CNES Mag n°79 fév/mar/avr 2019
CNES Mag n°79 fév/mar/avr 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°79 de fév/mar/avr 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Centre National d'Études Spatiales

  • Format : (180 x 240) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 3,2 Mo

  • Dans ce numéro : indispensable espace !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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n 1946, le CNES n’est pas E encore né que déjà le ministère de la Défense nationale apporte son soutien financier au Comité d’études spatiales pour la réalisation d’« engins balistiques ». Avec la création du CNES en 1961, la France affiche clairement ses ambitions spatiales. En 1993, à la lumière des enseignements de la guerre du Golfe, au cours de laquelle le spatial a clairement démontré sa plus-value militaire, il est décidé de placer le CNES sous la double tutelle des ministères chargés de la Recherche et de la Défense. C’est ainsi que se trouvent officialisés les liens du spatial avec la défense. Depuis les années 1990, les armées françaises s’appuient sur des moyens spatiaux en toutes occasions  : pour communiquer, recueillir du renseignement, s’orienter, naviguer, guider des projectiles ou encore prévoir les conditions climatiques avant une opération. L’intérêt militaire du spatial est ainsi devenu incontestable. La revue stratégique 1 de 2017 est allée encore plus loin en reconnaissant que l’espace extra-atmosphérique n’était pas seulement un milieu utile à l’appui des opérations militaires sur Terre, mais aussi un lieu de LE CNES EN ACTIONS 2 0 confrontation. Une véritable (r)évolution de posture stratégique. OBSERVER, ÉCOUTER, TRANSMETTRE Les foyers de conflits se diversifient, les sites à surveiller sont de plus en plus vastes, des milliers de kilomètres séparent centre de commandement et théâtre d’opérations. C’est pourquoi voir, écouter, transmettre sont devenus les clés de voûte de la défense. Ignorant les frontières, seuls les satellites survolent la Terre pour conduire en toute discrétion des missions de renseignement  : ils effectuent des prises de vue (ROIM 2, cf. p.22-23) et surveillent le spectre électromagnétique (ROEM 3, cf. p.25-26). Le ROIM permet de cartographier le terrain, de surveiller des zones d’intérêt ou de préciser les caractéristiques d’une cible. Depuis Spot 1 (1986), le CNES a accumulé une grande expertise dans le domaine de l’observation de la Terre. Celle-ci a été mise à profit pour développer les satellites militaires Hélios, puis le système dual Pléiades, qui a apporté de réelles innovations, encore améliorées dans le programme CSO (cf. p.28-29). Le ROEM consiste à détecter, analyser et localiser des émissions électromagnétiques depuis l’espace. Les données recueillies
sont utiles pour des activités de veille stratégique et de planification opérationnelle. Le démonstrateur opérationnel Elisa, actuellement en orbite, a permis de préparer l’arrivée en 2020 du système Ceres, premier système spatial opérationnel dans les armées (cf. p.26). Mais le renseignement ne fait que précéder l’action militaire. Lors des opérations, les télécommunications spatiales sont évidemment indispensables. Leur confidentialité est une condition inaliénable. Elles sont possibles de manière hautement sécurisée et résistante au brouillage par les satellites militaires Syracuse. Le satellite dual franco-italien Athena-Fidus, développé par le CNES pour la partie française, apporte quant à lui un gain de débit très apprécié (cf. p.24). UN PARTENARIAT GAGNANT-GAGNANT Au sein du ministère des Armées, l’état-major des armées (EMA) définit le besoin opérationnel, et la Direction générale à l’armement (DGA) conduit les programmes de systèmes spatiaux. Par délégation de la DGA, le CNES peut notamment en assurer la maîtrise d’ouvrage. Dans ce cas, il identifie les meilleures solutions technologiques (architecture, systèmes, procédures). Dès la genèse d’un projet, les deux partenaires investissent ou réinvestissent les technologies civiles dans les satellites militaires, et inversement. Ainsi, le satellite militaire Hélios 1 et le satellite civil Spot 4 étaient en réalité très proches, une couche de chiffrement et de résistance au brouillage et aux agressions distinguant le militaire du civil. Produire des systèmes duaux permet de diviser la ressource et de réaliser une économie d’échelle. Dans les phases de R&T, puis de prototypage, les coûts sont partagés entre la défense et son partenaire civil ; et le retour d’expérience bénéficie aux deux mondes. C’est le modèle qui a été retenu pour les programmes de satellites d’observation Pléiades et de télécommunications Athena-Fidus. Bien entendu, rien n’est figé dans le monde spatial et le CNES assume sa mission de promoteur de capacités nouvelles et innovantes. 1. « La revue stratégique de défense et de sécurité nationale 2017 » a fixé le cadre stratégique de l’élaboration de la loi de programmation militaire 2019-2025. 2. Renseignement d’origine image. 3. Renseignement d’origine électromagnétique. Mission réussie pour le lanceur Soyouz, le 19 décembre 2018, qui a mis sur orbite le premier satellite CSO depuis le Centre spatial guyanais. 2 1 ORBITE BASSE… … SOUS CONTRÔLE TOULOUSAIN ! Le CNES contrôle depuis son site toulousain les satellites militaires et duaux évoluant en orbite basse (CSO, Hélios, Pléiades et Elisa). Il les maintient en conditions opérationnelles et garantit le meilleur niveau de performance des instruments embarqués. Il doit aussi détecter et gérer les risques de collision avec les autres objets spatiaux, en collaboration étroite avec le Cosmos 1 de l’armée de l’air. Pour ces missions, la Direction du numérique, de l’exploitation et des opérations (DNO) du CNES s’appuie sur ses centres de contrôle et un réseau mondial de stations sol. De nombreuses compétences relevant de toute l’expertise de l’établissement (mécanique orbitale, programmation de mission, traitement de la qualité des images, informatique, réseau, sécurité) sont donc mobilisées. Par ailleurs, cette direction est aussi présente dans la préparation du futur, au travers d’études de nouvelles missions et d’évolutions des méthodes et outils. 1. Centre opérationnel de surveillance militaire des objets spatiaux



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