts tropicales. 2. Guinée, Côte d’Ivoire, Bénin, Cameroun, République centrafricaine (RCA), Gabon, Congo, République démocratique du Congo (RDC). 1 0
ÉPIDÉMIOLOGIE SATELLITE VS MOUSTIQUE TIGRE U L’ESSENTIEL ne autre menace sanitaire plane sur la France  : en métropole, 57 départements viennent d’être placés en vigilance rouge au moustique tigre Aedes albopictus. Arrivé sur le territoire métropolitain entre 2004 et 2006, Aedes albopictus amenait potentiellement avec lui dengue, chikungunya, Zika et autres « arboviroses » qui avaient déjà infesté l’île de La Réunion lors du transit du moustique depuis l’Asie. La Direction générale de la santé (DGS) a fait de la lutte contre cet insecte invasif une priorité. Le CNES, avec lequel elle a signé un accord-cadre en 2016, met à sa disposition son expertise en télé-épidémiologie. Le Centre a développé un outil de cartographie prédictif de la densité du moustique tigre en temps réel. L’imagerie haute et très haute résolution a amélioré le modèle de dynamique des populations de moustiques mis au point pour La Réunion. Les satellites Sentinel-2, Spot 6/7 et Pléiades fournissent des cartes actualisées d’occupation des sols et des indices de végétation ; le modèle y intègre ensuite les données quotidiennes de pluies et températures de Météo-France. Ces informations ont abouti à l’élaboration d’un outil, Arbocarto, aujourd’hui opérationnel sur trois sites pilotes  : Bordeaux, Grenoble et Montpellier. Suivie par le Cirad 1, l’expérience pourrait être déployée à l’échelle nationale. Et si Arbocarto n’est pas transposable en l’état, il pourrait cependant être décliné pour la lutte contre une autre espèce de moustiques, Aedes aegypti, qui, lui, sévit dans les Antilles. 1. Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement. Cartographie de densité du moustique tigre pour la région grenobloise. Les zones rouges correspondent à des densités fortes ; les zones vertes, à des densités faibles. + 70% Le nombre d’espèces exotiques envahissantes a augmenté d’environ 70% depuis 1970. En cause  : le changement climatique et la multiplication par 10 des échanges commerciaux depuis cette date. 1992 Contraction de « biologie » et « diversité », la biodiversité doit son nom au scientifique Walter Rosen. En 1992, 168 nations présentes au sommet de la Terre signent le premier traité international pour la conservation de la biodiversité et l’utilisation durable de ses éléments.



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