CNES Mag n°79 fév/mar/avr 2019
CNES Mag n°79 fév/mar/avr 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°79 de fév/mar/avr 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Centre National d'Études Spatiales

  • Format : (180 x 240) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 3,2 Mo

  • Dans ce numéro : indispensable espace !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Utile dans tous les secteurs, l’observation spatiale est, par défaut, à vocation duale. « Seules les restrictions stratégiques liées à la sécurité vont limiter cette dualité », entame Éric Boussarie. Chef de projet Pléiades et aujourd’hui sous-directeur Systèmes instrumentaux du CNES, il porte un regard panoramique sur l’observation de notre Terre  : « Optique, micro-ondes… nous étudions toutes les longueurs d’onde et travaillons plus spécifiquement certaines technologies, comme l’infrarouge, pour la défense. » Pour cet homme qui décrit le satellite comme « un objet vivant, qui vieillit et qu’il faut régulièrement étalonner », la mission principale réside dans la RENCONTRES ÉRIC BOUSSARIE Sous-directeur Systèmes instrumentaux du CNES « Nous sommes techniquement et technologiquement en pointe et nous mettons ce savoir-faire au service de la défense » maîtrise de la performance de la chaîne de mesure. Entendez l’ensemble des instruments permettant de livrer des mesures et images précises et fiables, corrigées des perturbations dues à l’atmosphère. Télescope, miroirs, filtres, lasers… son équipe conçoit des technologies embarquées devant concilier poids, tenue mécanique et performances. « Pour la défense, les technologies engagées tutoient les limites de l’état de l’art. Grâce à Pléiades, on a su mettre sur pied CSO, et bientôt Otos (cf. p.27) prouvera la maturité des technologies des prochains systèmes », apprécie le spécialiste. Et nous touchons bien là au cœur de métier du CNES  : repousser les limites 3 2 technologiques, ce qui, dans l’absolu, intéresse l’armée. « Il est fréquent de voir un expert de la défense dans nos couloirs ! » relate le sous-directeur, qui dispose également d’une équipe dédiée dans ses rangs. Ensemble, ils identifient les besoins et les systèmes sur lesquels concentrer leurs efforts. Selon Éric Boussarie, cette collaboration est logique et fructueuse  : « Le CNES possède une expertise technique sans équivalent. Au service de l’État, notre rôle consiste aussi à séparer le bon grain de l’ivraie pour conseiller la Défense, par exemple sur la crédibilité des diverses offres du New Space. Nous apportons la vérité de la faisabilité, des performances et des coûts. »
Historien des sciences et théologien, Jacques Arnould est chargé de mission pour les questions éthiques au CNES. L e 12 septembre 1962, à Houston, John Kennedy confirme sa volonté d’engager son pays dans la course à la Lune. Sa vision ne manque pas d’enthousiasme  : « Nous levons les voiles pour explorer ce nouvel océan, car il y a de nouvelles connaissances à acquérir, de nouveaux droits à conquérir » ; elle ne manque pas non plus de lucidité  : « Nous pourrons décider si ce nouvel océan sera un havre de paix ou un nouveau et terrifiant champ de bataille. » D’emblée, le président des États-Unis reconnaît les deux géniteurs de l’entreprise spatiale  : les scientifiques et les militaires, la paillasse et le glaive comme l’a joliment écrit Roger Bonnet. D’emblée, il confie aussi aux uns et aux autres, en même temps qu’aux gouvernements, l’avenir de l’espace. Kennedy fait-il preuve d’un optimisme exagéré, lorsqu’il invite ses concitoyens et tous les habitants de notre planète à ne pas répéter dans l’espace les erreurs commises sur Terre ? RÉAPPRENDRE À FAIRE CAUSE COMMUNE En tout cas, ceux qui rédigent à la même époque des textes juridiques pour s’interdire d’arsenaliser les orbites autour de la Terre, ceux qui s’engagent ensuite à respecter le libre accès de l’espace, montrent une ESPACE ÉTHIQUE j.A. JACQUES ARNOULD SI VIS PACEM… L’intérêt des militaires pour l’espace est né avant même le lancement du premier satellite. Il est rapidement apparu évident que l’espace offrait plus que des instruments, mais bien un territoire où les humains avaient le choix de la paix ou de la guerre. 3 3 pareille volonté, croient possible de prendre cette direction. Et, dans les faits, grâce à l’espace et après les tragiques conflits de la première moitié du XX e siècle, les Terriens réapprennent à faire cause commune, à faire la paix entre eux  : quel chemin parcouru entre l’extraordinaire mission Apollo- Soyouz en 1975 et la non moins extraordinaire Station spatiale internationale ! Il ne faut pas pour autant baisser trop rapidement les armes et, avant tout, celles qui permettent d’observer, de surveiller, afin de mieux se défendre si nécessaire. Terriens, nous restons des êtres d’un territoire  : le connaître, en délimiter les frontières et les faire respecter, gérer les flux qui les traversent sont essentiels à la survie et, si possible, à l’existence paisible de chacun. La devise de la ville de Metz n’a de sens que pour une cité fière de son identité et de sa liberté  : « Si nous avons paix dedans, nous avons paix dehors. » Fascinant espace qui, d’un simple instrument supplémentaire dans l’équipement du militaire, est devenu un champ où s’affrontent, se heurtent ou s’associent parmi les valeurs et les pulsions les plus essentielles à notre humanité  : celles qui mènent à la guerre et celles qui conduisent à la paix.



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