CNES Mag n°81 sep/oct/nov 2019
CNES Mag n°81 sep/oct/nov 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°81 de sep/oct/nov 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Centre National d'Études Spatiales

  • Format : (180 x 240) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : le vent et les vagues...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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rôle des vagues sous toutes les conditions de vent. Car le vent a une incidence très forte sur les échanges de chaleur et de carbone qui s’opèrent entre l’océan et l’atmosphère. Au vu de l’évolution climatique, il est urgent de mesurer cette influence pour affiner les projections en 2100 et au-delà », précise Benoît Meyssignac, du Legos. Le satellite CFOSat va s’y employer. Dès sa phase d’exploitation, la réponse des vagues à ces vents de surface va pouvoir être intégrée dans les simulations. L’influence du vent sur la dynamique océanique se traduit aussi à l’échelle intermédiaire. Entre tourbillons et filaments, des zones de friction se créent, des mouvements verticaux peuvent apparaître. Ces « turbulences » viennent perturber les courants océaniques moyens ; leur incidence est sensible, là aussi, en zones côtières. Les mesures s’avèrent importantes pour les études littorales. Là également, les observations manquent. L’attente repose sur les nouvelles techniques altimétriques à haute résolution ; depuis l’espace, elles sont les seules capables d’observer ces phénomènes. Avec Swot, la résolution altimétrique sera décuplée. Il apportera les premiers éléments significatifs qui compléteront la gamme des produits pour les organismes opérationnels. Ces six cornets sont la pièce maîtresse du radar français Swim. En plus de la hauteur, cet instrument novateur fournit la direction et la périodicité des vagues à la surface des océans. LE CNES EN ACTIONS 2 4 BILAN L‘APPORT DES GRANDES ÉCHELLES L’altimétrie classique a dévoilé la circulation des gyres océaniques (gigantesque tourbillon d’eau) et mis en évidence les grands courants. Avant les missions altimétriques, le Kuroshio ou « courant noir », courant antarctique circumpolaire le plus puissant au monde, ou encore le Gulf Stream étaient quasiment inobservés. Ces courants vivant entre plusieurs semaines et plusieurs mois par an, leur connaissance est indispensable. L’altimétrie spatiale a aussi estimé très concrètement la hausse du niveau de la mer à 3,4 mm par an. Il faut désormais poursuivre les observations sur de longues périodes. Si l’on veut comprendre les modifications de la circulation à grande échelle, leur relation aux émissions de gaz à effet de serre d’origine anthropique et l’accélération actuelle du niveau de la mer, il faut que ces observations soient menées régulièrement et sur des décennies. Seule une analyse concertée, cohérente et de long terme des variations du niveau de la mer et des 50 autres variables climatiques essentielles (cf. p.18), permettra de comprendre l’évolution climatique.
LE CNES EN ACTIONS Techno D NOUVEAUX CONCEPTS Le CNES et ses partenaires proposent aujourd’hui de nouveaux modes d’observation, plus précise et plus détaillée. Avec les satellites CFOSat et Swot, c’est bien un vent d’innovations technologiques qui souffle sur l’océanographie. L’estuaire du Brahmapoutre (Bangladesh) par Sentinelle-2B. 2 5 Dans le domaine du vent et des vagues, les océanographes disposent de mesures partielles, incomplètes. L’objectif du programme CFOSat, né dans le cadre d’un partenariat entre le CNES et son homologue chinoise, avec le soutien de partenaires particulièrement concernés par l’état de l’océan comme le CNRS, l’Ifremer et Météo-France, est bien d’en apporter un état détaillé. LA DANSE DU VENT ET DES VAGUES Il aura fallu douze ans pour que cette mission décidée en 2007 soit enfin opérationnelle. Concrètement, CFOSat embarque deux radars originaux. L’un d’eux, Swim, a été conçu par le CNES pour analyser les vagues de surface. Développé par Thales Alenia Space, il capitalise sur les expériences passées (Cryosat, Saral, Jason) mais avec une approche novatrice  : les faisceaux rotatifs du radar balaient la surface de l’océan en tournant sur eux-mêmes. Ils couvrent ainsi une surface conséquente (une fauchée) de 180 km de diamètre. Swim apporte des informations d’une très grande précision sur les vagues  : hauteur, longueurs d’onde, direction, etc. Une première pour une mesure depuis l’espace. De son côté, le radar chinois Scat mesure la direction, l’intensité et la vitesse des vents de surface. CFOSat possède un autre atout  : installés sur la même plateforme, les deux instruments vont fonctionner dans le même temps, sur la même zone. Carte des vents et spectre des vagues seront donc produits au même moment, au même endroit, depuis la même position. Cette simultanéité est nécessaire pour comprendre les interactions entre vents et vagues. Mais l’intérêt du satellite n’est pas seulement scientifique  : ses données seront aussi utilisées par les prévisionnistes maritimes, via des services opérationnels comme ceux développés par Eumetsat. D’autant que la performance de la mission se mesure aussi en délai  : les données devraient



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